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Book (peer-reviewed)

Publisher Université de Neuchâtel, Neuchâtel

Abstract

Initiée dans le cadre du projet FNS 100012_122251, encadrée par Marie-José Béguelin et Alain Berrendonner, cette thèse a été soutenue à Neuchâtel le 19 mai 2017 . Elle a obtenu la mention 'summa cum laude'. Résumé: Le propos de cette étude est de confronter des faits de sous-détermination référentielle en français aux théories existantes dans le domaine de la référence en linguistique. Notre visée est de proposer une modélisation suffisamment générale pour le traitement des expressions référentielles en discours. Les faits de sous-détermination (via, par exemple, les marqueurs vagues comme (tout) ça, ils non introduit, l’adverbe là, les dénominations postiches comme le truc, le machin, etc.) remettent en effet en question certains postulats bien implantés dans la tradition sémantique, tels que la vocation identificatoire des désignateurs ou encore la notion d’anaphore conçue dans une optique aussi bien textuelle que cognitive. L’accès aux bases de données fournit de nos jours une ressource opportune pour renouveler la réflexion dans le domaine – en particulier les faits d’oral – là où la recherche en français se fonde très majoritairement sur des critères d’acceptabilité à l’égard d’exemples fabriqués ou sur l’examen de données consensuelles provenant de l’écrit travaillé. Après un bilan critique des théories de la référence en vigueur, nous proposons une typologie et un inventaire des faits de sous-détermination. Puis, nous présentons deux études empiriques portant sur des phénomènes productifs dans les genres « improvisés » de l’oral : le cas de tout ça dans les énumérations comme la France est un pays qui adore le progrès la technique les avions tout ça ainsi que le cas de ils à référence sous-déterminée comme dans ils ont annoncé du mauvais temps. Nous montrons que les situations de sous-détermination référentielle peuvent non seulement être le fait d’une ignorance du locuteur, mais également résulter d’une optimisation de la pertinence, laquelle se traduit par des stratégies référentielles aux rendements discursifs variés. Le choix d’une expression référentielle, loin d’être déterminé univoquement par un segment antécédent ou un statut cognitif du référent, repose ainsi crucialement sur les besoins communicationnels des participants de l’interaction en cours.
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