Lead
Les régimes autoritaires en Amérique Latine ont longtemps représenté la forme de gouvernement plus populaire dans la région avant la vague de démocratisation des années 1980. L’impact de ces régimes se fait toujours ressentir sur le tissu économique, social et politique. Malgré la vaste littérature disponible, les études existantes ont longtemps ignoré l’importance de la dimension financière pour la survie et la légitimation de ces régimes autoritaires. En s’appuyant sur des nouvelles sources d’archives, ce projet analysera les relations entre les institutions financières internationales, les banques commerciales européennes et les régimes au pouvoir en Argentine, Brésil, Chile et Mexique entre 1973 et 1985.

Lay summary

À partir du début des années 1970, les banques commerciales occidentales ont fini par jouer un rôle central dans le financement des régimes autoritaires du monde entier. En particulier en Amérique latine, les banques commerciales ont remplacé les prêteurs officiels tels que la Banque mondiale ou la Banque interaméricaine de développement, qui avaient dominé dans les années 1950 et 1960. Alors que de nouvelles archives sont ouvertes au public, ce projet vise à étudier pour la première fois un aspect central mais négligé de l’histoire politique et économique internationale: c’est-à-dire  l’interaction entre les institutions financières internationales, les banques commerciales occidentales, notamment européennes, et les régimes autoritaires au cours des années 1970 dans un groupe représentatif de pays d'Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili et Mexique), soit quatre des dix plus gros emprunteurs du monde en 1982.
Ce projet novateur ouvrira des nouvelles perspectives dans notre compréhension des régimes autoritaires dans les pays du Sud et s’articulera autour de trois objectifs de recherche principaux : 1) évaluer le rôle de la finance internationale dans le soutien aux régimes autoritaires, 2) analyser l’impact économique et politique de la dette externe, 3) estimer l’impact social de ces flux de capitaux.
Avec des tendances autoritaires à la hausse, ce projet fera la lumière non seulement sur le passé récent mais peut-être aussi sur le proche avenir de la région.