Lead
Le grand collisionneur de protons (LHC) du laboratoire européen pour la physique des particules (CERN) a été construit pour explorer, au niveau le plus fondamental possible, les constituants élémentaires de la matière et leurs interactions. L'expérience LHCb porte un nom suggestif; en effet, son but est de tirer parti de l'énorme quantité de quark lourds appelés "b" produite au LHC dans les collisions entre protons de très haute énergie (correspondant à l'énergie acquise dans une différence de potentiel de plusieurs fois mille milliards de volts). L'étude de certaines désintégrations rares des particules contenant un quark b permet de tester les prédictions du "Modèle Standard", la théorie minimale décrivant tous les processus connus en physique des particules élémentaires. Si l'expérience révélait que certaines prédictions sont incorrectes, alors elle révélerait du même coup l'existence de nouveaux phénomènes encore inconnus.

Lay summary

L'expérience LHCb a été construite par une collaboration internationale de plusieurs centaines de physiciens, dont les membres des groupes des professeurs A. Bay (EPFL), T. Nakada (EPFL), O. Schneider (EPFL), N. Serra (Université de Zurich) et U. Straumann (Université de Zurich). Les groupes suisses ont pris la responsabilité du développement, de la construction et de l'exploitation d'une certaine partie de l'appareillage de l'expérience, incluant des détecteurs à micro-pistes de silicium et l'électronique de lecture des signaux. LHCb a enregistré efficacement des données d'excellente qualité durant la première période d'exploitation du LHC, entre fin 2009 et début 2013, à la moitié de l'énergie nominale. Jusqu'à présent, l'analyse de cette énorme masse de données (à laquelle les groupes suisses prennent une part importante) a produit une quantité de nouvelles observations et mesures, publiées dans plus de 180 articles scientifiques, mais n'a pas permis de trouver la faille du Modèle Standard. Afin d'augmenter la sensibilité de l'expérience, il faut examiner un encore plus grand nombre de collisions. 

L'expérience continuera à tourner pendant la deuxième période d'exploitation du LHC (2015-2018), à une énergie presque doublée. En 2019, l'expérience sera mise à jour afin d'en décupler le potentiel. Pour ceci il faut développer de nouveaux détecteurs et une nouvelle électronique plus performants. Les groupes suisses travaillent à la construction de nouveaux "détecteurs à traces" en silicium ou en fibres scintillantes lues par des photo-détecteurs au silicium. La phase de développement se termine et laisse place maintenant à une phase de construction, avant l'installation prévue en 2018-2019.

Le subside FLARE permet aux groupes de l'EPFL et de l'Université de Zurich de financer deux postes techniques pour la maintenance et le développement des appareillages sous leur responsabilité, ainsi que d'investir dans la construction des nouveaux éléments pour la mise à jour de l'expérience.