Project

Back to overview

PASOR: Personnes âgées, soignants, robots: repenser la place du corps vulnérable dans le domaine du soin gériatrique

English title Older persons, carers, robots: reconsidering the place of the vulnerable body in the field of geriatric care
Applicant Eggert Nadja
Number 204378
Funding scheme Project funding
Research institution Centre interdisc. de recherche en éthique ISSR FTSR
Institution of higher education University of Lausanne - LA
Main discipline Philosophy
Start/End 01.05.2022 - 30.04.2025
Approved amount 390'490.00
Show all

All Disciplines (2)

Discipline
Philosophy
Geriatrics

Keywords (10)

gérontechnologies; éthique et philosophie du soin; Soignant; vulnérabilité; Personne âgée; corps; (inter-) dépendance; éthique du care; phénoménologie; intersubjectivité

Lay Summary (French)

Lead
En Suisse, le vieillissement accéléré de la population, de même que l’accroissement des maladies chroniques (polymorbidité), posent à la fois de nouveaux défis et de nouvelles difficultés à la société et au monde médical actuels. Dans ce contexte, l’apparition récente des nouvelles technologies, en particulier de la robotique, réinterroge le socle anthropologique et éthique qui a été pensé ces quarante dernières années.
Lay summary
L’objectif principal du projet PASOR est de repenser la place du corps humain dans le domaine du soin en gériatrie, en particulier dans les établissements médico-sociaux (EMS) ; les besoins de la recherche se situant, d’après nous, dans la nécessité d’une réflexion philosophique et anthropologique, mais aussi éthique, sur la place ou la présence des corps humains (et/ou non-humains) en gériatrie.
Au niveau anthropologique, PASOR cherchera à penser le sens du corps propre et de l'intercorporéité dans un espace de soin tel qu'un EMS. 
Au niveau éthique, PASOR cherchera à déterminer les conséquences éthiques impliquées dans une réflexion sur la place du corps dans l’espace « éthique et pratique du soin », c’est-à-dire, penser la bienfaisance des gestes soignants et les penser sous la catégorie de la corporéité.
Au niveau de la société, PASOR cherchera à poser, au-delà des débats technophobes ou technophiles, des questions fondamentales de société : quel espace voulons-nous donner aux personnes âgées, à la technologie et au personnel soignant ?
Pour ce faire, nous allons chercher à déterminer (1) la place du corps propre chez la personne âgée dépendante et le personne soignant (médical et infirmier), (2) la valeur de l’intercorporéité ou de l’intersubjectivité (entre soignant·e-soigné·e) dans l’espace soin, (3) la possibilité et la bienfaisance d’un espace partagé avec des « corps » robots. La méthodologie utilisée, suivant la démarche en sciences humaines, est fondamentalement théorique et consiste à travailler la revue de littérature en phénoménologie, éthique du care, philosophie du soin, éthique de la vulnérabilité et comptes-rendus cliniques. Pour être en accord avec la méthode phénoménologique, ainsi que la teneur pratique du sujet que nous abordons, nous prêterons une attention particulière à l’expérience vécue des différent·e·s actrices et acteurs du domaine du soin gériatrique.
Direct link to Lay Summary Last update: 26.04.2022

