Project

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Le Codex Phimarconensis: treize siècles de lectures

English title The Codex Phimarconensis: thirteen centuries of literacy and scholarship
Applicant Chambert-Protat Pierre
Number 185819
Funding scheme Ambizione
Research institution Institut d'études médiévales Université de Fribourg
Institution of higher education University of Fribourg - FR
Main discipline General history (without pre-and early history)
Start/End 01.10.2019 - 30.09.2023
Approved amount 622'224.00
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Keywords (7)

Histoire culturelle de l'Occident latin; Archéologie documentaire; Outils numériques; Histoire des textes; Manuscrits médiévaux; Philologie latine; Érudition moderne

Lay Summary (French)

Lead
Manuscrit latin copié vers 700, le “Codex Phimarconensis” a nourri la vie culturelle et intellectuelle tout au long de ses treize siècles d’existence : on l’a étudié tantôt pour les textes rares qu’il contient, tantôt pour la culture matérielle et graphique de la société qui l’a fait naître. Ce projet veut analyser l’objet lui-même dans son ensemble, mais aussi tout ce qu’il a inspiré : tous les prismes à travers lesquels il a été lu, comme autant de reflets de leur propre époque et de leur propre rapport aux manuscrits anciens.
Lay summary

Le Codex Phimarconensis, copié dans le royaume burgonde au tournant des 7e-8e siècles, est le seul manuscrit latin connu sur papyrus et parchemin, et le plus ancien exemplaire d’une collection originale de textes venus d’Afrique tardo-antique.

L’érudition moderne l’a remarqué dès le 16e siècle, et souvent étudié depuis lors sous tel ou tel aspect. Mais il n’a jamais été étudié dans son ensemble comme un tout : en effet ses restes ne représentent qu’un tiers du volume d’origine, et leur dispersion dans trois bibliothèques a entravé les comparaisons.

Ce projet a pour premier objectif de pallier ces défauts pour enfin étudier l’objet entier sous toutes ses facettes à la fois. Ce faisant, et pour ce faire, il s’agit de confronter le Codex lui-même à chacun des autres documents qu’il a suscités tout au long de son existence. Avant la période moderne, en effet, il avait déjà attiré l’attention d’érudits médiévaux : des copies carolingiennes prises alors qu’il était encore complet sont conservées ; et l’on est venu y puiser à plusieurs reprises au cours du Moyen Âge, pour de grandes collectes de textes tardo-antiques qui préfigurent les entreprises éditoriales de l’ère moderne. Enfin, la philologie s’est développée comme science par l’analyse de plus en plus fine des documents conservés, grâce au développement des techniques de reproduction : l’attention constante dont le Codex a fait l’objet permet de suivre ces développement et leurs enjeux scientifiques. Aujourd’hui, de nouvelles techniques numériques permettent ces confrontations à grande échelle — conduisant à de nouveaux développements et questionnements scientifiques.

En confrontant le Phimarconensis à sa descendance culturelle, nous observons l’intérêt pour l’Antique et ses évolutions, sur ses treize siècles d’existence.

Direct link to Lay Summary Last update: 25.09.2019

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Abstract

Le Codex Phimarconensis est un manuscrit remarqué depuis la Renaissance, à la fois pour son ancienneté (VIIe-VIIIe siècle), sa composition matérielle (papyrus et parchemin mêlés), et son contenu (textes rares et parfois uniques d'Augustin et autres auteurs chrétiens d'Afrique antique). Et pourtant, il n'a jamais été étudié comme un tout. En effet il ne nous est parvenu qu'incomplet (117 feuillets conservés sur 300) et ses fragments sont dispersés dans trois bibliothèques. Deux copies faites au Moyen Âge sur le manuscrit encore entier permettraient en théorie de reconstituer l'objet original, mais, ces copies étant aussi conservées loin l'une de l'autre et loin des fragments, cela non plus n'a jamais été tenté. Aujourd'hui, les numérisations changent la donne. Les outils numériques ad hoc qui seront développés dans ce projet permettront non seulement d'entreprendre une reconstitution virtuelle de l'objet, mais encore d'aller beaucoup plus loin en le replaçant dans tous ses contextes successifs : son milieu de production (le royaume burgonde), son lectorat et sa postérité médiévaux, son rôle comme objet unique et comme mine de textes rares dans une modernité qui inventait et développait les sciences philologiques. Le Phimarconensis, reconstitué et mis en ligne avec toute la galaxie documentaire qu'il a suscitée au cours de ses treize siècles d'existence, (re)deviendra exploitable pour la philologie contemporaine, mais aussi pour les autres disciplines historiques auxquelles il a encore à dire ; et les outils numériques expérimentés dans ce cadre ont vocation à être appliqués, ensuite, à d'autres cas.
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