Lead
La pandémie de 2009 fût la première crise de santé globale du XXIème siècle à être gérée sous les auspices du nouveau règlement sanitaire international. Dès le début des années 90, l’OMS a cherché à conforter une position de leader en matière de crises de santé globale dans un contexte de re-émergence de certains risques et de multiplication des acteurs. La gestion de la pandémie s’est donc déroulée dans un environnement en profonde mutation.

Lay summary

Depuis 2010, les agences étatiques et les organisations internationales se sont engagées dans des opérations de retour d’expérience qui ont donné lieu à des rapports publics, dont le but vise à mieux comprendre comment la pandémie a été gérée dans le monde. Traditionnellement, les retours d’expérience sont loin d’être simples à conduire : de nombreuses cultures organisationnelles se caractérisent par une culture du blâme lorsqu’elles sont confrontées à des dysfonctionnements ou à des erreurs auto-rapportées.  C’est la raison pour laquelle cet élan donné par les organisations de santé publique, ou par les commissions parlementaires nationales dans l’après-crise, offre une source très importante de données pour les chercheurs comme pour les évaluatueurs de politiques publiques.

Les questions de stratégies d’évaluation des risques du point de vue combiné des processus organisationnels, de communication des risques et des coûts induits n’ont jamais été posées dans un cadre multidisciplinaire. De surcroît ces trois aspects (Organiser, communiquer et évaluer les coûts) ont fait l’objet tout au long de la crise de critiques fondamentales et de controverses publiques vivaces pendant et après la pandémie. Ces trois angles constituent l’armature de ce projet.

Ce projet, qui analyse les réponses organisationnelles de trois pays en particulier (La Suisse, Les Etats-Unis et le Japon) en relation avec le cadre de références de l’Organisation mondiale de la santé souhaite démontrer que les stratégies organisationnelles de mitigation, de communication des risques et d’analyse coûts-bénéfices sont en fait étroitement reliées.  

Dans un contexte où les stratégies organisationnelles et communicationnelles ainsi que les évaluations coûts-bénéfices n’ont pas été intégrées dès le début  dans une réponse globale, les controverses, inévitables par nature, ont eu le potentiel de se développer et d’endommager tout effort de transparence ou de mobilisation durant toute la durée de la pandémie.