Lead
La gouvernance sécuritaire internationale, plus particulièrement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, est en train d’évoluer. Les mesures anti-terroristes comprenant interventions militaires, durcissement de la répression judiciaire contre les activités terroristes, et renforcement des frontières, sont de plus en plus considérées non seulement inefficace, mais même contre productives dans certains contextes. C’est face à ce constat que la communauté internationale s’est mises à œuvrer ces dernières cinq années à mettre en place des mesures préventives douces comme la promotion de la bonne gouvernance, l’autonomisation des jeunes et la favorisation de leurs opportunités d’emploi, et l’engagement communautaire.

Lay summary

Mon projet de recherche s’intéresse à ce virement aux mesures sécuritaires préventives en me focalisant plus particulièrement sur les programmes de réformes sécuritaires internationaux, et à la promotion de forces de police de proximité. Ma recherche comprend plusieurs sites entre Genève, Paris et Tunis. J’adopte une approche de la sociologie de la traduction, c’est à dire que j’étudie comment des protocoles d’intervention, développés dans des cadres institutionnels spécifiques, se déplacent ensuite et sont traduits dans un contexte de mise en application. J’entreprends une recherche en me basant sur des méthodes ethnographiques et des théories socio-légales critiques.

A Genève et Paris, j’étudie les communautés épistémiques d’experts de la sécurité internationale qui définissent les mesures d’interventions pour les contextes ‘à risque’ de voir proliférer une menace terroriste. Je me concentre ensuite sur le contexte de mise en application de la Tunisie pour étudier comment cette nouvelle tendance sécuritaire – dite ‘soft’ – se déploie dans un contexte local ; en l'occurrence, la collaboration entre le PNUD et le gouvernorat de Tunis pour le développement d’une police de proximité. La Tunisie est, par ailleurs, le contexte national avec le Nigéria où le PNUD a le plus de programme de prévention de violence extrémiste et de dé-radicalisation. Fin 2014, c’était également le pays qui voyait le plus de combattants partir pour lutter aux côtés de groupes armés islamistes comme Daech (Byrne 2014).

Les mesures de sécurité ‘soft’ qui sont connues sous le nom de C/PVE (Countering/Preventing Violent Extremism) annoncent de mettre la population ou les préoccupations citoyennes au centre du protocole d’intervention. Mon projet confronte cette préoccupation rhétorique au contexte de mise en application. Se faisant, il se focalisera aussi à Tunis sur les projets qui ont pour but d’engager les citoyens ou les populations marginalisées dans ce débat.

QUESTIONS DE RECHERCHE