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Project partner

Abstract

En Suisse, le vieillissement accéléré de la population, de même que l’accroissement des maladies chroniques (polymorbidité), posent à la fois de nouveaux défis et de nouvelles difficultés à la société et au monde médical actuels. En effet, comment garantir, tant au niveau de l’infrastructure que des moyens thérapeutiques mis en place (cure), les aspects techniques et pragmatiques de ce nouveau panorama social et, en même temps, le respect des conditions éthiques du « prendre soin » (care) ? Cet équilibre bien fragile, entre des moyens techniques à développer et des attitudes humaines à cultiver au sein d’un contexte clinique, a souvent été mis à mal au court de l’histoire. De là, l’importance des réflexions éthiques pour réfléchir voire encadrer, délimiter et diriger l’action médicale, mais surtout pour mettre en valeur l’irréductibilité de la personne humaine. La fin du XXe siècle (début des années 80) a donc vu émerger de nouveaux courants en philosophie, en anthropologie et en éthique qui ont en commun d’avoir tenté de penser le soin au-delà de sa dimension purement technique. Si nous songeons à l’éthique du care dans le monde anglophone, à l’éthique de la vulnérabilité ou encore à la philosophie du soin en francophonie, nous devons reconnaître un effort commun pour penser le soin dans sa dimension la plus humaine, la plus relationnelle (care). Dans ce contexte, la réflexion autour de la personne très âgée (oldest old), dépendante et vulnérable, a rencontré une place non négligeable. Or l’apparition récente des nouvelles technologies, en particulier de la robotique dans l’espace soin en gériatrie, réinterroge le socle anthropologique et éthique qui a été pensé ces quarante dernières années. Car s’il y a réellement une urgence, comme l’a fait remarquer l’Observatoire suisse de la santé (Monod-Zorzi, et al, 2017), de développer des mesures concrètes permettant de faire face de manière efficiente aux conséquences du vieillissement de la population, le type de moyens proposés pose de nombreuses questions. L’objectif principal de notre projet sera dès lors celui de repenser la place du corps humain, depuis la perspective de l’expérience vécue, dans le domaine du soin en gériatrie, en particulier dans le milieu hospitalier gériatrique ; les besoins de la recherche se situant, d’après nous, dans la nécessité d’une réflexion philosophique et anthropologique, mais aussi éthique, sur la place ou la présence des corps humains (et/ou non-humains) en gériatrie. Au niveau éthique, il s’agira également de déterminer les conséquences éthiques co-impliquées dans une réflexion sur la place du corps dans l’espace « éthique et pratique du soin », c’est-à-dire, penser la bienfaisance des gestes soignants et les penser sous cette catégorie de la corporéité. Enfin, au niveau de la société, nous chercherons à poser, au-delà des débats technophobes ou technophiles, des questions fondamentales de société : quel espace voulons-nous donner à nos personnes âgées, à la technologie et au personnel soignant ? Pour ce faire, nous chercherons à déterminer (1) la place du corps propre chez la personne âgée dépendante et chez le soignant (médecin, infirmier, aides-soignants), (2) la valeur de l’intercorporéité ou de l’intersubjectivité (entre soignant-soigné) dans l’espace soin, (3) la possibilité et la bienfaisance d’un espace partagé avec des « corps » robots. La question du corps est l'une des questions centrales de notre projet. La méthodologie utilisée, suivant la démarche en sciences humaines, sera fondamentalement théorique et consistera à travailler la revue de littérature en phénoménologie, éthique du care, philosophie du soin, éthique de la vulnérabilité et comptes-rendus cliniques. Pour être en accord avec la méthode phénoménologique, ainsi que la teneur pratique du sujet que nous abordons, nous prêterons une attention particulière à l’expérience vécue des différent·e·s actrices et acteurs du milieu hospitalier gériatrique. Notre projet vise ainsi à faire avancer la recherche en sciences humaines sur la place du corps chez la personne humaine dans le contexte du soin gériatrique. Nous visons également, au travers de notre démarche anthropologique et éthique, à contribuer à la recherche dans le domaine de la médecine et des soins infirmiers, sur la place du corps vécu chez le ou la patient·e (personne âgée) et chez les soignant·e·s et, dans le domaine clinique, à la mise en place de bonnes pratiques (gestes, attitudes, valeurs). Nous visons ainsi un impact pluri et interdisciplinaire. Enfin, nous voulons apporter notre contribution en tant que philosophes-éthicien·e·s à la recherche sur le vieillissement dans le cadre de la « Décennie pour le vieillissement en bonne santé » lancée par les Nations Unies et qui a débuté en 2021.
-