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Lay summary

Après l’enthousiasme initial qui a suivi la signature du protocole de Kyoto en 1997, la possibilité de réaliser l’objectif de la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) apparaît de plus en plus compromis. Le 4ème rapport de l’IPCC a plus que mis en évidence le fait que pour un réchauffement de 2°, les conséquences néfastes sur certaines régions du monde seraient indéniables. Les pays du sud, les pays côtiers et plus généralement les pays en voie de développement sont et seront les plus touchés à travers l’aggravement du problème de la désertification, de la raréfaction de l’eau potable, de la propagation de la malaria vers le nord et enfin de la montée des eaux. Toutefois, certaines régions et certains groupes d’individus des pays industrialisés sont particulièrement vulnérables au changement climatique. C’est notamment le cas des zones alpines de la Suisse, où le réchauffement sera deux fois plus élevé qu’en moyenne mondiale ce qui obligera à des adaptations forcées de grande envergure de cet environnement particulièrement sensible ainsi que de l’économie centrée sur les sports de neige.

Aussi, si les questions d’éthique et de justice ont toujours tenu un rôle important dans la formulation des politiques de réduction des gaz à effet de serre (GES) à travers la problématique de la répartition de l’effort de réduction, elles sont d’autant plus vitales dans le contexte des politiques d’adaptation aux effets néfastes du changement climatique. Or le travail d’ingénieurerie politique que nécessite la mise en œuvre de politiques d’adaptation et la résolution des épineuses questions de justice liées au financement des mesures nécessaires et à la responsabilité des émetteurs de GES pour les dégâts dus au changement climatique sont des problématiques sont loin d’avoir été réalisé. Bien que du point de vue des potentielles victimes du changement climatique, le développement de solution politiques contribuant à réduire leur vulnérabilité et à accroitre leur capacité d’adaptation semble absolument nécessaire, les chercheurs constatent que, dans les pays en voie de développement que dans les pays industrialisés, la mise en œuvre de politiques d’adaptation rencontre d’importantes obstacles et barrières.

S’il a été très tôt établi que la fragilité des écosystèmes touchés par les changements climatiques, le manque de ressource financière  ou encore l’incertitude scientifique ainsi que l’absence de technologie adéquate pouvait certainement constituer des obstacles importants à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques d’adaptation, les barrières strictement politiques pouvant intervenir au cours du processus décisionnel on été fort peu investigués par la recherche. Nous avons cherché au cours de cette recherche à combler cette lacune en proposant un cadre d’analyse qui permette d’appréhender les barrières politiques à la mise en œuvre des programmes d’adaptation aux effets du changement climatique. Des études de cas comparés aux été menées en Suisse, au Pérou et en Inde, afin de porter un éclairage nouveau sur les processus décisionnels relatifs à l'adaptation au changement climatique et aux problématiques liées à leur mise en oeuvre.