Project

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Présence de l’Égypte dans la glyptique d’époque romaine impériale

English title The Egyptian presence in the glyptic of the Roman imperial period
Applicant Barcat Dominique
Number 179923
Funding scheme Ambizione
Research institution Institut du monde antique et byzantin Faculté des lettres Université de Fribourg
Institution of higher education University of Fribourg - FR
Main discipline Ancient history and Classical studies
Start/End 01.09.2018 - 31.08.2022
Approved amount 534'898.00
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All Disciplines (2)

Discipline
Ancient history and Classical studies
Archaeology

Keywords (6)

magic; amulets; religion; gems; Isiaca; Hellenistic and Roman Egypt

Lay Summary (French)

Lead
La production de pierres gravées, ou glyptique, connaît à l’époque romaine un renouveau important. L’iconographie composite que présente une catégorie particulière d’intailles appelées conventionnellement « magiques », en partie produites en Égypte et au Moyen Orient (Palestine, Syrie…), constitue un lieu d’hybridation, ou de croisements culturels, particulièrement révélateur. Les scènes gravées y combinent des éléments empruntés à différentes traditions, principalement gréco-romaine et égyptienne.
Lay summary
Contenu et objectifs du travail de recherche

Une partie des gemmes d'époque romaine impériale est caractérisée par des compositions iconographiques spécifiques associées à des lettres, mots ou formules rédigés en alphabet grec qu’il est souvent encore difficile de décrypter. Ces petits objets ont une fonction essentiellement protectrice. Ils doivent procurer à leur propriétaire un bénéfice personnel (chance en amour, succès, santé, etc.).

L’étude de la dimension égyptienne de ces images, de leur matériau et de leurs inscriptions n’a encore jamais été réalisée de manière synthétique. Cette recherche entend compléter les connaissances déjà acquises par l’étude des cultes isiaques et de leur réception à l’époque romaine impériale. Cette recherche entend ainsi contribuer à une meilleure compréhension des modes de dissémination et de réinterprétation des croyances religieuses égyptiennes à l’époque impériale, replacées dans la dynamique culturelle et religieuse de l’Égypte romaine.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Ce projet se trouve au croisement de trois champs de recherche actuellement en pleine expansion : les travaux portant sur les gemmes, les « études isiaques », et enfin les recherches qui s’intéressent aux différentes formes de pratiques religieuses personnelles et privées, au concept de « lived religion », à la magie et à la divination.

Direct link to Lay Summary Last update: 20.08.2018

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Collaboration

Group / person Country
Types of collaboration
Musée des Beaux Arts de Budapest Hungary (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
Université de Leyde Netherlands (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
Université de Bâle Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results
Université de Zurich Switzerland (Europe)
- in-depth/constructive exchanges on approaches, methods or results

Communication with the public

Communication Title Media Place Year
Print (books, brochures, leaflets) Un nain musicien au sexe démesuré Western Switzerland 2018

Abstract

La production de pierres gravées, ou glyptique, connaît à l’époque romaine un renouveau important. L’iconographie composite que présente une catégorie particulière d’intailles appelées conventionnellement « magiques », en partie produites en Egypte et au Moyen Orient (Palestine, Syrie…), constitue un lieu d’hybridation, ou de croisements culturels, particulièrement révélateur. Les scènes gravées y combinent des éléments empruntés à différentes traditions, principalement gréco-romaine et égyptienne. Cette classe de gemmes est caractérisée par des compositions iconographiques spécifiques associées à des lettres, mots ou formules rédigés en alphabet grec qu’il est souvent encore difficile de décrypter. Ces petits objets ont une fonction essentiellement protectrice. Ils doivent procurer à leur propriétaire un bénéfice personnel (chance en amour, succès, santé, etc.). Le pouvoir de ces pierres gravées, portées sur soi de différentes manières (bague, pendentif…), est transmis à la fois par le type de matériau (jaspe, hématite…), par une iconographie particulière, généralement divine, et par la présence de formules magiques gravées en positif. La combinaison de ces trois éléments, matériau, image et textes devait procurer le résultat souhaité. De nombreuses études ont récemment été consacrées à ces objets mais leur composante égyptienne, quoique importante et régulièrement mentionnée, n’a encore jamais fait l’objet d’une analyse à la fois globale et détaillée. Depuis la Troisième Période Intermédiaire (1077-664 av. J.-C.), et bien plus encore avec l’avènement d’une dynastie macédonienne à Alexandrie qui marque le début de la période hellénistique (336-31 av. J.-C.), l’ancienne religion pharaonique connaît de profondes mutations qui concernent aussi bien les mythes et rituels collectifs que les pratiques privées ou personnelles dont la catégorie de gemmes dite « magique » se fait l’écho. Ce projet vise à analyser les modes de réception et de réinterprétation des traditions religieuses issus de l’Égypte pharaonique et hellénistique qui caractérisent cette classe particulière de la glyptique antique. De nouvelles conceptions religieuses s’y manifestent, souvent avec une forte composante médico-magique tournée vers le « soin de soi », traduites par une sélection de divinités appartenant au panthéon de l’Egypte ptolémaïque et romaine (Isis, Osiris, Sérapis, Harpocrate, Bès…) associé à un choix de divinités gréco-romaines (Héraclès, Aphrodite, Arès…).Le corpus des gemmes magiques de l’époque romaine impériale est aujourd’hui presque entièrement réuni dans la base de données Campbell Bonner Magical Gems Database qui réunit environ 4000 objets. Ce catalogue fournit à lui seul la base documentaire de cette recherche que nous complèterons au cours de notre travail. Il peut être interrogé à la fois par sujet, lieu de découverte, matériau… ce qui en fait un outil de recherche très efficace. Le lieu de fabrication, la provenance géographique et la datation précise de ces pièces sont d’ordinaire inconnue, un obstacle qui explique le peu d’études qui leur ont été consacrées. Pour palier ce problème, ce projet les envisage comme les témoins d’une culture visuelle véhiculant des savoirs et de sensibilités religieuses nouvelles diffusés dans l’ensemble du monde romain, comme le montrent aussi la vogue des isiaca ou la présence d’instruments d’une magica égyptisante en Italie et dans les provinces (la cache du magicien de Chartre, les tablettes astrologiques de Grand).L’objectif de cette recherche est de publier une monographie qui analyse les transferts culturels dont témoigne l’iconographie égyptisante des gemmes magiques. L’étude de la réception de l’Egypte dans ces images et leurs inscriptions n’a encore jamais été réalisée de manière synthétique. Cette recherche entend apporter un nouvel éclairage aux recherches sur la diffusion des cultes orientaux, notamment isiaques, et leur réception à l’époque romaine impériale. Elle vise ainsi à contribuer à une meilleure compréhension des modes de transferts culturels dans la glyptique, et plus largement des modes de construction d’une « globalisation » de la religion à l’époque romaine impériale.
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