Lead
Un nombre croissant de personnes quittent leur lieu de vie d’origine dans le contexte de contraintes sociales, économiques, environnementales et politiques. Parmi ces migrants, certains résident dans le pays de destination sans permis de séjour valable (migration irrégulière, sans-papiers). Les migrants sans-papiers font généralement face à des conditions de vie précaires et rencontrent des difficultés à satisfaire leurs besoins fondamentaux tels que les soins médicaux, le logement et l’emploi.

Lay summary
En 2017, le Canton de Genève à mis en œuvre une politique pilote de régularisation de migrants sans-papiers répondant à des critères précis qui est unique en Suisse (Opération Papyrus). Cette politique publique offre une opportunité unique de mesurer l’impact du changement de statut légal sur le bien-être et la santé, les conditions de vie et l’emploi de ces migrants. 
L’étude pluridisciplinaire Parchemins va utiliser différentes méthodes de recherche en sciences sociales, économie et médecine pour mesurer l’évolution de ces différents domaines chez des migrants qui vont bénéficier d’un permis de séjour (groupe régularisés) et des migrants qui ne satisfont pas aux critères de régularisation et resteront sans-papiers (groupe contrôle). Elle s’intègre dans un riche réseau de partenaires tant politiques que dans la communauté. L’hypothèse est que l’obtention d’un statut légal influencera positivement les conditions de vie et d’emplois avec un impact favorable sur la santé et le bien-être mais créera en parallèle de nouvelles formes de vulnérabilité. 
Contexte scientifique et social du projet de recherche
Cette étude, la première de son genre en Europe, va permettre de mieux comprendre les conditions de vie et leurs relations avec la santé et le bien-être d’une population  peu étudiée à ce jour, notamment en raison de sa difficulté d’accès par les chercheurs. Par ailleurs, elle permettra de mesurer l’impact d’une politique publique innovante en Suisse. Enfin, elle permettra à des personnes traditionnellement soucieuses de ne pas se faire remarquer de faire entendre leur voix dans un cadre scientifique et public.