Publikation

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Originalbeitrag (peer-reviewed)

Zeitschrift Revue Française des Sciences de l'information et de la communication
Volume (Issue) n(6)
Seite(n) n - n
Titel der Proceedings Revue Française des Sciences de l'information et de la communication

Abstract

Produit d’une longue histoire sociopolitique qui lui a confié, depuis le XVIIIe siècle, le rôle de garant de la démocratie moderne, l’espace public peut être appréhendé comme une organisation qui vise à constituer et maintenir l’être collectif fantomatique dont elle est le lieu d’apparition : le Public. Par rapport aux organisations institutionnelles plus classiques, cette organisation est particulière : peu articulée discursivement, elle n’est observable que de manière indirecte, notamment par la forme contraignante qu’elle impose aux énonciations. Ainsi, pour être heureuse, toute énonciation circulant dans l’espace public doit respecter la règle de l’énonciation publique : « Le Public parle au Public en public ». D’ordinaire, cette règle, et la façon dont elle régit la parole des différentes instances collectives (les organes médiatiques) et individuelles (les journalistes) qui animent l’espace public, est invisible. Elle devient en revanche particulièrement observable quand le Public est l’enjeu des prises de parole, comme ce fut le cas de la controverse dans laquelle ont été pris Le Nouvel Observateur, Dominique Strauss-Kahn et l’ouvrage Belle et Bête de Marcela Iacub en février et mars 2013. Le déploiement de cette controverse médiatique dans l’espace public français rend en effet visible l’architecture feuilletée des énonciations publiques – une architecture que cet article se propose de saisir empiriquement aussi bien que théoriquement.
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