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Entre démocratisation des études et gestion de la diversité : la question de l’élève d’origine étrangère comme révélateur des transformations des politiques d’éducation

English title School Democratization and Treatment of Diversity : the question of migrant students revealing the educational policies transformations
Applicant Payet Jean-Paul
Number 137834
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution FPSE Université de Genève
Institution of higher education University of Geneva - GE
Main discipline Sociology
Start/End 01.11.2011 - 31.07.2013
Approved amount 61'276.00
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All Disciplines (2)

Discipline
Sociology
Education and learning sciences, subject-specific education

Keywords (9)

education policies; democratization; school; equality; migrant students; diversity; representations; stereotypes; values

Lay Summary (French)

Lead
Cette recherche, menée à Genève, vise à comprendre la manière dont s'est « fabriquée » une politique éducative de la diversité. Croiser diverses sociologies (de l’immigration, de l’école, des problèmes publics) dans une analyse socio-historique permet d’en mesurer les transformations et les enjeux. Nous avons suivi les transformations du processus de problématisation de la « diversité » par l’école et des formes prises par son « traitement ».
Lay summary

Cette recherche, menée à Genève, vise à comprendre la manière dont s'est « fabriquée » une politique éducative de la diversité. Dans un contexte socio-politique en mouvement, la question ethnique est le fruit d’une construction sociale qui se reformule dans le temps. Croiser diverses sociologies (de l’immigration, de l’école, des problèmes publics) dans une analyse socio-historique permet d’en mesurer les transformations et les enjeux. Cette étude, suivant cet objectif, est fondée sur une analyse pluriméthodologique basée sur des entretiens qualitatifs d’experts, de politiques, d’agents scolaires et d’enseignants , ainsi que sur un vaste corpus documentaire et une analyse médiatique portant sur une cinquantaine d’années.

Cette perspective compréhensive longitudinale a permis d’établir un lien empirique entre la montée en actualité dans le champ scolaire d’une ethnicisation de la diversité et celle d’une politique promouvant la diversité individuelle. Nous avons identifié trois matrices cognitives distinctes de la fabrique d'une École de la diversité: le Temps de la reconnaissance (1960-1980), le Temps de la pédagogie (1980-2000), le Temps de la gestion de la diversité (2000 à aujourd'hui). À travers cette périodisation, nous avons suivi les transformations idéaltypiques du processus de problématisation de la « diversité » par l’école et des formes prises par son « traitement ».

Ce travail contribue à enrichir la compréhension de la question scolaire, notamment du rapport aux référentiels d'égalité et de diversité, ainsi qu'au développement d'une sociologie de l'ethnicité.

Direct link to Lay Summary Last update: 22.10.2013

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Publications

Publication
Agir contre la précarité des jeunes en rupture de formation : l’émergence d’une nouvelle catégorie d’action des politiques éducatives en Suisse.
Mottet Geneviève (2016), Agir contre la précarité des jeunes en rupture de formation : l’émergence d’une nouvelle catégorie d’action des politiques éducatives en Suisse., in Sciences et Actions Sociales, 3, En ligne.
La fabrique d'un problème public. Reconnaître, expertiser et gérer la "violence en milieu scolaire"
Mottet Geneviève, Frauenfelder Arnaud (2012), La fabrique d'un problème public. Reconnaître, expertiser et gérer la "violence en milieu scolaire", in Swiss Journal of Sociology, 38(3), 459-477.
À l’«École de la diversité ». Enquête sur la fabrique d’une politique éducative
Mottet Geneviève, À l’«École de la diversité ». Enquête sur la fabrique d’une politique éducative, Université de Genève, Université de Genève.
L’École « sociale active ». Analyse des nouvelles politiques de formation du ministère de l’éducation à Genève.
Mottet Geneviève, L’École « sociale active ». Analyse des nouvelles politiques de formation du ministère de l’éducation à Genève., in Formation emploi, accepté, à paraître, date inconnue encore.

