Lead
La langue constitue aujourd’hui une dimension saillante du processus d’intégration. Il est toutefois difficile pour un adulte d’atteindre une compétence native dans le domaine de la prononciation d’une langue étrangère. Dans ce projet, nous examinons, sur la base d’un corpus de données orales, l’acquisition de la prononciation du français langue étrangère de deux populations suisses (apprenants suisses alémaniques et tessinois) et d’une population de migrants (apprenants érythréens).

Lay summary

Dans le contexte de mondialisation actuelle, les échanges entre personnes s’exprimant dans une langue étrangère sont devenus courants. La langue est ainsi aujourd’hui une dimension saillante de l’intégration. La compétence orale est en première ligne puisque c’est souvent la première à être évaluée et sa réception peut susciter des réactions pouvant aller parfois jusqu’à une discrimination sociale ou ethnique. Or, s’il est possible d’améliorer son vocabulaire ou ses constructions grammaticales par un travail régulier, il est en revanche extrêmement difficile, pour un apprenant adulte, d’atteindre une compétence (quasi-)native au niveau de la prononciation.

Dans ce projet, nous nous intéressons à l’apprentissage du système phonético-phonologique du français L2 par des apprenants adultes suisses alémaniques, tessinois et érythréens. Ce deuxième volet genevois d’IPFC cible ainsi deux populations locales ainsi qu’une population de migrants très représentée en Suisse et à Genève. Nous constituerons et transcrirons trois corpus de données orales, avec pour objectif de décrire l’interlangue phonique des populations ciblées, en nous centrant, pour les deux populations suisses, sur deux phénomènes variationnels typique du français, le schwa et la liaison, qui nous permettront d’examiner l’acquisition de la compétence sociolinguistique dans le contexte de l’enseignement en Suisse. Pour les apprenants érythréens, nous ciblerons l’acquisition du système vocalique du français.

L’ensemble de ces données permettront, à terme, de revoir certaines prédictions des modèles théoriques d’acquisition phonologique en L2 et nourriront également la réflexion dans le domaine de l’enseignement de la prononciation en français, afin de permettre un renouvellement du matériel didactique.