Lead
Malgré l’accès à des technologies modernes d’identification de nouveaux antiviraux (à base de structure 3D ou par criblage à haut débit), il n’existe pas encore d’inhibiteurs efficaces contre la grande majorité des maladies infectieuses. Par ailleurs, comme les polymérases des virus à ARN induisent un haut taux d’erreurs lors de la réplication, des résistances contre des molécules inhibitrices émergent très rapidement. Ainsi, la mise en place de tests biologiques innovants ciblant spécifiquement des étapes précises du cycle viral devrait permettre l’identification et le développement de nouvelles classes d’antiviraux. Une telle approche a le potentiel de pouvoir créer de nouvelles thérapies combinées pour le traitement de maladies infectieuses dangereuses.

Lay summary

La famille des virus Paramyxoviridae comprend un grand nombre de virus qui peuvent avoir des effets critiques sur la santé humaine et animale. Parmi ceux-ci, se trouve le virus de la rougeole qui continue de tuer plus de 100’000 personnes par année, malgré le fait qu’un vaccin très efficace soit disponible. En parallèle, le virus de la maladie de Carré (Canine Distemper Virus; CDV), la version animale du virus de la rougeole, possède la caractéristique unique d’infecter non seulement les chiens, mais aussi un nombre toujours plus important d’animaux carnivores. Récemment, il a été démontré que CDV a évolué et infecte maintenant de nouvelles espèces telles que le singe, des épidémies très sévères ayant été signalées. Ces épidémies confirment la capacité inquiétante de CDV à acquérir rapidement les modifications moléculaires nécessaires à l’infection de nouvelles espèces, devenant une menace potentielle pour la santé humaine. Ainsi, le projet proposé s’articule tout d’abord autour de la compréhension de la sortie du virus de la rougeole et de CDV des cellules hôtes puis, dans un deuxième temps, autour de la production de tests innovateurs permettant l’identification de nouvelles classes d’antiviraux.

Au-delà du potentiel d’améliorer et de protéger de manière significative la santé humaine et animale, nous pensons que de tels inhibiteurs pourraient également jouer un rôle essentiel dans la campagne mondiale visant à éradiquer le virus de la rougeole de la planète. En effet, malgré l’efficacité excellente du vaccin et le travail remarquable des services de santé humaine, le seuil fatidique de 95% de couverture vaccinale, qui mènerait à une éradication complète du virus de la rougeole, n’est toujours pas atteint. Par conséquent, l’approche qui consisterait à combiner la vaccination avec des traitements antiviraux pourrait se révéler cruciale pour atteindre l’objectif de l’OMS, à savoir l’éradication globale du virus de la rougeole.