Lead
Depuis la première révolution industrielle, la question énergétique a joué un rôle central dans l’histoire du développement socio-économique des nations. Aujourd’hui, elle est directement liée au développement durable des espaces nationaux et transnationaux. Les politiques énergétiques mises en place par l’Union Européenne avec le plan climat-énergie (objectif 20/20/20) ont ouvert le débat sur l’utilisation des sources énergétiques « traditionnelles », telles que le pétrole, le charbon et l’eau. En effet, la production d’énergie entraine des coûts économiques et environnementaux mais aussi humains et sociaux, comme l’histoire a pu le prouver au travers les nombreuses catastrophes qui ont émaillé la course à l’énergie du XXe siècle.

Lay summary

L’objectif de la recherche est d’analyser les catastrophes qui sont survenues lors de la production effrénée d’énergie au XXe  siècle, avec une attention particulière portée à deux sources traditionnelles: le charbon et l’eau. 

Les questions principales sont les suivantes : comment produire de l’énergie, avec qui et, surtout, avec quel coût humain et économique ? La période retenue va de 1939 jusqu’à 1965, une période durant laquelle les migrants ont joué un rôle significatif en tant que main d’œuvre à faible coût employée à bâtir les infrastructures nécessaires à la production énergétique.   

L’analyse se base sur quatre catastrophes liées aux domaines de la production de charbon et de l’énergie hydroélectrique : Izourt (France, 1939), Arsa (Italie, 1940), Marcinelle (Belgique, 1956); Mattmark (Suisse, 1965). Ces cas d’étude sont tous liés par trois notions qui constituent autant de clés interprétatives à leur histoire : catastrophe, fordisme et migration. Une histoire sociale transnationale qui est analysée ici aux moyens des méthodes de l’histoire globale (global history) et, plus généralement, des instruments des sciences sociales telles que la sociologie et la science politique.