Lead
Les plantes invasives sont aujourd’hui considérées comme une des menaces les plus importantes pour la diversité des communautés végétales. En éliminant des espèces natives ou en modifiant les processus écosystémiques, elles représentent un danger pour les écosystèmes agricoles et naturels. Bien que l’écologie des invasions soit devenue récemment un axe majeur de recherche, les mécanismes permettant de comprendre pourquoi une espèce envahit un écosystème ne sont toujours pas totalement élucidés.

Lay summary

L’évolution des invasions biologiques est généralement exponentielle avec une succession d’état alternatif plus ou moins stables et de changements rapides. Les transitions entre un état stable et un état plus avancé d’invasion sont généralement dépendantes de l’échelle spatiale et des perturbations locales (feux, sécheresse, herbivorie) qui conditionnent l’établissement et l’expansion de patchs (local) à partir desquels se développe la contagion au niveau du paysage (régional). Les mécanismes d’invasion sont donc déterminés par différents facteurs qui créent des combinaisons complexes difficiles à comprendre avec une approche observationnelle.

Dans cette étude, nous utiliserons une approche expérimentale pour mettre en évidence, (i) l’importance du niveau de pâturage (différentes unités de bétail par hectares) dans l’établissement et l’expansion des patchs d’espèces invasives à différent stades (petit à grand patch) ; (ii) les processus de transitions qui conduisent à la contagion selon la taille des patch et leur connectivité (dispersion, expansion) ; et déterminer  (iii) des mesures efficaces de lutte en évaluant différentes intensités de feux sur différentes tailles de patch. Cette étude sera réalisée au centre de recherche SFREC (Californie) qui regroupe différentes prairies envahies par Taeniatherum caput-medusae (Tête de méduse). 

Ce travail de recherche permettra de valider et de redéfinir les généralités et prédictions sur la formation des patchs et la contagion spatiale par les espèces invasives, mais également de mieux comprendre les feedbacks qui apparaissent localement et causent une transition vers une invasion plus avancée au niveau plus global du paysage. Les résultats de cette étude auront aussi une grande importance pour la gestion de l’invasion puisque les méthodes de lutte utilisées actuellement dans les prairies californiennes ne sont encore pas suffisantes et peu adaptées aux différentes combinaisons de taille des patchs et de perturbation.