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Les concessives du type Si grand soit-il. Hypothèses diachroniques

Type of publication Peer-reviewed
Publikationsform Proceedings (peer-reviewed)
Author Gachet F.,
Project Marqueurs corrélatifs entre syntaxe et analyse du discours
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Proceedings (peer-reviewed)

Title of proceedings Les concessives du type Si grand soit-il. Hypothèses diachroniques
Place Berlin
DOI 10.1051/shsconf/20140801237

Open Access

URL http://www.linguistiquefrancaise.org/cmlf-2014
Type of Open Access Website

Abstract

Cette étude se penche sur deux groupes de structures concessives. Dans le premier, représenté par l’exemple suivant, un adjectif précédé des quantifieurs « si », « aussi », « tout », « quelque » ou de la préposition « pour » est suivi d’une construction verbale affectée de l’inversion du sujet clitique : (1) Si grand soit-il, un destin tourne en rond dans son propre univers. [Tardieu, 1993] Dans le deuxième groupe de structures, l’adjectif, qui peut être précédé des mêmes morphèmes, est suivi d’un verbe introduit par « que » : (2) Si beau qu’il soit il ne peut pas t’alimenter pour tous les jours. [Saint-Exupéry, 1944] L’étude cherche dans la diachronie des indices permettant de comprendre comment s’est formé ce paradigme hétérogène de constructions. Elle montre que le groupe des structures en « que » s’est constitué progressivement au cours du temps par divers phénomènes analogiques croisés entre structures sémantiquement et formellement proches. Dans toutes les constructions en jeu, un syntagme à base adjectivale (ou nominale) est suivi d’une expansion verbale introduite par « que », « qui », « dont », « où », etc. C’est différent dans les structures à inversion: celles-ci sont des constructions verbales dont l’ordre des constituants est contraint (« si grand soit-il » est une linéarisation particulière de « il soit si grand »). Dans ce groupe, la plus ancienne construction, « si ADJ Vinv-scl » (« si grand soit-il »), peut être apparentée à une structure à base verbale, attestée dès l’ancien français et jusqu’au dix-septième siècle, et caractérisée par la présence du quantifieur « tant » à l’initiale : (3) ton cœur, tant soit-il brave, ira sous son empire, et sera son esclave. [Ronsard, 1578]. Les autres constructions à inversion sont beaucoup moins répandues et nettement plus récentes. L’étude vérifie l’hypothèse selon laquelle leur apparition peut s’expliquer par l’analogie avec les structures en « que ». Elle montre aussi comment ce rapprochement analogique entre les deux groupes de constructions peut aboutir à une réanalyse des constructions inversées, par laquelle l’inversion du sujet clitique adopte, sur le modèle de « que », une fonction de marqueur d’enchâssement.
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