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Book (peer-reviewed)

Publisher Hazan, Paris
ISBN 978-2-75410-768-6

Abstract

Le questionnement qui traverse ce cycle de conférences de la chaire du Louvre au musée du Louvre et l’ouvrage qui les accompagne n’est pas directement l’Autre, mais le regard qu’on a posé sur lui. Sur les Juifs, les Bohémiens, les Noirs, les musulmans : les quatre figures de l’altérité qui font l’objet de cette étude. Approcher la Rencontre sous l’espèce du visible n’est pas une tâche facile car l’Autre ne s’expose pas de bon gré au regard du Même. Face aux soustractions et aux dérobades de l’Autre, il a fallu, afin de pouvoir le représenter, le « dé-couvrir », le construire et parfois l’inventer. Questionner l’image de l’altérité à l’époque de la cristallisation, à partir de la Renaissance, du « canon visuel occidental », fondé prioritairement de l’identité, considérée comme la clef de voûte de la représentation occidentale, signifie reconsidérer les données majeures de ce canon : perspective, récit pictural, composition, culte des proportions du corps humain, de la beauté, de l’harmonie chromatiques et de l’éclairage. Ceci, quand on aborde le domaine visuel, chez un Titien, comme chez un Dürer, un Carpaccio, un Caravage ou un Rubens et tant d’autres. D’autre part, à l’époque de l’affirmation du canon occidental, on assiste à une explosion sans précédent de l’altérité due à la découverte de l’Amérique en 1492. L’anthropologie actuelle a commencé depuis un moment déjà à mettre en doute le lieu commun classique selon lequel l’Autre ne serait qu’une projection fictionnelle, qu’un miroir du Même, en invitant à des approches plus substantives d’une réelle altérité « ontologique ». Retourner en ce contexte encore une fois vers « l’image de l’Autre » dans le champ occidental pourrait sembler paradoxal. Mais en fin de compte, ce questionnement est le versant interne de la même recherche de dépassement du thème post moderne de « l’Altérité spéculaire ». Car une étude précise et détaillée de la représentation picturale de l’Autre démontre que c’est justement la multiplicité et la complexité de la présence des Autres dans l’imaginaire occidental, ce qui fait éclater l’image simpliste d’un Autre – miroir unique. Quelle est la place de l’Autre, dans ce parangon ? Quels seront les enjeux de la cohabitation de la Norme avec l’émergence de l’Autre ? L’Autre, c’est sûr, se construit en marge. Mais de quelle manière et pour qui ?
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