Project

Back to overview

Droit à la santé et aux soins de santé et responsabilité des Etats et des entreprises en Afrique Subsaharienne

English title Arguing for a human right to health (care): Implications for States and Firms' Human rights obligations in Sub-Saharan Africa
Applicant Ngosso Mathieu Thierry
Number 179911
Funding scheme Ambizione
Research institution Institut für Wirtschaftsethik (IWE) Universität St. Gallen
Institution of higher education University of St.Gallen - SG
Main discipline Philosophy
Start/End 01.04.2019 - 31.03.2023
Approved amount 620'081.00
Show all

Keywords (7)

Business and Human Rights; Global Justice; Right to health; Respect; Burdened Societies; Sub-saharan Africa; Responsibility

Lay Summary (French)

Lead
L’état des lieux en matière de santé présente un fossé médical et sanitaire important entre Etats du Nord et du Sud, et en particulier ceux de l’Afrique subsaharienne. La reconnaissance de la santé comme un droit de l’homme ou la formulation d’un devoir d’assistance des Etats et des entreprises des sociétés développées vers les sociétés pauvres ou entravées n’ont pas réduit ce fossé. Mettre l’accent et examiner davantage la responsabilité propre et primordiale des Etats pauvres eux-mêmes et des de leurs entreprises vis-à-vis de la santé de leurs propres citoyens est une démarche prometteuse.
Lay summary

Droit à la santé et aux soins de santé et responsabilité des Etats et des entreprises en Afrique Sub-saharienne 

Contenu et objectifs du travail de recherche

Ce projet trouve met en route une réflexion qui d’une part s’appuierait sur des perspectives africaines du droit à la santé comme droit de l’homme et d’autre part responsabiliserait davantage les Etats et les entreprises des sociétés entravées d’Afrique Sub-saharienne. Alors que les théories de la justice globale se sont essentiellement focalisées sur les obligations du Nord envers le Sud, cette recherche tente d’identifier ce que les sociétés du sud, en particulier les Etats et les entreprises d’Afrique sub-saharienne doivent elles-mêmes à leurs propres citoyens. 

Ainsi ce projet examinera d’abord les traditions intellectuelles africaines pour y déceler des éléments qui renforceraient la justification du droit à la santé comme droit de l’homme. Ensuite, il identifiera et justifiera ce que les sociétés entravées d’Afrique sub-Saharienne doivent elles-mêmes à leurs propres citoyens en matière de santé.  Enfin, il démontrera que la responsabilité des entreprises de respecter le droit de l’homme à la santé en Afrique sub-saharienne va au-delà de l’obligation de ne pas nuire.

En partant la situation particulière de l’Afrique sub-saharienne, on devrait être capable au terme de cette recherche d’avoir une idée plus claire du droit de l’homme à la santé et de sa justification, un sens plus élaboré des devoirs des sociétés entravées par rapport au droit à la santé, une approche interculturelle de la notion de respect donnant une meilleure compréhension de la responsabilité des entreprises de respecter le droit de l’homme à la santé dans les sociétés entravées et un cadre théorique permettant de mieux appréhender la division du travail moral entre l’Etat et l’entreprise au sein des sociétés entravées par rapport aux droits de l’homme

Contexte scientifique et social du projet de recherche

La réalisation de ce projet exigera nécessairement un travail interdisciplinaire car au-delà du pont fait entre la philosophie politique et l’éthique des affaires, des contributions significatives sur le plan de l’anthropologie de la santé par exemple ou des droits de l’homme en Afrique seront indispensables. Toutefois, dans la mesure où ce projet appartient au domaine de la philosophie politique normative, la méthode de l’équilibre réfléchi élargi primera sur les autres. Par ailleurs, en contribuant à la réflexion et aux connaissances relatives à la problématique du droit à la santé en Afrique ainsi qu’aux obligations des sociétés africaines elles-mêmes vis-à-vis de leurs propres citoyens, cette recherche permettrait une implication plus significative des acteurs politiques et économiques africains dans la réalisation du droit à la santé de leurs propres citoyens et ferait avancer une culture d’entreprise respectueuse des droits de l'homme en Afrique et ailleurs. 