Scientific events

Active participation

Title Type of contribution Title of article or contribution Date Place Persons involved
Faculté des sciences sociales et politiques, Invitation à intervenir dans un cours Individual talk L'école et la diversité culturelle à Genève. Intentions, institutionnalisations et ambivalences d'une réforme scolaire 28.04.2015 Lausanne, Université, Switzerland Mottet Geneviève;
Colloque international A.A.E. 2014. Les sciences sociales européennes face à la globalisation de l’éducation et de la formation : vers un nouveau cadre réflexif et critique ? Talk given at a conference Comment transformer le système scolaire ? Analyse d’une mobilisation d’acteurs en réseaux 17.11.2014 Amiens, France Mottet Geneviève;
Réseau International Education et Diversité (RIED) Talk given at a conference Les enseignants « à l’épreuve » d’une politique de gestion de la diversité 22.10.2014 Marseille, France Mottet Geneviève;
. Intervention dans le cadre des midis de la recherche Individual talk Les embarras de l’École face aux discriminations sociales et ethniques : entre enjeux institutionnels et « jeux » de professionnels 08.04.2014 HETS, HES/SO, Switzerland Mottet Geneviève;
Les descendants d’immigrés à l’école : où en est la recherche ? Talk given at a conference À l’« École de la diversité ». Enquête sur la fabrique d’une politique éducative 29.11.2013 Université de Genève, Switzerland Mottet Geneviève;


Knowledge transfer events

Active participation

Title Type of contribution Date Place Persons involved
L’inclusion à l’école Performances, exhibitions (e.g. for education institutions) 13.11.2013 Hets, Genève, Switzerland Mottet Geneviève;
Contextes professionnels et enjeux de migrations : dans le domaine du travail social. Module 1. Migrations : perspectives historiques, juridiques et anthropologiques. Talk 23.05.2013 UNIL-EPFL, Switzerland Bolzman Claudio; Mottet Geneviève;


Associated projects

Number Title Start Funding scheme
122638 Entre démocratisation des études et gestion de la diversité : la question de l'élève d'origine étrangère comme révélateur des transformations des politiques d'éducation 01.12.2008 Project funding (Div. I-III)
108125 Les enjeux de l'"interculturalité": discours et usages sociaux dans le milieu scolaire genevois 01.06.2005 DORE project funding
122638 Entre démocratisation des études et gestion de la diversité : la question de l'élève d'origine étrangère comme révélateur des transformations des politiques d'éducation 01.12.2008 Project funding (Div. I-III)

