Lead
Cette recherche porte sur des constructions multiples, caractérisées par une (relative) interdépendance de leurs membres. Il s’agit, notamment, de séquences corrélatives ou énumératives marquées par des couples (ou séries) de connecteurs comme "d’une part… d’autre part…" ; "non seulement… mais aussi…" ; "certes… mais…" ; "d’abord… ensuite… enfin…", etc.

Lay summary

Au sens strict, la corrélation consiste en l’implication mutuelle de deux formes : A entraîne B et inversement. Tel est le cas de plus il perd ses dents plus il a de mal à manger [o <Savelli 1993]. Chaque membre borné à l’initiale par plus appelle l’autre à sa suite ou au préalable, sans quoi la phrase n’est pas complète.

Cependant, à l’échelle du discours, il existe une grande latitude de réalisation des segments solidaires. En effet, si un marqueur tel que non seulement projette l’accomplissement (ou crée l’attente) d’une suite comme mais aussi / encore, rien ne permet de prévoir par quels moyens linguistiques cette attente sera effectivement saturée. Mutatis mutandis, il en va de même quand un connecteur comme d’autre part présuppose un contenu préalable avec lequel il entre en corrélation, au sens large. En voici l’illustration.

(1)        Mais non seulement ce n'est pas possible, c'est inutile. [frantext <Duras 1960 : 122]

(2)        Vous avez réuni cent mille personnes dans le cadre de votre projet. Ce n’est pas assez pour […] empêcher la destruction de Trantor.

S. – Vous avez malheureusement raison.

P. – D’autre part, vos cent mille employés n’ont pas été rassemblés pour des fins illégales.

S. – Exact. [Asimov 1966=2006 : 33]

En étudiant différents marquages des routines corrélatives et énumératives, à l’oral comme à l’écrit, le présent projet vise à caractériser le(s) type(s) de dépendance qui s’instaure(nt) entre les segments corrélés au niveau macro-syntaxique ou discursif.