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Original article (peer-reviewed)

Journal Science Sociale et Sport
Title of proceedings Science Sociale et Sport

Abstract

Dans cet article, je m’intéresse au travail de mobilisation de différentes logiques et catégories par les adeptes de street workout, une nouvelle forme d’activité sportive urbaine, pour rationaliser leur pratique, la mettre en récit et la promouvoir. J'entreprends cet examen en m’intéressant plus particulièrement (1) au genre, que je conceptualise comme une forme de travail, engagé de manière routinière et mobilisant un ensemble de ressources (logiques, représentations et catégories) préexistantes, et dont le résultat participe à la consolidation ou à la transformation de ces dernières ; et (2) aux modalités de son entremêlement dans un bricolage identitaire plus large, participant de la mobilisation conjointe de différents registres d’identification et de classification, comme l’ethnicité, le milieu, la territorialité et les groupes de pratiquants à différentes échelles (communauté imaginée de pratiquant-e-s à échelle globale, groupes de pairs locaux). Dans un premier temps, je propose une contextualisation historique du street workout, avec une attention particulière portée aux usages, aux trajectoires et aux effets de différentes catégories et des registres d’identification et de classification auxquels elles renvoient. Dans un second temps, je poursuis cette analyse en m’intéressant plus spécifiquement aux discours tenus par les adeptes de street workout pour promouvoir leur activité sportive et qui, pour des raisons que j’explique, constituent souvent le terreau sur lequel vient s’articuler plus directement la mise en récit du genre. Je montre ainsi que ces discours participent souvent d’un encouragement actif à la participation des femmes au street workout et plus largement d’une posture pouvant être qualifiée, dans une certaine mesure, de (pro-)féministe. Je m’intéresse ensuite aux stratégies déployées pour tenter de palier le décalage entre cette logique d’encouragement de la pratique des femmes et le fait que la discipline demeure néanmoins pratiquée majoritairement par des hommes. Je m’intéresse enfin aux arguments mobilisés par les pratiquant.e.s pour expliquer la persistance de ce décalage, et montre que ceux-ci laissent transparaître une forme de mise à l’épreuve de la posture (pro-)féministe par des logiques et des représentations qui les précèdent, et notamment certains stéréotypes de genre.
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