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Ce que nous enseignement les 'aphorismes lexicalisés'

Type of publication Peer-reviewed
Publikationsform Contribution to book (peer-reviewed)
Author Béguelin M.-J.,
Project Marqueurs corrélatifs entre syntaxe et analyse du discours
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Contribution to book (peer-reviewed)

Book Nouvelles perspectives sur l'anaphore.
Editor , Fossard M. & Béguelin M.-J.
Publisher Peter Lang Collection Sciences pour la communication, Berne etc.
Page(s) 137 - 168
ISBN 9781322208022
Title of proceedings Nouvelles perspectives sur l'anaphore.

Abstract

Le français actuel abonde en locutions du type s'y mettre (= commencer), s'en sortir (= se débrouiller, réussir), l’emporter (= avoir le dessus), (se) la jouer ± Adj ou N (= adopter une attitude de telle ou telle nature), l’ouvrir (= parler), remettre ça (= recommencer), etc. Qu’elles soient familières ou standard, attestées de longue date ou d’apparition récente, ces locutions présentent, dans la construction de leur V, un indice clitique fléchi (y, en, le, la, les) qui a la propriété d’être « non phorique », c’est-à-dire dont l’interprétation référentielle demeure, à des degrés variables, inaboutie ou vague. Les études consacrées à l’anaphore ou au fonctionnement du pronom de troisième personne ignorent largement ce phénomène, sans doute parce que les lexies en question sont perçues comme des idiomatismes  lexicalisés, externes au domaine de l’anaphore.  L’existence et la genèse constante de telles locutions , en français comme dans d’autres langues, pose pourtant un sérieux défi aux modèles dominants de la référence pronominale, qui caractérisent l’indice de troisième personne comme l’anaphorique par excellence, voué au pointage de référents pré-catégorisés, topicalisés, ou encore« activés » dans les représentations partagées par les interlocuteurs … Si cette vision normative est la bonne, comme expliquer la relative abondance, dans le discours, d’indices référentiellement flous ou « vides » ? En vue de répondre à cette question, la présente étude aborde les aphorismes lexicalisés en synchronie, sur la base d’un corpus étoffé d’exemples  appréhendés et analysés dans leurs contextes d’occurrence. Après un inventaire (encore provisoire) des V sujets au phénomène, on y fait le point sur les symptômes d’ « autarcie » des clitiques ou des pronoms concernés, avant de formuler des hypothèses sur les conditions contextuelles qui favorisent l’émergence de telles structures. Contemporary French abounds with expressions of the type s’y mettre (=to begin, to commence), s’en sortir (=to muddle through, to succeed), l’emporter (=to win), (se) la jouer ±Adj. or N (=to adopt an attitude of such and such a nature), l’ouvrir (=to talk), remettre ça (=restart, recommence), etc. Whether these expressions are colloquial or standard, whether they stem from long-term use or recent coinage, they all present, in the construction of their V, an inflected clitic index (y, en, la, les); this index is « non-phoric » in nature, that is to say, its referential interpretation remains to some degree open or vague. Studies dedicated to anaphora or to the function of the third person pronoun generally pass over this phenomenon, without doubt because the expressions in question are seen as idiomatic phrases, outside the realm of anaphora. The existence and the constant emergence of such expressions, in French as well as in other languages, poses a serious challenge to dominant models of pronominal reference, which characterize the third person index as a classic anaphora, devoted to the indication of referents that are pre-categorized, topicalized or « activated » in the representations shared among interlocutors…. If this normative view is correct, how can we explain the relative abundance, in discourse, of vague or « empty » referential indices ? In order to respond to this question, the present study offers a synchronic and contextualized analysis of a large set of examples of lexicalized aphorisms. After presenting an inventory (still tentative) of the V’s occurring in these expressions, we discuss symptoms of « autarchy » of the clitics or pronouns occurring in the expressions, and then propose some hypotheses as to the contextual conditions which favor the emergence of such constructions.
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