Direct link to Lay Summary Last update: 20.12.2018

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Collaboration

Group / person Country
Types of collaboration
Fondation Paul Ango Ela Cameroon (Africa)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication
Muhimbili University of Health and Allied Sciences Tanzania (Africa)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
Global Studies Institute Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication
Centre for Human Rights, Université de Prétoria South Africa (Africa)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
The Nordic Africa Institute Sweden (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication
Safra Centre for Ethics de Harvard University United States of America (North America)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication

Scientific events



Self-organised

Title Date Place
African Perspectives on the (human) Right to (health) care 29.01.2020 Genève, Switzerland

Abstract

L’état des lieux en matière de santé montre de très grandes disparités en ce qui concerne la sécurité sanitaire entre pays du Nord et ceux du Sud, et en particulier ceux de l’Afrique subsaharienne. La pandémie du VIH est sans aucun doute l'exemple paradigmatique de ce gap médical. Que ce soit la reconnaissance de la santé comme un droit de l’homme ou la formulation d’un devoir d’assistance des Etats et des entreprises des sociétés bien ordonnées vers les sociétés entravées, ces deux stratégies n’ont pas obtenu les résultats escomptés. Ce projet trouve ainsi sa raison d’être dans la mise en route d’une réflexion qui d’une part s’appuierait sur des perspectives africaines de ces problématiques afin que le droit de l’homme à la santé cesse d’être une simple aspiration pour bon nombre d’Africains subsahariens, et d’autre part responsabiliserait davantage les Etats et les entreprises des sociétés entravées d’Afrique Sub-saharienne. La mesure de leurs responsabilités morales vis-à-vis de leurs propres citoyens porterait moins sur l’état actuel de leurs capacités respectives que sur le potentiel qu’ils ont de se donner les moyens leur permettant effectivement de combler les besoins fondamentaux de leurs citoyens, en l’occurrence ici en matière de santé. Ainsi, nos objectifs généraux sont non seulement d’approfondir notre compréhension de ce que serait un droit humain à la santé et aux soins de santé à partir d’une philosophie politique de la santé en Afrique sub-saharienne, mais surtout d’explorer deux zones plus ou moins vierges de la recherche scientifique notamment les obligations morales que les « sociétés entravées » doivent elles-mêmes à leurs propres citoyens en matière d’égal accès à la santé et les fondements normatifs de la responsabilité des entreprises de respecter les droits de l’homme. Quant à nos objectifs spécifiques, ils sont les suivants : a) examiner si l’on peut trouver dans les traditions intellectuelles africaines des ressorts intéressants permettant de conceptualiser et de justifier le droit à la santé et aux soins de santé comme un droit de l’homme ; b) examiner ce que les sociétés entravées doivent à leurs propres citoyens en termes de justice et la manière dont les théories contemporaines de la justice le formulent ou l’omettent ; c) développer un concept de respect qui aille au-delà du fait de ne pas nuire à autrui et repenser la responsabilité de l’entreprise de respecter les droits de l’homme en conséquence ; d) repenser la division du travail moral entre Etats et entreprises pour ce qui est de la protection des droits de l’homme.Pour atteindre ces objectifs, nous adopterons la méthode de l’équilibre réfléchi élargi, même si l’on aura recours aussi à d’autres méthodes des sciences sociales du fait du caractère pluridisciplinaire de notre démarche. Cette méthode consiste à un va-et-vient entre nos intuitions morales, des principes généraux et des cas concrets au point d’atteindre un équilibre moralement satisfaisant. Par ailleurs, les résultats attendus du projet sont les suivants : a) une conceptualisation holistique et une justification plus robuste du droit à la santé et aux soins de santé ; b) une critique des théories contemporaines de la justice sur l’absence d’analyse de ce que les sociétés entravées doivent à leurs propres citoyens ; c) une conceptualisation de la notion de respect qui s’éloigne de l’interprétation dominante d’absence de tort et qui tienne compte des attentes locales. Nous pensons que ce projet pourrait avoir un impact scientifique, académique et pratique. Il contribuerait à la réflexion et aux connaissances relatives à la problématique du droit à la santé et aux soins de santé en Afrique ainsi qu’aux obligations des sociétés entravées vis-à-vis de leurs propres citoyens dans un contexte de rareté de travaux sur ces questions. Il contribuerait aussi au développement des cas d’étude qui puissent étoffer la manière et le contenu des enseignements sur la justice globale, et sur les entreprises et droits de l’homme. Enfin, il permettrait une implication des acteurs politiques (autorités et administrateurs responsables des politiques publiques de santé) et économiques (responsables d’entreprises) dans la présentation et la diffusion des résultats des travaux, et ferait avancer une culture d’entreprise respectueuse des droits de l'homme.
-