Lead
L’hybridation, le croisement et l’échange d’information génétique entre espèces proches, est un phénomène répandu dans le règne végétal. Ces échanges génétiques créent des opportunités pour l’émergence de nouveaux traits phénotypiques et pour la diversification génétique contribuant dans certains cas à l’adaptation de plantes à de nouveaux habitats. Ce projet s’intéresse à l’étude de ce mécanisme grâce à des populations naturelles d’espèces proches et d’hybrides de tournesol (Helianthus spp.). L’étude de composés phytochimiques présents dans les feuilles permettra de contribuer à la compréhension de l’importance et le potentiel de l’hybridation dans les interactions des plantes avec leur environnement.

Lay summary

Les métabolites secondaires sont décrits depuis plusieurs décades pour leur rôle dans la résistance et  la défense des plantes contre les pressions environnementales diverses tels que les conditions météorologiques variables ou la présence d’herbivores. Ces composés ont été largement étudiés pour leur potentiel pharmaceutique. Cependant,  leurs rôles écologiques, les voies de biosynthèses et la structure génétique sous-jacente, les effets des croisements génétiques naturels sur leur évolution restent largement inexplorés.

Les objectifs de ce projet sont multiples suivant la diversité en composés phytochimiques dans les hybrides de tournesol (Helianthus a. texanus) de leur phénotype jusqu’à leur composition génétique. Pour cela, nous examinerons les effets de l’hybridation sur la synthèse de métabolites secondaires dans trois lignées d’hybrides et sur plusieurs générations. Le niveau de différentiation chimique entre hybrides et espèces parentales révèlera le potentiel de l’hybridation dans l’innovation phénotypique. Dans une deuxième phase, l’architecture génétique des métabolites secondaires sera examinée par cartographie génétique. Les résultats seront examinés dans le cadre des effets écologiques et des conséquences évolutives de l’hybridation sur les métabolites secondaires du tournesol.