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Mesure du temps, chimie et cuisine : formalisation des pratiques au XVIIe et au XVIIIe siècle

English title Timekeeping, Chemistry, and Kitchen: The Formalization of Practices, 17th-18th Century
Applicant Bernasconi Gianenrico
Number 184856
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Institut d'Histoire Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Université de Neuchâtel
Institution of higher education University of Neuchatel - NE
Main discipline General history (without pre-and early history)
Start/End 01.04.2020 - 31.03.2023
Approved amount 447'045.00
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Keywords (7)

Mesure du temps; Formalisation des pratiques; Objets; Culture instrumentale; Histoire de la cuisine; Histoire de la chimie; Matérialité

Lay Summary (French)

Lead
À partir du XVIIe siècle, on constate un intérêt croissant pour la quantification de la durée dans les traités scientifiques et techniques. Les archives enregistrent une multiplication des données temporelles, et témoignent de la présence de garde-temps dans la culture expérimentale. Ces indications signalent l’émergence d’une nouvelle culture instrumentale, dont la mesure de la durée est un exemple paradigmatique qui contribue à la formalisation des pratiques, notamment à la naissance de la chimie moderne et à une nouvelle organisation de la cuisine.
Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche

Le projet examine la formalisation des pratiques scientifiques et techniques à l’époque moderne du point de vue des cultures matérielles et instrumentales, en se concentrant sur la mesure de la durée et sur la diffusion des garde-temps. La recherche se développe selon trois axes. Le premier concerne la matérialité de la mesure de la durée à l’époque moderne, étudiée à partir des objets, des acteurs et des savoirs artisanaux. Le deuxième examine l’impact de la mesure de la durée sur la formalisation de la chimie, en étudiant d’abord les traités et les cours de chimie théorique, puis sa mise en pratique dans les laboratoires académiques et domestiques. Enfin, le troisième axe porte sur la cuisine. Plus précisément, il s’agit d’analyser les indications temporelles que l’on peut trouver dans les traités, les livres de recettes et les documents relatifs à la préparation des repas collectifs (à la cour, à l’armée, pour les pauvres).

L’objectif de cette recherche est double : d’une part, elle se propose de renouveler l’histoire du processus de l’intériorisation du temps à l’époque moderne à travers l’analyse des « savoirs opératoires » inhérents à la mesure de la durée ; de l’autre, elle entend contribuer à l’étude de la formalisation des savoirs et des pratiques à travers l’analyse de la nouvelle culture de la mesure instrumentale.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

 

Par rapport à l’histoire de l’horlogerie, l’approche adoptée dans le projet permet d’intégrer dans l’étude des dispositifs matériels l’analyse des contextes d’usage. Par rapport à l’histoire des sciences et des techniques, cela permet d’aborder sous un angle original la question de l’essor d’un « esprit de quantification » au XVIIe et au XVIIIe siècle. En insistant sur la valorisation des collections d’horlogerie, ce projet ne vise pas seulement à montrer l’intérêt de l’étude de l’objet comme document matériel pour l’enquête historique, mais aussi à offrir de nouvelles approches pour la valorisation des collections.


Direct link to Lay Summary Last update: 28.01.2020

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Abstract

À partir du XVIIe siècle, on constate un intérêt croissant pour la quantification de la durée dans les traités scientifiques et techniques. Les archives enregistrent une multiplication des données temporelles, et témoignent de la présence de garde-temps dans la culture expérimentale. Si ces indications peuvent être interprétées à la lumière du processus « discursif » de formalisation des savoirs (Vérin 2008), elles signalent également l’émergence d’une nouvelle culture instrumentale, qui participe à la « mise en ordre » des pratiques. À partir de cette hypothèse, des questions se posent à propos de la matérialité des techniques de mesure (avec quels instruments mesure-t-on la durée ?), des gestes (comment mesure-t-on ?) et des fonctions de la mesure (est-elle une forme de communication, de standardisation, de prescription, ou d’économie de la transformation ?). Pour répondre à ces questions, ce projet se détourne des pistes classiques de l’histoire de la physique et de l’astronomie, pour s’intéresser à la chimie et à la cuisine. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ces deux pratiques partagent les mêmes espaces (la maison), la même culture matérielle et les mêmes procédés de transformation des substances par le feu. Malgré leur proximité, elles vont connaître par la suite une évolution différente en raison de la consolidation de la chimie en tant que science moderne d’une part, et de la standardisation des techniques culinaires d’autre part. La pratique de la mesure du temps contribue à ces deux phénomènes.Cette recherche se développe selon trois axes. Le premier concerne la matérialité de la mesure de la durée à l’époque moderne, étudiée à partir des objets, des acteurs et des savoirs artisanaux. Le deuxième examine l’impact de la mesure de la durée sur la formalisation de la chimie, en étudiant d’abord les traités et les cours de chimie théorique, puis sa mise en pratique dans les laboratoires domestiques. Enfin, le troisième axe porte sur la cuisine. Plus précisément, il s’agit d’analyser les indications temporelles que l’on peut trouver dans les traités, les livres de recettes et les documents relatifs à la préparation des repas collectifs (à la cour, à l’armée, pour les pauvres). L’objectif de cette recherche est double : d’une part, elle se propose de renouveler l’histoire du processus de l’intériorisation du temps à l’époque moderne (time awareness) à travers l’analyse des « savoirs opératoires » inhérents à la mesure de la durée ; de l’autre, elle entend contribuer à l’étude de la formalisation des savoirs à travers l’analyse de la nouvelle culture de la mesure instrumentale.Pour répondre aux problématiques posées par ces trois axes, des fonds d’archives et des collections de musées seront mobilisés, notamment en Suisse, en France et en Angleterre. En insistant sur la valorisation des collections d’horlogerie, ce projet ne vise pas seulement à montrer l’intérêt de l’étude de l’objet comme document matériel pour l’enquête historique, mais aussi à offrir de nouvelles approches pour la valorisation des collections.
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