Lead
Cette recherche vise à analyser les rapports de pouvoir entre les acteurs publics et les acteurs privés dans les villes suisses. Elle s'intéresse aux arrangements conclus entre les autorités locales et leurs partenaires privés (propriétaires fonciers, entreprises de construction, promoteurs immobiliers) afin de développer et de renouveler le tissu urbain. Qui finance la création du parc public jouxtant ce nouveau quartier d'affaires? Comment garantir la mixité sociale des nouveaux quartiers d'habitation? Qui met les terrains à disposition? Quelles contreparties sont offertes aux acteurs privés qui réalisent les projets? Cette recherche tente d'apporter des réponses à chacune de ces questions.

Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche

Cette recherche s'appuie sur la théorie des régimes urbains développée par la littérature anglo-saxonne et l'applique aux villes suisses. Un régime urbain implique une coopération pérenne entre les autorités locales et certains acteurs privés, basée sur un échange de ressources d'action. La possession d'une ressource d'action permet d'influencer les processus de décision et l'application des politiques publiques. Les droits de propriété, l'expertise, l'argent ou la légitimité politique sont des exemples de ressources d'action. Or, la théorie des régimes urbains ne précise pas quelles ressources d'action doivent être échangées pour établir un régime. Cette recherche vise à combler cette lacune théorique en analysant des projets urbains récents et emblématiques dans les villes de Zurich, Winterthour, Berne, Bienne, Genève et Nyon.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Cette recherche analyse plusieurs sources qualitatives (entretiens en face-à-face, documents officiels, articles de presse) dans une perspective comparative. Elle permettra d'objectiver les rapports de pouvoir à l'échelle locale et de mieux comprendre qui gouverne les villes suisses au début du 21e siècle.