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Probabilité, sentiment, marché: Savoirs littéraires et médiatiques de l'économie dans la France des Lumières

English title Probability, Sentiment, Market: Literary and Media Treatment of the Economy during the Enlightenment in France
Applicant Waelti Slaven
Number 167727
Funding scheme Return CH Advanced Postdoc.Mobility
Research institution Institut für Französische Sprach- und Literaturwissenschaft Universität Basel
Institution of higher education University of Basel - BS
Main discipline Romance languages and literature
Start/End 01.09.2017 - 31.12.2017
Approved amount 35'591.00
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All Disciplines (4)

Discipline
Romance languages and literature
General history (without pre-and early history)
Economics
Communication sciences

Keywords (4)

Media Theory; Literature; Economy; Enlightenment

Lay Summary (French)

Lead
Les historiens font remonter la naissance de la « science économique » au dernier tiers du XVIIIe siècle. Elle s’accompagne de développements considérables en mathématiques (calcul des risques), de nouvelles techniques de gouvernance (le libéralisme) ou de gestion de la population (sur des bases statistiques), ainsi que de l’émergence de nouveaux médias et de nouvelles formes littéraires.
Lay summary

Spécificité du projet. Mon travail vise à éclairer les fondements littéraires, conceptuels, discursifs et lexicaux de la pensée économique dont hériteront les siècles suivants. La spécificité du XVIIIe siècle consiste dans le fait que la littérature et l’économie ne constituent pas encore des systèmes différenciés et autonomes. Ce n’est que dans les années 1755-1775 que le terme « économiste » émerge pour désigner certains « hommes de lettres » dont les traités ne s’énoncent pas moins en recourant aux codes littéraires du « discours », du « dialogue » ou de la « lettre ». Partant de l’idée que la littérature et la théorie économique s’inscrivent dans une historicité commune et un savoir partagé, je m’intéresse alors à la manière dont, sur des modes qui leur sont propre, toutes deux répondent aux mêmes interrogations (relativité de la valeur des signes, inconstances du monde et du cœur, gestion du hasard, des risques et de la fortune).

 

Contexte. Une enquête approfondie sur les fondements de ce savoir, sur les pratiques et les discours qu’il a déterminés s’impose à une époque – la nôtre – qui doute à plusieurs titres de son système économique. Mon travail poursuit en cela un double objectif : a) dé-simplifier les débats pour ou contre le capitalisme au profit d’une meilleure compréhension de la complexité historique inhérente aux processus qui, depuis le XVIIIe siècle, ont transformé nos pratiques culturelles (esthétiques et économiques) ; b) engager des lectures nouvelles de textes littéraires du XVIIIe siècle en les confrontant avec ce qu’ils comportent d’« économique » pour renouveler les enjeux de la recherche et offrir une compréhension nouvelle de la littérature des Lumières.

Direct link to Lay Summary Last update: 23.06.2016

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Publications

Publication
Propriété privée, écriture, argent et économies sexuelles chez Locke et Lahontan
WaeltiSlaven (2019), Propriété privée, écriture, argent et économies sexuelles chez Locke et Lahontan, in Inga Baumann, Waelti Slaven (ed.), Lit Verlag, Berlin, 170-188.
Vom Liebespfand zur Singlebörse: Über die ökonomische Rhetorik der Liebe
Waelti Slaven (ed.) (2019), Vom Liebespfand zur Singlebörse: Über die ökonomische Rhetorik der Liebe, Lit Verlag, Berlin.
Finanz
Slaven Waelti, Finanz, in Wolfgang Burkhardt Joseph Vogl (ed.), De Gruyter, Berlin, ?.
Wunsch/Begehren
Slaven Waelti, Wunsch/Begehren, in Wolfgang Burkhardt Joseph Vogl (ed.), De Guryter, Berlin, ?.

Abstract

Le projet aborde la question des liens entre littérature et économie entre 1680 et 1789 en France. La spécificité de cette période consiste dans le fait que la littérature et l’économie n’y constituent pas encore des systèmes différenciés et autonomes. Ce n’est que dans les années 1755-1775 que le terme « économiste » émerge pour désigner certains « hommes de lettres » dont les traités ne s’énoncent pas moins en recourant aux codes littéraires du « discours », du « dialogue » ou de la « lettre ». Partant de l’idée que la littérature et la théorie économique s’inscrivent dans une historicité commune et un savoir partagé, ce projet traite de la manière dont des romans, des pièces de théâtre, des contes utopiques ou des essais de philosophie morale entrent dans des rapports complexes avec les discours et les pratiques économiques qu’ils contribuent à modéliser, à prolonger ou, le cas échéant, à contester. Fondé sur des micro-lectures et des analyses d’œuvres littéraires et de traités économiques des Lumières, ce travail recourt également aux méthodes issues de la science allemande des médias (F. Kittler), de la poétologie des savoirs (J. Vogl) et de l’histoire anglo-américaine des sciences (I. Hacking, L. Daston). L’enjeu scientifique consiste à : 1) dé-simplifier les débats pour ou contre le capitalisme au profit d’une meilleure compréhension de la complexité historique inhérente aux processus qui, depuis le XVIIIe siècle, ont transformé nos pratiques culturelles (esthétiques et économiques) ; 2) engager des lectures nouvelles de textes littéraires du XVIIIe siècle en les confrontant avec ce qu’ils comportent d’« économique » pour renouveler les approches de la recherche et offrir une compréhension nouvelle de la littérature des Lumières.
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