Lead
Les patients traités par chimiothérapie intensive pour une leucémie aiguë sont à haut risque de développer des infections fongiques invasives (e. g. aspergilloses). La prophylaxie systématique ne constitue pas une solution optimale, puisqu'un grand nombre de patients sont traités inutilement par des médicaments pouvant avoir des effets indésirables importants et qu'elle peut conduire à l'émergence d'infections résistantes aux antifongiques. Le but de ce projet est d'utiliser l'analyse de ces polymorphismes, afin de réserver la prophylaxie aux patients à haut risque tout en évitant les effets indésirables pour les patients à moindre risque.

Lay summary
Importance

Jusqu'à 15% des patients traités par chimiothérapie intensive pour une leucémie aiguë développent une infection fongique invasive (e. g. aspergillose). Ces infections peuvent être prévenues par l'administration d'une prophylaxie antifongique. Toutefois, cette stratégie est remise en cause, car elle expose un grand nombre d'individus à des effets indésirables inutiles (toxicité, interactions avec d'autres médicaments), et peut entraîner l'émergence d'infections dues à des champignons résistants.

Intervention

Depuis quelques années, on sait que la susceptibilité aux infections fongiques est en partie déterminée par le profil génétique du patient. Dans le cadre de ce projet,  la présence ou l'absence de certains polymorphismes génétiques sera analysée au moment du diagnostic de leucémie, afin de déterminer si le patient est à haut ou bas risque de développer une infection fongique invasive. Les patients seront randomisés dans des groupes de manière différente en fonction de leur profil génétique.

Effet

Si les résultats attendus sont confirmés, l'étude permettra de démontrer qu'on peut optimiser l'administration des antifongiques chez les patient leucémiques, en réservant la prophylaxie à ceux qui sont à haut risque tout en épargnant les effets indésirables à ceux qui sont à moindre risque. Il s'agit d'un des premiers essais cliniques utilisant des facteurs génétiques du patient dans la stratification du risque infectieux, selon un concept souvent cité sous le terme de "médecine de précision".

Les résultats de cette étude pourraient s'appliquer à d'autres catégories de patients, comme les receveurs de transplantation de cellules souches hématopoïétiques (greffes de "moelle osseuse") ou les receveurs de greffes d'organes solides (cœurs ou poumons par exemple).