Lead
Lors de son année passée à Venise, Rousseau se serait converti à la musique italienne et aurait trouvé les jalons de sa pensée politique à venir. Mais c’est avant tout le récit même de cette expérience qu’il faut interroger : il donne à lire tout autant une tentative de transmission de l’expérience sensible que les limites de cette même transmission. Il s’agit donc de dégager les modalités d’un dire entendu comme geste et comme forme, dépassant de loin les bornes traditionnellement assignées au récit autobiographique.

Lay summary

Le récit du séjour vénitien entremêle des considérations anthropologiques, politiques et musicales, toutes reliées entre elles par la question de l’expression sous l’égide de laquelle se trouvent placées les Confessions. Entre l’impossibilité d’une restitution de l’expérience sensible par le récit, et la nécessité d’une expression qui cherche néanmoins à transmettre par sa forme, ce sont finalement les concepts d’identité et d’authenticité qui se trouvent mis au jour par l’écriture de soi. Par ses objets comme par sa dimension circonscrite, le récit particulier du séjour vénitien offre la possibilité de mener à bien une approche critique des liens qui unissent récit, expression écrite et expression musicale.

Partant d’une approche philosophique, notre recherche entend travailler de concert avec la critique littéraire et la musicologie. Une considération pluridisciplinaire de la question de l’expression et des concepts qui y sont liés permet d’un côté d’en montrer le rayonnement sur tout le champ des sciences humaines, et de l’autre, de pérenniser une approche rénovée des Confessions et de l’œuvre rousseauiste en son entier.