Lead
Intuitivement, il semble que les intérêts des animaux importent moins que les intérêts semblables des êtres humains. Mais il se pourrait que cette croyance soit due à des facteurs perturbateurs, et qu’elle se révèle injustifiée du fait de cette origine.

Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche

En recourant à une série de généalogies critiques, ce projet a pour ambition de montrer que la croyance spéciste selon laquelle les intérêts humains importent davantage que les intérêts des autres animaux n’est pas justifiée. Les généalogies critiques ont invariablement la forme suivante : la croyance C est expliquée par le processus P ; or P ne « traque » pas l’état de choses sur lequel porte C ; donc C n’est pas justifiée. Si vous croyez que le drapeau suisse est vert parce que vous êtes daltonien, votre croyance n’est pas justifiée – le processus dont elle résulte (la vue d’une personne daltonienne) ne traque pas l’état de choses sur lequel elle porte (la couleur du drapeau suisse). De manière analogue, la croyance spéciste pourrait notamment résulter de la dissonance cognitive causée par le « paradoxe de la viande », laquelle dissonance ne traque pas la considération que nous devons aux intérêts des animaux.

 

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Ce projet réunit des éléments empruntés à trois domaines de recherche: les généalogies critiques (qui relèvent de la métaéthique), la problématique du spécisme (qui relève de l’éthique animale) et le paradoxe de la viande (qui relève de la psychologie morale). Le spécisme étant récemment devenu un sujet de société, ce projet a par ailleurs le potentiel d’apporter une contribution importante au débat public.