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Une socio-histoire des gens qui migrent : Les « enfants du placard » (1946-2002)

English title Social-history of people who migrate: The "children of the wardrope" (1946-2002)
Applicant Schulz Kristina
Number 189017
Funding scheme Project funding
Research institution Institut d'Histoire Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Université de Neuchâtel
Institution of higher education University of Neuchatel - NE
Main discipline Swiss history
Start/End 01.01.2020 - 31.12.2023
Approved amount 709'367.00
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All Disciplines (2)

Discipline
Swiss history
Sociology

Keywords (7)

Histoire sociale; Histoire des migrations; Histoire de l'enfance; Histoire de genre; Histoire économique; Histoire de la famille; Histoire orale

Lay Summary (French)

Lead
Selon une estimation des années 1970, 10’000 à 15'’000 enfants immigrés ont connu la « séparation et l'illégalité » (Frigerio 2014) en Suisse. Il s’agit des enfants des travailleuses et travailleurs étrangers qui, en raison de leur statut de saisonnier, n’ont pas bénéficié du droit au regroupement familial. En conséquence, beaucoup de ces enfants ont séjourné en toute clandestinité en Suisse, parfois pour quelques mois, souvent pour plusieurs années. Illégaux en Suisse, ils n’avaient pas le droit d’aller à l’école et, de peur d’être dénoncés, ne sortaient guère de la maison, d’où le nom « les enfants du placard » ou encore « les enfants cachés ».
Lay summary

Le projet a pour objectif d’étudier le phénomène des enfants cachés dans l'esprit d'une relecture de l’histoire économique et sociale de la Suisse pendant et au-delà des « Trente glorieuses » – période de hausse conjoncturelle caractérisée par un besoin accru de main d’œuvre. Il s’agit de réaliser une estimation de l’importance quantitative du phénomène, dont on ne connaît guère d’autres chiffres que ceux avancés dans les années 1970, ainsi qu’un travail qualitatif. Cette double perspective pose deux questions principales : Premièrement, comment la société suisse a-t-elle répondu à la question des « enfants cachés » ? Il s’agit de mettre au jour le développement du cadre législatif et des pratiques des autorités ainsi que celles de la société civile, qui se mobilise à partir des années 1970 en faveur des enfants cachés. Deuxièmement, comment les actrices et les acteurs ont-ils réalisé une vie familiale dans des conditions de clandestinité ?

Croisant une approche d’histoire des migrations avec une approche d’histoire sociale et économique,  la recherche se base à la fois sur un travail d’archives étatiques (fédérales, cantonales, communales), l’analyse des récits et enquêtes psychologiques et sociologiques effectuées depuis les années 1970, l’exploitation d’archives des associations et activistes humanitaires mobilisés, et sur la méthodologie de l’histoire orale. 

Direct link to Lay Summary Last update: 21.11.2019

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Project partner

Abstract

Selon une estimation des années 1970, 10’000 à 15'’000 enfants immigrés (Castelnuovo 1978, p. 30) ont connu la « séparation et l'illégalité » (Frigerio 2014) en Suisse. Il s’agit des enfants des travailleuses et travailleurs étrangers qui, en raison de leur statut de saisonnier, n’ont pas bénéficié du droit au regroupement familial. En conséquence, beaucoup de ces enfants ont séjourné en toute clandestinité en Suisse, parfois pour quelques mois, souvent pour plusieurs années. Illégaux en Suisse, ils n’avaient pas le droit d’aller à l’école et, de peur d’être dénoncés, ne sortaient guère de la maison, d’où le nom « les enfants du placard » ou encore « les enfants cachés ». Le projet a pour objectif d’étudier le phénomène des enfants cachés en partant de l’hypothèse que celui-ci permet une relecture de l’histoire économique et sociale de la Suisse pendant et au-delà des « Trente glorieuses » - période de hausse conjoncturelle caractérisée par un besoin accru de main d’œuvre. Il s’agit de réaliser une estimation de l’importance quantitative du phénomène, dont on ne connaît guère d’autres chiffres que ceux avancés dans les années 1970, ainsi qu’un travail qualitatif. Cette double perspective pose deux questions principales : Premièrement, comment la société suisse a-t-elle répondu à la question des « enfants cachés » ? Il s’agit de mettre au jour le développement du cadre législatif et des pratiques des autorités ainsi que celles de la société civile, qui se mobilise à partir des années 1970 en faveur des enfants cachés. Deuxièmement, comment les actrices et les acteurs ont négocié la réalisation d’une vie familiale dans des conditions de clandestinité ? Plus spécifiquement, le projet a pour but : de restituer le phénomène dans le régime migratoire suisse et européen entre 1946 (accord sur les travailleurs immigrés avec l’Italie) et 2002 (contrats bilatéraux I avec l’UE sur la libre circulation des personnes) ; d’en saisir l’ampleur, de comprendre les processus bureaucratiques et d’identifier les acteurs impliqués aux niveaux cantonaux et fédéraux ; d’analyser le processus de mobilisation des associations pour les droits de l’enfant ; de comprendre les situations et stratégies multiples des familles concernées.Croisant une approche d’histoire des migrations avec une approche d’histoire sociale et économique et en prenant en compte des recherches récentes sur le placement des enfants (PNR 76), la recherche se base à la fois sur un travail d’archives étatiques (fédérales, cantonales, communales), l’analyse des récits et enquêtes psychologiques et sociologiques effectuées depuis les années 1970, l’exploitation d’archives des associations et activistes humanitaires mobilisés, et sur la méthodologie de l’histoire orale. Le projet est organisé en trois sous-projets permettant une approche basée sur la multiperspectivité. SP1, réalisé par un-e collaborateur/trice scientifique, porte sur l’action des associations en faveur des immigrant-e-s et des droits de l’enfant. Cela implique une analyse locale mais également (supra-) nationale, qui porte notamment sur la ratification de la Convention internationale des Droits de l’enfant, conclue par l’Assemblée de l’ONU en 1989. SP1 s’inscrit dans la démarche d’une socio-histoire des mouvements sociaux, en intégrant à la fois l’exploitation des archives des associations impliquées et l’entretien d’expert-e-s. SP2, réalisé par un-e doctorant-e, porte sur les expériences, trajectoires et stratégies des enfants concernés et s’appuie sur des méthodes de recherche qualitative (histoire orale et étude de dossiers individuels). SP3, pris en charge par toute l’équipe du projet, vise à créer une base de données qui permettra de mieux cerner les aspects quantifiables du phénomène. Les entretiens produits dans le cadre du projet seront archivés avec les archives sociales / Sozialarchiv (Zurich), afin de permettre leur utilisation dans le cadre des futures recherches.
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