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Promouvoir l'Etat social : savoirs statistique et éducation poulaire à Zurich. Le cas du Musée social suisse, 1913-1941

English title Promoting the Social State. Statistical Knowledge and Popular Education in Zurich. The Case of the Swiss Social Museum, 1913-1941
Applicant Deblue Claire-Lise
Number 199178
Funding scheme Return CH Postdoc.Mobility
Research institution
Institution of higher education University of Zurich - ZH
Main discipline Swiss history
Start/End 01.05.2021 - 30.04.2022
Approved amount 114'183.00
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All Disciplines (2)

Discipline
Swiss history
Visual arts and Art history

Keywords (6)

Musées sociaux; Savoirs statistiques; Histoire et épistémologie des sciences sociales; Education populaire; Histoire sociale; Histoire des médias

Lay Summary (French)

Lead
Cette recherche est la première à s’intéresser à l’histoire du Schweizerisches Sozialmuseum (Musée social suisse, MSS). Fondé en 1913 à Zurich, le MSS va occuper une place singulière dans le paysage institutionnel de la politique sociale pendant près de trente ans. Ni centre de documentation ni collection d’instruments, le MSS est d’abord un lieu d’expérimentation, où s’élaborent de nouvelles réflexions sur les modes de production et de dissémination des savoirs sociaux. Il est aussi, comme le montre ce projet, un lieu où s’affrontent différentes conceptions de l’État social et où se négocient ses définitions.
Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche

L’histoire du MSS offre un point de départ idéal pour explorer les conditions de dissémination des savoirs sociaux dans la sphère publique. Les axes de recherche de ce projet s’articulent autour de quatre questions principales : 1) Comment l’idée d’« État social » a-t-elle été véhiculée et quels furent les canaux privilégiés par ses promoteurs pour en diffuser les principes ? 2) Quels liens le MSS entretenait-il avec d’autres institutions similaires à l’international et quel fut le rôle de certaines institutions propres à l’espace statistique suisse et zurichois dans l’élaboration de l’image publique des mesures de protection sociale ? 3) Dans quelle mesure le MSS a-t-il contribué à la popularisation des savoirs statistiques auprès des ouvrier·ère·s et de leurs organisations représentatives ?

Ce projet montre que, loin de se limiter à illustrer les politiques sociales existantes, le MSS a contribué à façonner les représentations successives de l’État social et à en objectiver les principes.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Le MSS offre de stimulantes perspectives pour penser les politiques sociales dans leurs relations aux savoirs qui les ont façonnées, et pour analyser la manière dont elles furent mises en forme et médiatisées. Au-delà d’une histoire purement monographique et institutionnelle, cette recherche situe son objet à la croisée de plusieurs domaines disciplinaires, rarement considérés de manière articulée : l’histoire des politiques sociales et de la statistique, l’histoire et l’épistémologie des savoirs, l’histoire visuelle et des médias enfin.

Direct link to Lay Summary Last update: 13.04.2021

Responsible applicant and co-applicants

Publications

Publication
Exposer le social : musées et connaissances « utiles » au début du XXe siècle
Debluë Claire-Lise (2022), Exposer le social : musées et connaissances « utiles » au début du XXe siècle, in Culture et Musées, 39, 59-84.
David Eugster, Manipuliert! Die Schweizer Werbebranche kämpft um ihren Ruf, 1900–1989, Zurich: Chronos, 2018, 319 p
Debluë Claire-Lise, Schmidt Alexandra (2022), David Eugster, Manipuliert! Die Schweizer Werbebranche kämpft um ihren Ruf, 1900–1989, Zurich: Chronos, 2018, 319 p, 72(1), 171-172.
Des galeries du commerce à la campagne de Beaulieu : itinéraire d’une foire commerciale
Debluë Claire-Lise (2021), Des galeries du commerce à la campagne de Beaulieu : itinéraire d’une foire commerciale, in Ripoll David, Prod'hom Gilles (ed.), Société d'histoire de l'art en Suisse, Berne, 36-53.
“Above All Matter of Facts”: Material Knowledge, Exhibition Culture and the Making of Economics
Cras Sophie, Debluë Claire-Lise, “Above All Matter of Facts”: Material Knowledge, Exhibition Culture and the Making of Economics, in Williams Hajra, Guy Kate, Wintle Claire (ed.), Routledge, Londres.
Le savoir en mouvement. Images, statistiques et documents dans les musées sociaux autour de la Première Guerre mondiale
DebluëClaire-Lise, Le savoir en mouvement. Images, statistiques et documents dans les musées sociaux autour de la Première Guerre mondiale, in Tesnière Valérie, Joschke Christian (ed.), Editions des Presses de Paris Nanterre, Paris.

