Lead
Le système de compréhension de la parole possède une capacité de compensation pour les dégradations acoustiques auxquelles fait face la parole que nous entendons tous les jours. Malgré les bruits de fond, la présence de voix concurrentes, les échos, les accents, ou bien encore les appels téléphoniques avec un réseau inadéquat, la plupart des humains sont capables de comprendre leurs interlocuteurs sans effort apparent.

Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche

Les troubles auditifs représentent une source de perturbation du son que nous percevons. Ceux-ci entraînent des difficultés de compréhension de la parole, car le signal sonore atteignant le système cérébral langagier est dégradé. Pour les personnes atteintes de tels troubles, les mécanismes de compensation qui permettent de "reconstituer" le sens de la parole des interlocuteurs sont d'autant plus essentiels.

Lorsque nous sommes confrontés à de la parole qui est acoustiquement troublée, le cerveau recrute d'avantage de ressources cognitives afin d'en décrypter le contenu. Plusieurs études ont démontrent que ce processus engagerait, entre-autre, le système de production de la parole. Le lien entre la production et la perception est postulé depuis l'ère d'Aristote, mais son existence et sa nature demeurent controversées. Ce projet a pour but d'élucider ce lien, non seulement par intérêt théorique, mais afin de développer des interventions cognitives qui permettront de renforcer la compréhension de la parole chez les personnes souffrant de troubles auditifs.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

L'organisation mondiale de la santé estime que plus 5% de la population mondiale souffre de déficiences auditives incapacitantes, et qu'un tiers des personnes de plus de 65 ans sont touchées par une perte d'audition incapacitante. Les troubles auditifs représentent un problème croissant et de plus en plus coûteux pour la société - environs 1,1 milliard de jeunes âgés de 12 à 35 ans risquent une déficience auditive par exposition au bruit dans un cadre récréatif. Le coût annuel à l'échelle mondiale de déficiences auditives non prises en charge est de 750 milliards de dollars. Ainsi, le développement de nouvelles interventions exploitant les dernières théories et méthodes pourra avoir d'importants bienfaits non seulement pour la qualité de vies des personnes touchées par les déficiences auditives, mais aussi pour la société.