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Chancelier de France à l’aube des guerres de religion, Michel de L’Hospital (1505-1573) est un serviteur du roi de France mais aussi l’auteur de fines poésies néo-latines qui réagissent à l’actualité tout en réfléchissant à des questions philosophiques, politiques et religieuses fondamentales.

Lay summary

Ce projet de recherche vise à établir une édition critique intégrale des livres II à VII des Carmina de Michel de L’Hospital. Le corpus concerne environ 10’000 vers et l’édition comportera le texte latin collationné, une nouvelle traduction française en stiques, une étude de chaque épître, des annexes, un index et une bibliographie. Il vise à fournir aux chercheurs des données de base fiables et mal connues, à les éclairer par des études spécifiques mais aussi à élargir leur compréhension en scrutant des problématiques essentielles et interdisciplinaires.

Avec le livre I (Genève, Droz, 2014), édité par Perrine Galand (EPHE, Paris) et Loris Petris (Université de Neuchâtel), c’est ainsi l’intégralité des épîtres néo-latines d’un magistrat-écrivain majeur du XVIe siècle qui sera enfin à disposition de la communauté scientifique. Elles viendront compléter l’édition des discours et de la correspondance de L’Hospital par Loris Petris (2002 et 2013). Les trois volumes prévus seront publiés en version papier et les textes latins bruts seront mis à disposition sur le Corpus Corporum (www.mlat.uzh.ch; Université de Zürich).

Protecteur des poètes de la Pléiade et lui-même poète néo-latin, le chancelier Michel de L’Hospital (1505-1573) a tenté, par des actes, des discours et des textes d’œuvrer à la concorde et à la pacification du royaume de France à l’aube des guerres de religion. Composées entre 1543 et 1573, ces épîtres néo-latines retracent l’itinéraire social, intellectuel, moral et spirituel d’un modéré, héritier de la pensée érasmienne, confronté à une société qui sombre dans la violence. A la fois impliquées dans le monde et à distance de celui-ci, elles sont l’occasion pour le serviteur du roi de poursuivre ses réflexions juridico-politiques en réfléchissant autant au pouvoir du verbe qu’aux dangers de la division sociale et à la nécessité de la concorde civile, fondée sur les lois, les mœurs individuelles et un consensus stoïcien.