Project

Back to overview

Poupées articulées grecques et romaines (Xe s. av. J.-C./ VIIe s. apr. J.-C.): Approches archéologiques et anthropologiques

English title Greek and Roman Articulated Dolls (10th cent. BC.- 7th cent. AD): Archaeological and Anthropological Approaches
Applicant Dasen Véronique
Number 192197
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Institut du monde antique et byzantin Faculté des lettres Université de Fribourg
Institution of higher education University of Fribourg - FR
Main discipline Archaeology
Start/End 01.05.2020 - 30.04.2024
Approved amount 804'566.00
Show all

All Disciplines (2)

Discipline
Archaeology
Ancient history and Classical studies

Keywords (10)

Marionnette; Religion grecque; Anthropomorphisme; Religion romaine; Jeunesse; Poupée; Enfance; Rite de passage; Objet rituel; Material studies

Lay Summary (French)

Lead
Cette étude pluridisciplinaire est consacrée à une catégorie d’objets d’ordinaire classés dans la catégorie moderne des jouets: les figurines anthropomorphes qui représentent le plus souvent une femme adulte au corps sexué, communément appelées « poupées » à cause de leur taille réduite et de leurs membres articulés. Dans le monde grec, aux « idoles cloches » (Xe-VIIe s. av. J.-C.) succède la production de figurines principalement en terre cuite, mais aussi en os, de la fin de l’époque archaïque à l’époque hellénistique (VIe-IIe s. av. J.-C.). Dans le monde romain, en Italie et dans les provinces, les figurines sont en os, ivoire, bois, ambre (fin Ier-VIIe s. apr. J.-C.). Plus rares, des « poupées » articulées masculines sont aussi produites dès la fin du Ve s. av. J.-C.
Lay summary

L’objectif du projet est d’apporter une contribution de référence à la fois empirique et théorique sur les «poupées» articulées antiques dans toutes leurs dimensions, technique, ludique, sociale, religieuse, symbolique et genrée. Ces objets se situent dans un entre-deux dont le projet explorera les limites (jouet profane ou objet sacré? mortelle ou divinité? poupée ou marionnette?), les spécificités et les transformations dans l’espace et le temps en croisant différents points de vue, typo-chronologique et socio-religieux, afin d’élucider les raisons de leurs ambiguïtés: quels matériaux pour quelle ergonomie? quels types de production et quel réseau de diffusion? où et comment sont-elles manipulées (contexte profane, religieux ou les deux?), par quelle classe d’âge (pré-adulte?), de quel sexe? et quelles transformations de leurs usages dans l’espace et le temps ? L’étude s’intéressera aussi aux valeurs symboliques et d’apprentissage transmises par cette représentation spécifique du corps féminin (et masculin) et la mobilité des membres.

Deux volets distinguent production grecque et romaine. Pour le monde grec, l’étude portera sur des objets inédits ou méconnus : les poupées articulées d’ateliers à Athènes (IVe – IIe s. av. J.-C.), ainsi que les figurines en terre cuite et en os de Grèce centrale (Xe- IVe s. av. J.-C.). Les résultats mettront en perspective les corpus déjà publiés en réévaluant la chronologie, la diffusion et les contextes des différents types. Pour l’époque romaine, un corpus exhaustif sera établi. L’archéologie expérimentale et des analyses tracéologiques seront réalisées et des comparaisons établies avec d’autres formes de figurines articulées, comme les figures divines animées, ainsi que d’autres sortes de poupées (en chiffon, cire, « magiques »).

 

Direct link to Lay Summary Last update: 02.04.2020

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Project partner

Abstract

Ce projet pluridisciplinaire est consacré à une catégorie d’objets d’ordinaire classés dans la catégorie moderne des jouets: les figurines anthropomorphes qui représentent le plus souvent une femme adulte au corps sexué, communément appelées « poupées » à cause de leur taille réduite et de leurs membres articulés. Dans le monde grec, aux « idoles cloches » (Xe-VIIe s. av. J.-C.) succède la production de figurines principalement en terre cuite, mais aussi en os, de la fin de l’époque archaïque à l’époque hellénistique (VIe-IIe s. av. J.-C.). Dans le monde romain, en Italie et dans les provinces, les figurines sont en os, ivoire, bois, ambre, de l’époque romaine impériale à l’Antiquité tardive (fin Ier-VIIe s. apr. J.-C.). Plus rares, des « poupées » articulées masculines sont aussi produites dès la fin du Ve s. av. J.-C. Aucune étude scientifique d’ensemble n’a encore traité ce phénomène culturel de manière approfondie en dépit de l’abondance et de l’importance sociale, religieuse et symbolique de ces objets associés à la classe d’âge de l’enfance et de la jeunesse. Dans le monde grec, les poupées articulées proviennent par centaines de sanctuaires de divinités protégeant la croissance et le mariage ainsi que de tombes de jeunes individus. En Italie et dans les provinces, la majorité provient de sépultures d’enfants et de femmes en âge de se marier et de procréer. Ces objets se situent dans un entre-deux dont ce projet entend explorer les limites (jouet profane ou objet sacré ? mortelle ou divinité ? poupée ou marionnette de spectacle ?), les spécificités et les transformations dans l’espace et le temps en croisant différents points de vue afin d’élucider les raisons de leur ambiguïté. Le point de vue typo-chronologique : quels matériaux pour quelle ergonomie ? quelles modalités de production et quel réseau de diffusion ? Le point de vue socio-religieux : où et comment sont-elles manipulées (contexte profane, religieux ou les deux ?), par quelle classe d’âge (que pré-adulte ?), quel sexe (que les filles ?), et quelles transformations de leurs usages dans l’espace et le temps ? L’étude s’intéressera aussi aux valeurs symboliques et d’apprentissage que transmet cette représentation spécifique du corps féminin (et masculin) et la mobilité des membres. La recherche se compose de deux volets distinguant production grecque et romaine. Pour le monde grec, de nouvelles connaissances seront livrées par l’étude d’objets inédits ou méconnus : les poupées articulées d’ateliers à Athènes (IVe - IIe s. av. J.-C.), ainsi que les figurines en terre cuite et en os de Grèce centrale (Xe- IVe s. av. J.-C.). Les résultats mettront en perspective ces nouveautés avec les corpus déjà publiés en réévaluant la chronologie, la diffusion et les contextes des différents types. Pour l’époque romaine, le nombre réduit d’objets permet d’établir un corpus exhaustif en reprenant l’identification des matériaux, les contextes, la distribution spatiale et l’évolution chronologique. Pour les deux corpus, grec et romain, l’archéologie expérimentale et des analyses tracéologiques permettront de proposer de nouvelles hypothèses sur les techniques de fabrication et les usages. La recherche comprend aussi l’étude approfondie des sources écrites et iconographiques pour comprendre les différents statuts de ces objets, leurs rapports avec la notion de jouet et d’autres formes de figurines articulées, comme les marionnettes et les figures divines animées, ainsi que d’autres sortes de poupées (de chiffon, en cire, « magiques »). Des comparaisons diachroniques se feront avec les productions de poupées non articulées du monde oriental, copte et byzantin, ainsi que d’autres périodes historiques. L’objectif est d’apporter une contribution de référence novatrice, à la fois empirique et théorique, sur l’histoire des « poupées » articulées antiques dans toutes leurs dimensions, technique, ludique, sociale, religieuse, symbolique et genrée.
-