Lead
Depuis l'élection d'Evo Morales en 2006 en tant que premier président autochtone de Bolivie, le pays a connu de profonds changements qui ont été décrits comme révolutionnaires, réformistes, ethnonationalistes et idéologiquement hybrides. Sur une période de quatre ans, ce projet utilisera une méthodologie ethnographique pour examiner comment la Bolivie est devenue un laboratoire pour de nouvelles formes de développement économique et de construction de l'État « post-néolibéral ».

Lay summary

Dès 2017, le gouvernement bolivien s'est engagé dans une stratégie ambitieuse d'industrialisation de ses importantes ressources énergétiques dans le cadre d'une politique officielle appelée " Agenda patriotique 2025 ". Dans le cadre de cette stratégie, le gouvernement bolivien a créé un nouveau ministère de l'énergie en 2017, qui comprend deux vice-ministres responsables de différents aspects du plan d'industrialisation. Le projet de recherche en cours se concentrera sur les activités sous la responsabilité du vice-ministère chargé des "technologies énergétiques avancées", qui comprend deux industries : le lithium et l'énergie nucléaire. Les chercheurs du projet effectueront 19 mois de recherche ethnographique sur une période de quatre ans (2019-2023). Ce faisant, le projet de recherche sera guidé par deux questions de recherche principales : (1) Comment les plans boliviens d'industrialisation de l'énergie (lithium et énergie nucléaire) sont-ils mis en œuvre concrètement au niveau local ; et (2) Comment l'industrialisation de l'énergie en Bolivie démontre-t-elle dans la pratique les valeurs de ce que Patriotic Agenda 2025 appelle "souveraineté productive", qui est censé être le cadre politique des plans de développement de l'État ?

Le projet produira des données ethnographiques d'une plus grande importance fondées sur des recherches portant sur la dernière période de la transformation à long terme de la Bolivie sous le régime post-2006. Les résultats concrets de la recherche permettront d'élargir la compréhension anthropologique du virage vers la politique des ressources comme forme de résistance à l'hégémonie néolibérale ; de révéler dans quelle mesure de nouvelles formes de pouvoir régional et mondial émergent, des formes qui remplacent les axes historiques Nord/Sud et transatlantiques ; de contribuer de manière significative aux débats dans le domaine interdisciplinaire encore émergent des "humanités énergétiques" ; et de renforcer la recherche existante en Suisse et en Europe, axée sur des processus et dynamiques de l’ « économisation ».