Lead
L'épigénétique désigne à la fois un domaine de la biologie et le phénomène qu’il étudie : la modulation de l’expression des génomes par des facteurs au-dessus de (épi-) la séquence d’ADN, tels que ceux environnementaux et/ou contextuels. Notamment l’épigénétique souligne l’entremêlement des facteurs biologiques et socio-environnementaux de la santé. Prenant pour objet les études du "stress", le projet analyse le développement d’une conception "biosociale" de la santé et de la maladie au cœur des pratiques de recherche en épigénétique. Son but est de décrire les biais, les méthodes, les hypothèses et les représentations qui limitent ou au contraire favorisent la convergence des sciences biomédicales, des sciences sociales et de la recherche en santé publique vers une telle conception, par l’entremise de l’épigénétique.

Lay summary

L'épigénétique désigne à la fois un domaine de la biologie et le phénomène qu’il étudie : la modulation de l’expression des génomes par des facteurs au-dessus de (épi-) la séquence d’ADN, tels que ceux environnementaux et/ou contextuels. Notamment, l’épigénétique souligne l’entremêlement des facteurs biologiques et socio-environnementaux de la santé. L’étude de ces phénomènes "biosociaux" suscite à la fois intérêt et scepticisme du côté des sciences sociales. Marquent-ils un virage des sciences de la vie vers des conceptions écologiques et socialement imbriquées du vivant et du vécu ? Ou s'agit-il plutôt d’une nouvelle forme de réduction des conditions biosociales complexes de la condition humaine à la dynamique moléculaire des modifications chimiques de l'ADN ? Ce projet aborde précisément ces questions à la croisée des études des sciences et des techniques (STS) et des pratiques situées de la recherche en épigénétique.

Son premier volet est une ethnographie du travail quotidien des chercheurs/euses dans la production d’évidences épigénétiques des phénomènes de "stress" comme phénomène hybride : biologique, psychologique, comportemental et social. Il se concentre spécifiquement sur la manière dont les chercheurs/euses en épigénétique produisent des versions différentes de la biosocialité du "stress" dans des conditions mentales/psychologiques (par exemple, dépression, anxiété, schizophrénie) et somatiques/métaboliques (par exemple, obésité, hyperglycémie). Le second volet consiste dans la mise en place d’un groupe de recherche collaboratif (Co-LaboRG) sur les conceptions, les méthodes, les techniques et les objectifs qui pourraient faciliter la collaboration des sciences biomédicales, des sciences cliniques, de la santé publique et des sciences sociales pour le développement d’une approche intégrative de l'épigénétique. Son but est d’identifier, et si possible de pallier. les différences et les différends conceptuels et méthodologiques qui entravent les approches interdisciplinaires et transdisciplinaires des phénomènes épigénétiques.