Lead
Le but de ce projet est de mieux comprendre la doctrine aristotélicienne de l'acquisition de la connaissance, en examinant de façon systématique tous les commentaires anciens et byzantins pertinents, du IIème au XIIIème siècle, afin de combler un vide important dans l'histoire de l'épistémologie.

Lay summary

Les théories de la connaissance occupent une place centrale dans l'intérêt des philosophes de nombreuses traditions et de toutes les époques. Suivant les Présocratiques et Platon, Aristote s'interroge sur la manière dont nous percevons le monde et dont nous traitons ce que nous saisissons à travers la perception. Il pense que la connaissance implique les étapes suivantes : perception, mémoire, expérience, formation de concepts. La mémoire a pour origine la perception, l'expérience naît de nombreux souvenirs et permet de former des notions générales, qui sont indispensables à l'acquisition de la connaissance. Mais les traités d'Aristote incluent des passages qui sont si obscurs que les philosophes ont lutté pendant des siècles pour déterminer leur signification.

Afin de mieux comprendre Aristote, les travaux des commentateurs anciens et médiévaux ont été convoqués, puisqu'ils ont été les premiers à réfléchir aux interprétations possibles des textes aristotéliciens. Notre projet examinera de façon systématique tous les commentaires anciens et byzantins à la théorie aristotélicienne de la connaissance, du IIème au XIIIème siècle. Il est structuré en trois parties: la première traite des quatre sens autres que la vue qui ont été souvent négligés - l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher -, et étudie leur objet et leur fonctionnement. La deuxième traite de la notion de mémoire, moins étudiée également. La troisième traite du rôle crucial de l'expérience dans la formation des concepts abstraits.

Notre objectif est de mieux comprendre la doctrine aristotélicienne de l'acquisition de la connaissance, mais aussi d'évaluer la contribution des commentateurs aristotéliciens en tant que philosophes à part entière, afin de combler un vide important dans l'histoire de l'épistémologie.