Project

Back to overview

Les miroirs du magistrat. Pratiques et représentations du Bon Gouvernement dans quatre cités protestantes aux XVIe-XVIIe siècles (Berne, Nuremberg, Ulm, Zurich)

Applicant Flückiger Fabrice
Number 199179
Funding scheme Return CH Postdoc.Mobility
Research institution
Institution of higher education University of Berne - BE
Main discipline General history (without pre-and early history)
Start/End 01.04.2021 - 31.03.2022
Approved amount 124'612.00
Show all

All Disciplines (2)

Discipline
General history (without pre-and early history)
Swiss history

Keywords (13)

Zurich; Berne; bien commun; magistrat; bon gouvernement; Nuremberg; décision collective; vertus civiques; Ulm; conseil de ville; républicanisme; pratiques; représentations

Lay Summary (French)

Lead
Le projet "Les miroirs du magistrat" étudie les pratiques et les représentations qui rechargent en permanence l'idéal du gouvernement collectif dans les cités autonomes du Saint-Empire et de l'Ancienne Confédération helvétique et qui confèrent leur légitimité aux conseils composés de citoyens élus par leurs pairs et dont les membres se pensent comme les serviteurs du Bien commun.
Lay summary

L'enquête porte sur les villes de Berne, Nuremberg, Ulm et Zurich, quatre cités protestantes qui, aux XVIe-XVIIe siècles, sont gouvernées par des instances collectives, en accord avec la conviction que le "gouvernement de plusieurs" est davantage profitable au Bien commun que le règne d'un seul. Elle s'intéresse aux pratiques (rites, procédures, cérémonies) mises en œuvre pour faire vivre l’idéal du gouvernement collectif ainsi qu'aux représentations (peintures, sculptures, chroniques) par lesquelles les acteurs se mettent en scène. L'analyse de ces éléments vise à montrer que la fiction politique de la communauté civique unie et gouvernée par un bon magistrat se nourrit d’opérations symboliques rythmant la vie municipale et façonnant les espaces urbains. L’approche choisie relève à la fois de l’histoire socioculturelle des pratiques politiques municipales et de l’histoire des transformations engendrées par le conflit confessionnel, car l’adoption des idées réformées modifie profondément rites et représentations visant à asseoir la légitimité du magistrat.
L'enquête veut contribuer à une histoire des systèmes politiques de la première modernité qui réfute autant les raccourcis hâtifs idéalisant les sociétés anciennes comme seules véritablement démocratiques que les jugements réduisant les cités-républiques à des systèmes oligarchiques dévoyés. Revenir sur les pratiques et les représentations liées à l’idéal républicain des XVIe-XVIIe siècles permet de corriger le récit unilatéral d’une histoire de la modernité politique portée par le seul avènement des États dirigés par un monarque et invite aussi à interroger la signification des notions de "Bien commun", de "citoyenneté" ou de "communauté civique" au moment où la méfiance envers le modèle de la démocratie représentative en Europe se fait de plus en plus sensible.

Direct link to Lay Summary Last update: 03.03.2021

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Publications

Publication
Le Glaive de Justice et les Tables de Moïse. Réflexions sur la grammaire visuelle d’une ville réformée au XVIe siècle
Flückiger Fabrice (2021), Le Glaive de Justice et les Tables de Moïse. Réflexions sur la grammaire visuelle d’une ville réformée au XVIe siècle, in La visibilité du religieux dans l’espace urbain européen (XIVe-XVIIIe siècles), OrléansPUR, Rennes.
Le ballet des vertus. Trois miroirs du Prince en un livre à la cour de Heidelberg
Flückiger Fabrice, Christin Olivier, Le ballet des vertus. Trois miroirs du Prince en un livre à la cour de Heidelberg, in Frommel Sabine (ed.), PUPS, Paris.