Collaboration

Group / person Country
Types of collaboration
Université de Lausanne, Institut d'études politiques Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication
Université de Genève, Département d'histoire générale Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication
Université de Bâle, eikones - Zentrum für die Theorie und Geschichte des Bildes Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication
Université de Fribourg, Département d'histoire Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication
Université de Lausanne, section d'histoire Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
Université Paris I, Centre de recherche HiCSA – histoire culturelle et sociale des arts France (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
- Publication

Scientific events

Abstract

« Épreuve de vérité pour l’État providence » : c’est ainsi que certains médias ont qualifié le défi qui attendait les gouvernements touchés par l’épidémie de Covid-19 (Le Temps, 13 mai 2020). Comment « absorber le choc » d’une crise mondiale et comment subvenir aux besoins des catégories les plus vulnérables ? Ces quelques questions qui font aujourd’hui un retour en force dans le débat public trouvent leur origine il y a près de cent cinquante ans, au lendemain de la Grande Dépression qui frappa les États occidentaux. Si l’on connaît mieux aujourd’hui les mécanismes complexes qui présidèrent à la lente et contradictoire élaboration de la protection sociale en Suisse, ainsi que le rôle crucial des sciences sociales et de leurs experts dans ce processus (Studer, 1998 ; Lengwiler, 2002), rares sont en revanche les travaux qui se sont intéressés à la manière dont l’idée d’« État social » a été véhiculée dans la sphère publique et à la manière dont elle fut successivement formulée, diffusée et appropriée. L’histoire du Schweizerisches Sozialmuseum (ci-dessous : Musée social suisse ou MSS) offre une étude de cas particulièrement éclairante pour saisir ce phénomène. Entre 1913 et 1941, le musée occupa une place singulière dans le paysage institutionnel de la politique sociale. Ni centre de documentation ni collection d’instruments, le MSS fut d’abord un lieu d’expérimentation, où s’élaborèrent de nouvelles réflexions sur les modes de production et de dissémination des savoirs sociaux. Il fut aussi, comme le montre ce projet, un lieu où s’affrontèrent différentes conceptions de l’État social et où se négocièrent ses définitions. Aucune étude historique n’a été consacrée au MSS à ce jour. Intitulé Promouvoir l’État social. Savoirs statistiques et éducation populaire à Zurich. Le cas du Musée social suisse, 1913-1941, ce projet pour une phase de retour en Suisse de 12 mois à l’Université de Zurich (UZH) lui sera largement consacré. Au-delà d’une histoire purement monographique, cette recherche situera son objet à la croisée de plusieurs champs disciplinaires, rarement considérés de manière articulée : l’histoire des politiques sociales et de la statistique, l’histoire et l’épistémologie des savoirs, l’histoire visuelle et des médias enfin. Car loin de se limiter à illustrer les politiques sociales existantes, le MSS a contribué à façonner les représentations successives de l’État social et à en objectiver les principes. Ainsi, l’hypothèse principale de cette recherche est que le MSS fut, durant plusieurs années, un lieu essentiel pour la production et la dissémination de « savoirs utiles » (Rauch, 2001) mobilisés dans l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques sociales (statistique sociale, démographie, indice des prix à la consommation, etc.). D’un point de vue historiographique, ce projet poursuit trois objectifs : a) contribuer à une histoire transnationale des musées sociaux en s’intéressant à la place singulière du MSS au sein de la « nébuleuse réformatrice » (Topalov, 1999) européenne, tout en contribuant à une histoire sociale et culturelle de la statistique en Suisse ; b) apporter une contribution originale à l’historiographie de la protection sociale à travers le prisme d’une institution (le MSS) aux marges de l’action étatique ; c) développer une réflexion épistémologique sur les conditions de formation d’un « imaginaire de l’État social » reposant notamment sur le recours à la statistique et à ses représentations visuelles. L’articulation entre l’histoire économique et sociale (analyse des institutions, des acteurs et des réseaux), l’histoire des médias (analyse des dispositifs muséographiques) et l’histoire de la statistique (analyse de la mise en nombre de la société) apporte une plus-value heuristique qui constitue l’originalité de mon approche.Ce projet s’inscrit dans mes recherches actuelles sur l’histoire de la visualisation des données, tout en opérant un prolongement vers les domaines de l’histoire économique et sociale. À ce stade de ma carrière, il me permettra de formaliser l’approche théorique qui m’est propre, à la croisée des différentes disciplines qui ont nourri mes recherches jusqu’à présent. Novateur du point de vue de son objet, comme des méthodes mobilisées, il constitue une opportunité de développer mon réseau en Suisse alémanique, d’établir de nouvelles collaborations et de renforcer mes perspectives de carrière en Suisse et à l’international.
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