Lead
Les mécanismes de sélection entre un verbe et son complément, que celui-ci soit nominal (dire [un secret]) ou phrasal (dire [que Jean est là]), sont complexes. Dans le cadre de la grammaire générative (Chomsky 1957, 1995), cette question est débattue depuis près d’un demi-siècle (cf. Chomsky 1965, Pesetsky 1982, Grimshaw 1979). L’approche que nous proposons, combinant des aspects syntaxiques, sémantiques et lexicaux, apportera un éclairage nouveau, original et global sur cette problématique.

Lay summary

Le but de la recherche proposée est d’arriver à une compréhension globale du processus de sélection entre un prédicat et son complément. Pour y parvenir, nous allons examiner les compléments nominaux  (dire [un secret]) et phrasaux (dire [que Jean est là]) afin de déterminer (i) leur structure (syntaxe), (ii) la relation de sens qu’ils ont avec d’autres éléments de leur environnement (sémantique), ainsi que (iii) ce qui est encodé dans les mots impliqués (lexique), dans le cadre de la Grammaire Générative (Chomsky 1957, 1965, 1995) et dans une approche trans-langagière.

Dans cette perspective, des éléments tels que ‘that’ (ce, que) sont particulièrement intéressants puisqu’ils apparaissent dans différents types de compléments :

(1)         a.     I like [that].                                    ‘J’aime cela’.

             b.     I like [the things that you do].           ‘J’aime les choses que tu fais’.

             c.     I like [that you are doing this].            ‘J’aime que tu  fasses cela’.

La question est de savoir s’il est possible d’analyser ‘that’ de manière unifiée, notamment en assimilant le pronom relatif (1b) au démonstratif (1a), et les compléments phrasaux (1c) aux relatives illustrées en (1b). Cela implique de déterminer la forme et la structure de ces compléments, le rôle du complémenteur, par rapport à celui des déterminants. En effet, il a été proposé que ces derniers ‘clôturent’ les arguments nominaux (Higginbotham 1985), comme les complémenteurs ‘clôturent’ les arguments phrasaux (Chierchia 1995). De manière générale, ces questions nous conduiront à explorer la suggestion que plus un argument est structurellement ‘petit’ (syntaxe), plus il est sémantiquement proche du prédicat qui le sélectionne (Ihsane 2008).