Lead
La reconnaissance officielle des injustices historiques commises dans le contexte des mesures d’assistance et de coercition ont déclenché des débats publiques portant sur la manière dont les souffrances des victimes de ces mesures devraient être reconnues. Les victimes elles-mêmes ont joué un rôle-clé dans ces débats par leurs demandes de reconnaissance et de compensation, qui ont permis de visibiliser cette épisode récente de l’histoire suisse. ?

Lay summary

 

 

Les mesures d’assistance et de coercition en Suisse ont occasionné des traumas individuels pour de nombreuses victimes. Elles ont également été le point de départ pour un processus de travail de mémoire collectif, sous forme de débats critiques autour d’enjeux politiques fondamentaux, comme le rapport entre citoyen/e/s et l’Etat, justice et injustice sociale, et la compensation de torts historiques. Cette étude a pour but d’analyser le rôle très important que les victimes de ces mesures ont joué dans ce dernier processus. Il s’agira d’examiner la manière dont elles ont réussi à faire entendre leurs voix dans ces débats ; nous poserons également la question de savoir quels voix – ou quels enjeux – n’ont pas été pris en compte, ou ont reçu moins d’attention dans les débats politiques et dans les média. La première étape de notre étude entreprend d’étudier ces questions à l’échelle nationale, à travers un série d’entretiens avec des acteurs-clefs de ce processus (les représentants d’organisations de victimes, des acteurs politiques, etc.). Dans un deuxième temps, nous ferons des comparaisons avec des expériences similaires de «travail de mémoire» dans d’autres contextes nationaux : le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie. Ces comparaisons permettrons de mieux comprendre les conditions de succès ou d’échec de campaignes de compensation pour des injustices historiques sur le long terme, et les obstacles auxquels sont confrontés les ‘victimes-activistes’  dans leurs demandes de reconnaissance.