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A qui donner le pouvoir souverain ? Réflexions sur la relativité de la souveraineté dans les commentaires médiévaux de la "Politique" d’Aristote entre 1265 et 1340

English title To whom to give sovereign power? Reflections on the relativity of sovereignty in medieval commentaries on Aristotle's "Politics", 1265-1340
Applicant Carron Delphine
Number 142079
Funding scheme Fellowships for advanced researchers
Research institution Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Groupe d'Anthropologie historique
Institution of higher education Institution abroad - IACH
Main discipline Philosophy
Start/End 01.08.2012 - 31.07.2013
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All Disciplines (4)

Discipline
Philosophy
General history (without pre-and early history)
Legal sciences
Political science

Keywords (4)

Sovereignty; Middle Ages; Aristotle; Political Philosophy

Lay Summary (French)

Lead
Lay summary

Ce projet a pour but de mettre en lumière les premiers commentaires de la "Politique" d’Aristote, datant des années 1265-1340, produits principalement par des Maîtres de la Faculté des Arts de l’Université de Paris, et qui ont joué un rôle important dans le développement des idées politiques en Occident, particulièrement quant à la question de la souveraineté et de son caractère relatif. 

Une des questions directrices de la philosophie politique, déjà présente chez Aristote, peut en effet s’exprimer en ces termes : « Qui sera le pouvoir souverain de la cité ? ». Interroger philosophiquement la politique prend ainsi durablement la forme d’une tentative d’élaboration d’une théorie de la souveraineté, entendue comme réflexion sur l’attribution du pouvoir suprême, avec une attention portée particulièrement sur les notions d’égalité et d’inégalité, de juste et d’injuste. 

Très partiellement connus, peu étudiés et pour la plupart inédits, ces commentaires, attachés à de grands noms tels Albert le Grand et Walter Burley, ou à des personnalités moins connues telles Pierre d’Auvergne et Guido Vernani, ou tout simplement anonymes, serviront pourtant de jalons aux réflexions postérieures. Composés durant des années de profonde crise politique – conflits entre le Pape et l’Empereur, entre le Pape et le Roi de France, superposition des juridictions et des pouvoirs –, ces textes s’interrogent ainsi : "Est-il préférable qu’un seul sage, qu’un petit nombre d’homme bons ou que tout un peuple gouverne ? est-il plus important pour une cité de posséder de bonnes lois ou un bon gouvernant ? est-ce que l’histoire et la position géographique d’un groupe d’hommes peuvent avoir une influence sur leurs aptitudes politiques ?" 

Alors que d’autres traditions ou d’autres genres littéraires médiévaux ont été plus largement mis à profit pour construire l’histoire des idées politiques de l’Occident, les premiers commentaires de la "Politique" d’Aristote n’ont pas encore trouvé l’attention qu’ils méritaient. Mon projet consiste ainsi en deux parties distinctes mais complémentaires : d’une part, une mise à disposition de certaines portions de texte et questions de ces commentaires encore inédits (édition à partir des manuscrits et traduction du latin), de l’autre, une analyse philosophique de ce choix de textes, à la lumière de la question de la souveraineté, en relation avec d’autres réflexions contemporaines et postérieures plus connues de la communauté des chercheurs. 

Direct link to Lay Summary Last update: 21.02.2013

Responsible applicant and co-applicants

Publications

Publication
La République romaine comme modèle de la "felicitas civilis" chez Ptolémée de Lucques
Carron Delphine (2015), La République romaine comme modèle de la "felicitas civilis" chez Ptolémée de Lucques, in Quaestio, 15, 629-638.
"Unde dominium exordium habuit". Origine et légitimation du pouvoir chez Ptolémée de Lucques
Carron Delphine, "Unde dominium exordium habuit". Origine et légitimation du pouvoir chez Ptolémée de Lucques, in Legitimation of Political Power in Medieval Philosophy, Alcala de HenaresBrepols, Turnhout.

Collaboration

Group / person Country
Types of collaboration
Goethe-Universität, Institut für Philosophie Germany (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results

Scientific events

Active participation

Title Type of contribution Title of article or contribution Date Place Persons involved
Atelier d’anthropologie scolastique : questions disputées en histoire intellectuelle du Moyen Âge Individual talk Que le climat influe sur nos capacités politiques. Réflexions des premiers commentateurs à la "Politique" 12.06.2013 EHESS, GAS, Paris, France, France Carron Delphine;
Pleasures of Knowledge, XIII International Congress of Medieval Philosophy SIEPM Talk given at a conference La République romaine comme modèle de la "felicitas civilis" 24.08.2012 Freising, München, Allemagne, Germany Carron Delphine;


Self-organised

Title Date Place
Table ronde autour de quelques thématiques politiques toscanes, fin XIIIe-début XIVe siècle 26.04.2013 EHESS, Paris, France, France

Associated projects

Number Title Start Funding scheme
147830 A qui donner le pouvoir souverain ? Réflexions sur la relativité de la souveraineté dans les commentaires médiévaux de la "Politique" d’Aristote entre 1265 et 1340 01.08.2013 Advanced Postdoc.Mobility

Abstract

Ce projet a pour but de mettre en lumière les premiers commentaires de la "Politique" d’Aristote, datant des années 1265-1340, produits principalement par des Maîtres de la Faculté des Arts de l’Université de Paris, et qui ont joué un rôle important dans le développement des idées politiques en Occident, particulièrement quant à la question de la souveraineté et de son caractère relatif. Une des questions directrices de la philosophie politique, déjà présente chez Aristote, peut en effet s’exprimer en ces termes : « Qui sera le pouvoir souverain de la cité ? ». Interroger philosophiquement la politique prend ainsi durablement la forme d’une tentative d’élaboration d’une théorie de la souveraineté, entendue comme réflexion sur l’attribution du pouvoir suprême, avec une attention portée particulièrement sur les notions d’égalité et d’inégalité, de juste et d’injuste. Très partiellement connus, peu étudiés et pour la plupart inédits, ces commentaires, attachés à de grands noms tels Albert le Grand et Walter Burley, ou à des personnalités moins connues telles Pierre d’Auvergne et Guido Vernani, ou tout simplement anonymes, serviront pourtant de jalons aux réflexions postérieures. Composés durant des années de profonde crise politique - conflits entre le Pape et l’Empereur, entre le Pape et le Roi de France, superposition des juridictions et des pouvoirs -, ces textes s’interrogent ainsi : "Est-il préférable qu’un seul sage, qu’un petit nombre d’homme bons ou que tout un peuple gouverne ? est-il plus important pour une cité de posséder de bonnes lois ou un bon gouvernant ? est-ce que l’histoire et la position géographique d’un groupe d’hommes peuvent avoir une influence sur leurs aptitudes politiques ?" Alors que d’autres traditions ou d’autres genres littéraires médiévaux ont été plus largement mis à profit pour construire l’histoire des idées politiques de l’Occident, les premiers commentaires de la "Politique" d’Aristote n’ont pas encore trouvé l’attention qu’ils méritaient. Mon projet consiste ainsi en deux parties distinctes mais complémentaires : d’une part, une mise à disposition de certaines portions de texte et questions de ces commentaires encore inédits (édition à partir des manuscrits et traduction du latin), de l’autre, une analyse philosophique de ce choix de textes, à la lumière de la question de la souveraineté, en relation avec d’autres réflexions contemporaines et postérieures plus connues de la communauté des chercheurs.
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