Lead
Tout au long du 20e siècle, le CICR, les Croix-Rouge nationales et la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge ont entretenu avec les mouvements et régimes communistes une relations complexe faite de confrontations, de défis et d’opportunités (souvent frustrées). Les humanitaires ont ainsi été confrontés à des problèmes de catégorisation des conflits, empêchant la désignation des responsables de l’application des règles de la guerre et de définition du statut des soldats capturés, qui en fonction du point de vue des belligérants étaient considérés comme des détenus civils, des criminels ou des combattants.Ces questions furent au centre du travail de codification du Droit humanitaire international d’après-guerre, et de la révision des Conventions de 1949 par les protocoles additionnels de 1977, afin de coller aux réalités de la décolonisation. Elles participent aujourd’hui d’une réflexion sur les dimensions idéologiques de la compassion humanitaire.

Lay summary

Objectifs de la recherche :

L’objectif du projet consiste à combler un vide historiographique en étudiant l’impact du communisme sur les normes et pratiques de la Croix-Rouge à partir des archives des Sociétés nationale de la Croix-Rouge (SNCR), de la Fédération des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que du Comité international de la Croix-Rouge. La périodisation du projet (1917-1980) procède d’une histoire humanitaire de la Guerre froide qui trouve ses origines dans les opérations d’aide à la Russie consécutive à la guerre civile et sa limite supérieure dans les conditions d’accès aux archives (40 ans s’agissant du CICR).

Le projet se décline en quatre Axes. Le 1er est consacré à une histoire humanitaire de la Guerre civile russe dans sa double dimension nationale et transnationale. Le 2e porte sur l’histoire des sociétés nationales est- et ouest-allemandes dans un contexte de Guerre froide globale. L’histoire des interventions humanitaires lors des guerres de la péninsule indochinoise constitue le 3e axe du projet. Enfin, les guerres de libération nationale dans les colonies lusophones forment un 4e champ privilégié pour l’étude de la confrontation des humanitaires au communisme. 

Contexte scientifique et social :

En dépit de l’ouverture des archives des pays communistes d’Europe, d’Asie et d’Afrique, le communisme reste un impensé de l’historiographie de l’humanitaire. Il existe certes quelques études portant sur les relations du CICR avec des pays communistes, mais ces travaux partagent le défaut d’un trop rare usage des Archives des Sociétés nationales et de la Ligue.