Lead
Le maintien de la concentration de sucre dans le sang (glycémie) dans des valeurs physiologiques est essentiellement assuré par l’action de l’hormone insuline sur ses principaux tissus cibles que sont le foie, les muscles squelettiques et le tissu adipeux. Toutefois, l’équilibre glycémique résulte avant tout d’un relâchement adéquat d’insuline dans le sang. Cette sécrétion dépend totalement du bon fonctionnement des cellules bêta qui se situent dans la partie endocrine du pancréas.

Lay summary

La cellule bêta est un gluco-senseur couplé à un fournisseur d’insuline, analysant en temps réel toute modification du taux de glucose dans le sang et traduisant immédiatement ces changements en ajustant la sécrétion d’insuline. Ce processus est appelé couplage métabolisme-sécrétion, impliquant une cascade d’étapes cellulaires rejoignant une voie de signalisation commune à de nombreuses cellules sécrétrice, soit le signal calcium. Cependant, le calcium seul est insuffisant à expliquer la sécrétion soutenue d’insuline. Il existe donc d’autres signaux cellulaires, dérivés du glucose, participant avec le calcium à la libération de l’insuline. Notre laboratoire a identifié le glutamate, molécule produite dans les mitochondries, comme signal intracellulaire participant à la stimulation de la sécrétion d’insuline. Dans les mitochondries, le glutamate est produit grâce à l’enzyme glutamate déshydrogénase (GDH) dont le gène GLUD1 peut contenir des mutations altérant le bon fonctionnement des tissus métaboliquement actifs. En particulier, il semble que la cellule bêta-pancréatique, le foie, ou encore le système nerveux central soient particulièrement sensibles à ces mutations. Les travaux en cours tentent de mieux comprendre le rôle du glutamate dans différents tissus, comment cette molécule participe à l’homéostasie énergétique de l’organisme dans son entier, et quelles sont les conséquences relatives de mutations du gène GLUD1 sur les différents organes régulant le métabolisme.