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La Croix face à l’Etoile rouge : humanitaire et communisme au 20e siècle

English title The Red Cross Facing the Red Star: Humanitarianism and Communism in the 20th Century
Applicant Fayet Jean-François
Number 200607
Funding scheme Project funding
Research institution Institut d'histoire moderne et contemporaine Université de Fribourg
Institution of higher education University of Fribourg - FR
Main discipline General history (without pre-and early history)
Start/End 01.08.2021 - 31.07.2025
Approved amount 734'274.00
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All Disciplines (2)

Discipline
General history (without pre-and early history)
Political science

Keywords (7)

Révolution; Guerre froide globale; Humanitaire; Libération nationale; Croix-Rouge; Guerre civile; Communisme

Lay Summary (French)

Lead
Tout au long du 20e siècle, le CICR, les Croix-Rouge nationales et la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge ont entretenu avec les mouvements et régimes communistes une relations complexe faite de confrontations, de défis et d’opportunités (souvent frustrées). Les humanitaires ont ainsi été confrontés à des problèmes de catégorisation des conflits, empêchant la désignation des responsables de l’application des règles de la guerre et de définition du statut des soldats capturés, qui en fonction du point de vue des belligérants étaient considérés comme des détenus civils, des criminels ou des combattants.Ces questions furent au centre du travail de codification du Droit humanitaire international d’après-guerre, et de la révision des Conventions de 1949 par les protocoles additionnels de 1977, afin de coller aux réalités de la décolonisation. Elles participent aujourd’hui d’une réflexion sur les dimensions idéologiques de la compassion humanitaire.
Lay summary

Objectifs de la recherche :

L’objectif du projet consiste à combler un vide historiographique en étudiant l’impact du communisme sur les normes et pratiques de la Croix-Rouge à partir des archives des Sociétés nationale de la Croix-Rouge (SNCR), de la Fédération des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que du Comité international de la Croix-Rouge. La périodisation du projet (1917-1980) procède d’une histoire humanitaire de la Guerre froide qui trouve ses origines dans les opérations d’aide à la Russie consécutive à la guerre civile et sa limite supérieure dans les conditions d’accès aux archives (40 ans s’agissant du CICR).

Le projet se décline en quatre Axes. Le 1er est consacré à une histoire humanitaire de la Guerre civile russe dans sa double dimension nationale et transnationale. Le 2e porte sur l’histoire des sociétés nationales est- et ouest-allemandes dans un contexte de Guerre froide globale. L’histoire des interventions humanitaires lors des guerres de la péninsule indochinoise constitue le 3e axe du projet. Enfin, les guerres de libération nationale dans les colonies lusophones forment un 4e champ privilégié pour l’étude de la confrontation des humanitaires au communisme. 

Contexte scientifique et social :

En dépit de l’ouverture des archives des pays communistes d’Europe, d’Asie et d’Afrique, le communisme reste un impensé de l’historiographie de l’humanitaire. Il existe certes quelques études portant sur les relations du CICR avec des pays communistes, mais ces travaux partagent le défaut d’un trop rare usage des Archives des Sociétés nationales et de la Ligue. 

Direct link to Lay Summary Last update: 29.06.2021

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Project partner

Abstract

Tout au long du 20e siècle, le CICR, les Croix-Rouge nationales et la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge ont entretenu avec les mouvements et régimes communistes une relations complexe faite de confrontations, de défis et d’opportunités (souvent frustrées). Reflet du monde qu’il entend civiliser, l’humanitaire est porteur de normes et de pratiques que le communisme - en tant qu’idéologie, mouvement politique et régime - ne cessa de remettre en cause. Phénomène à la fois national et transnational, les luttes révolutionnaires favorisèrent en effet l’émergence de nouveaux types de conflits armés, de nouveaux types d’acteurs et de victimes. Les humanitaires ont ainsi été confrontés à des problèmes de catégorisation des conflits, empêchant la désignation des responsables de l’application des règles de la guerre et de définition du statut des soldats capturés, qui en fonction du point de vue des belligérants étaient considérés comme des détenus civils, des criminels ou des combattants. Ces questions furent au centre du travail de codification du Droit humanitaire international d’après-guerre, et de la révision des Conventions de 1949 par les protocoles additionnels de 1977, afin de coller aux réalités de la décolonisation. Elles participent aujourd’hui d’une réflexion sur les dimensions idéologiques de la compassion humanitaire. En dépit de l’ouverture des archives des pays communistes d’Europe, d’Asie et d’Afrique, le communisme reste un impensé de l’historiographie de l’humanitaire. Il existe certes quelques études portant sur les relations du CICR avec des pays communistes, mais ces travaux partagent le défaut d’un trop rare usage des Archives des Sociétés nationales et de la Ligue. L’objectif du projet consiste ainsi à combler un vide historiographique en étudiant l’impact du communisme sur les normes et pratiques de la Croix-Rouge en croisant les niveaux d’archives. Le projet se décline en quatre Axes. Le 1er, réalisé par le requérant, consiste en la rédaction d’une histoire « humanitaire » de la Guerre civile russe dans sa double dimension nationale et transnationale. Prototype des guerres civiles internationales, elle fut pour l’ensemble du Mouvement Croix-Rouge un dramatique laboratoire de l’action humanitaire moderne en termes de pratiques et de droit. Le 2e axe, qui prendra la forme d’une thèse, est consacré à l’aide humanitaire dans un contexte de Guerre froide globale. Présenté à partir du cas des deux Allemagnes, il étudiera l’alignement des deux Croix-Rouge allemandes sur leur régime, leur réinsertion internationale dans les réseaux de la diplomatie humanitaire, leur rôle dans les tensions interallemandes et, enfin, la projection des Croix-Rouge allemandes dans les espaces périphériques. L’histoire des interventions humanitaires lors des guerres de la péninsule indochinoise constitue le 3e axe du projet. La polarisation politique qui structure l’espace indochinois gagne aussi les organisations humanitaires, qui sont confrontées à des tensions entre les principes de neutralité et l’alignement imposé par leur régime. Comme lors de la guerre de Corée, les acteurs Croix-Rouge font face à des problèmes de catégorisation du conflit et rencontrent des obstacles dans la mise en application du droit international humanitaire (DIH) dans un contexte de tensions internes au Mouvement sur la question de la division du travail humanitaire. Les guerres de libération nationale forme un 4e un champ privilégié pour l’étude de la confrontation des humanitaires au communisme. Consacrée aux relations entretenues par la Croix-Rouge internationale avec les mouvements de libération nationale d’Afrique portugaise, la recherche réalisée par la chercheuse senior questionnera l’impact de l’idéologie marxiste de ces mouvements politiques armés sur la protection des prisonniers, l’assistance médicale et matérielle, ainsi que leur éventuelle inclusion au sein du Mouvement de la Croix-Rouge.Afin de couvrir l’immensité du champ de recherche, l’équipe, composée d’une chercheuse senior et de deux doctorant.e.s, travaillera avec des spécialistes des zones aréales concernées et des expert.e.s reconnu.e.s de l’Histoire humanitaire.
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