Scientific events

Active participation

Title Type of contribution Title of article or contribution Date Place Persons involved
(Ab)jurer sa parole. Promettre la guerre et s’engager pour la paix pendant les crises de l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle) Talk given at a conference Promettre la paix et faire cité. Le "Schwörtag" à Ulm, espace de parole performatif (1530-1618) 17.02.2022 Genève, Switzerland Flückiger Fabrice;
Fifteenth Workshop on Early Modern German History Talk given at a conference Dance of the Rulers. Patrician Distinction and Good Government in 16th-Century Nuremberg 07.05.2021 Londres, Great Britain and Northern Ireland Flückiger Fabrice;


Communication with the public

Communication Title Media Place Year
New media (web, blogs, podcasts, news feeds etc.) Danse patricienne et harmonie civique Les miroirs du magistrat - Carnet Hypothèses.org International 2021

Associated projects

Number Title Start Funding scheme
183806 De republica. Pratiques et représentations du Bon Gouvernement dans les cités du Saint-Empire et de l'Ancienne Confédération helvétique 01.02.2019 Postdoc.Mobility

Abstract

Dans la salle consacrée à l’époque moderne du Musée suisse d’histoire, un objet fascinant dévoile la structure du gouvernement zurichois en 1657. Au moyen de 161 disques mobiles disposés en cercles concentriques énumérant les noms des conseillers et officiers de la ville, le "Immerwährender Regimentsspiegel" réalisé par Johann Schwyzer révèle le caractère harmonieux des institutions municipales zurichoises, dont la légitimité naît du principe du "gouvernement de plusieurs", pour reprendre une expression des traités de l’époque moderne. Le "Regimentsspiegel" transpose en image cet ethos politique que Josias Simmler avait théorisé pour les territoires helvétiques dans son "De Republica Helvetiorum libri duo" (1576), et que nombre de penseurs tels que Paul Busius ou Christian Liebenthal, puisant parfois dans des traditions aussi anciennes que les textes de Marsile de Padoue, ont repris à leur compte : une vision du Bon Gouvernement postulant que la meilleure façon de gérer la "res publica" est de confier le pouvoir à une instance collective élue dont les membres se vouent au service de la communauté.Au XVIe siècle, cet idéal reste vivace dans les cités-républiques, notamment dans le Sud de l’Allemagne et l’Ancienne Confédération helvétique. À Berne, Nuremberg, Ulm et Zurich - les quatre villes retenues pour cette étude -, le pouvoir est aux mains d’une aristocratie de "meliores", ces bourgeois et notables qui se targuent d’être les plus vertueux et les plus compétents des citoyens, seuls à même d’endosser la lourde charge de présider aux destinées de leur cité. Le défi pour ces hommes consiste à démontrer que seule la forme collective du gouvernement garantit la protection du Bien commun et qu’elle n’est en aucun cas, comme l’affirment ses détracteurs, ferment de discorde et de chaos. Faire vivre l’idéal du "gouvernement de plusieurs" s’avère particulièrement important pour le magistrat dans les cités qui jouissent d’une large autonomie en raison de leur statut de ville immédiate d’Empire ou de leur appartenance à l'Ancienne Confédération helvétique. Les conseils de ces villes soulignent qu’ils tirent leur légitimité de privilèges bien établis, de leur capacité à préserver les libertés de la cité et de leur souci d’assurer la concorde et l’unité. De plus, la préférence monarchique affichée par une majorité de penseurs politiques qui, depuis Jean Bodin, voient dans le règne du prince la seule garantie d’un gouvernement harmonieux et apaisé, oblige alors les cités à redoubler d’efforts pour défendre la légitimité du modèle collectif.Pour comprendre comment se construit la fiction politique d’un corps civique irréductible à la somme de ses parties et dont la prospérité et la pérennité sont assurées par le dévouement au Bien commun d’un magistrat vertueux, l'enquête s’inscrit dans une lignée de travaux récents qui s’intéressent moins aux théories politiques qu’à la dynamique des pratiques mises en œuvre pour faire vivre l’idéal du "gouvernement de plusieurs" et aux représentations par lesquelles les acteurs du magistrat se mettent en scène. L’approche choisie relève à la fois de l’histoire socioculturelle des pratiques politiques urbaines et de l’histoire des transformations engendrées par le conflit confessionnel dans la vie de la cité, car l’adoption des idées réformées modifie profondément rites et représentations visant à asseoir la légitimité du magistrat.
-