Abstract

Catégorie d’analyse, l’ethnicité existe aussi en tant que catégorie du « sens commun ». Ce travail doctoral intitulé «À l’"École de la diversité". Enquête sur la fabrique d’une politique éducative » vise à interroger cette deuxième perspective. Dans un contexte socio-politique en mouvement, la question ethnique est le fruit d’une construction sociale qui se reformule dans le temps. Croiser diverses sociologies (de l’immigration, de l’école, des problèmes publics) dans une analyse socio-historique permet d’en mesurer les transformations et les enjeux. Cette étude, suivant cet objectif, est fondée sur une analyse pluriméthodologique basée sur des entretiens qualitatifs d’experts, de politiques, d’agents scolaires (une dizaine) et d’enseignants (une trentaine), ainsi que sur un vaste corpus documentaire (environ 360 rapports de recherche, articles scientifiques, documents institutionnels, argumentaires politiques…) et une analyse médiatique (environ 930 articles journalistiques) portant sur une cinquantaine d’années.Comme le souligne Sayad (1999, p. 6), « penser l’immigration, c’est penser l’État » et que c’est « l’État qui se pense lui-même en pensant l’immigration ». Il en va de même pour l’École qui est une institution d’État et qu’alors interroger la question migratoire dans le champ scolaire, c’est interroger l’École, ses fondements, ses mécanismes internes de structuration et de fonctionnement au sein de la nation. Selon Bastenier (2008), l’analyse ethnique met en lumière le fait que dans le domaine scolaire l’on se trouve aux prises avec l’une des institutions emblématiques par excellence des enjeux de la culture. Elle est chargée de la double mission de qualifier culturellement les individus qu’elle instruit en même temps que de disqualifier ceux qui ne répondent pas à ses exigences. Aussi, si selon Brubaker (1992, p. 56), « l’axiome selon lequel l’État-nation peut, et en fait doit, introduire une discrimination entre ses membres et ses non-membres », il en est de même pour l’École qui est une institution de l’État et qui, comme le dit Lorcerie (2003), enferme les jeunes minoritaires dans les frontières de leurs origines. Ainsi, c’est bien en questionnant la manière dont les acteurs du champ scolaire conçoivent le « public aux marges » (entre l’élève « en difficulté » et l’élève « étranger » notamment) qu’il s’agit d’analyser les dialectiques qui se sont opérées sur les questions d’égalité et de diversité à l’école. Pour comprendre la manière dont se « fabrique » une politique éducative de la diversité, l’on a cherché à effectuer, comme proposé par Muller (2000), une « analyse cognitive » des politiques publiques en conjuguant une analyse globale du système scolaire avec une analyse qui se cible sur l’observation du comportement et des stratégies des acteurs qui composent les systèmes d’actions que l’on étudie, ici d’une part ceux qui participent localement aux transformations des politiques éducatives (les experts, politiques, militants et dans une certaine mesure les médias), de l’autre côté ceux qui doivent « faire avec » ce qui a été produit (les enseignants) . À partir de ce projet, ayant comme angle de mire la question ethnique, la recherche de type généalogique s’est imposée puisqu’il s’agissait de ressaisir les conditions d’émergence de ce qui fait problème à travers la mise en avant de nouvelles préoccupations. L’analyse longitudinale effectuée débute dans les années 1960 au moment où s’esquissent les premiers traits de la forme contemporaine de gestion de la diversité . Les élèves immigrés occupent une place dans les préoccupations des politiques éducatives depuis le moment où « l’indifférence aux différences » est devenue un problème et les représentations et actions à leur encontre se sont transformées dans une dynamique concourante aux transformations qui ont eu cours sur les questions d’égalité et de diversité dans le champ scolaire. Cette perspective compréhensive longitudinale a permis d’établir un lien empirique entre la montée en actualité dans le champ scolaire d’une ethnicisation de la diversité et celle d’une politique promouvant la diversité individuelle. Au niveau des politiques éducatives, l’élève « étranger » et l’élève «individu », catégories-cibles de revendications et de focalisations conjointes ou autonomes selon les cas, « s’émancipent » parallèlement depuis les années septante où ils étaient tous deux fondus dans le corps social existant. La question de l’élève étranger croise régulièrement celle de l’élève dans son individualité et/ou dans sa dimension sociale, évoluant et se confondant de manière récurrente avec elles. Par exemple, si l’instauration de différentes mesures concerne à première vue les élèves dans leur individualité (telles que la mise en place de projets visant la gestion du suivi individualisé des élèves en difficulté, la réinsertion des jeunes en rupture de formation, les « contrats » avec les parents ou les accords entre la police et l’école) et sont des « solutions » au « problème de la diversité » concernant les « individus » dans leur entité, elles sont néanmoins ambivalentes et souvent destinées dans les représentations comme dans les faits au public plus spécifique des élèves « étrangers ». En outre, la recherche s’inscrit ici dans la perspective de L. Wacquant (2009, in Masclet, 2012, p. 125) qui propose dans le cadre de l’analyse de la production des inégalités sociales de « sortir de l’essentialisme et des modèles à une seule variable (race ou classe) ou interactionnistes (race et classe) pour prendre en compte les processus mutuellement imbriqués de structuration et de contestation de la race et de la classe ». La recherche se propose de donner à voir le modèle des « luttes » à travers lesquels les acteurs (chercheurs, politiciens, journalistes) et les mouvements sociaux (militants) privilégient ou imposent l’un ou l’autre de ces critères « comme principe légitime d’identité et d’action » (Ibid., p. 126), ainsi que la manière dont les enseignants eux-mêmes se réapproprient ces différents angles d’approche lorsqu’ils se réfèrent notamment aux « élèves-problèmes ». L’ethnicisation de la question scolaire que l’analyse révèle se fait, au cours des cinquante dernières années, dans un rapport emblématique et mouvant à la question sociale qui n’est pas sans lien avec un contexte économique en mutation et l’avènement d’un nouveau paysage commun, structuré par un modèle éducatif global, véhiculé par des instances européennes et internationales (Conseil de l’Europe, Unesco…).
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