Project

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Vivre et vieillir séparé du monde. Stratégies de préservation des Ordres monastiques

English title Living and getting old out of the world. Monastic orders’ preserving strategies
Applicant Anchisi Annick
Number 179047
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Haute École de Santé Vaud (HESAV)
Institution of higher education University of Applied Sciences and Arts Western Switzerland - HES-SO
Main discipline Sociology
Start/End 01.09.2018 - 31.08.2022
Approved amount 327'239.00
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Keywords (6)

communautés; Sociologie de la vieillesse; personnes âgées; Sociologie des religions; moines et moniales; cloîtres

Lay Summary (French)

Lead
La recherche est menée sous la direction de Annick Anchisi (sociologue de la vieillesse) et Laurent Amiotte-Suchet (sociologue des religions) de la Haute École de santé Vaud (HESAV), HES-SO, Lausanne.
Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche

Cette recherche s’intéresse aux Ordres religieux catholiques, féminins et masculins en Suisse romande et en Bourgogne Franche-Comté. N’ayant pas eu à occuper, puis à quitter, des postes dans l’enseignement, les soins ou l’éducation comme c’est le cas pour les Congrégations apostoliques, les membres des Ordres religieux se définissent d’abord par leurs missions historiques : prière, travail et hospitalité. L’âge serait un obstacle momentané à l’aune d’une histoire séculaire et ne relèverait pas d’une dimension identitaire collective prioritaire. Toutefois, le vieillissement de membres de certaines communautés est établi. Pour s’adapter, les façons de faire divergent que l’on soit moines ou moniales, que l’on soit de telle ou telle obédience, que la clôture soit plus ou moins poreuse ou encore que l’on soit au bénéfice ou non de capitaux divers. L’enjeu est important. La spécificité des Ordres attire aujourd’hui des femmes et des hommes ; ce qui est recherché – une vie communautaire auto-suffisante, une spiritualité exigeante, une forme de retrait du monde, etc. – peut être réaménagé suite aux effets de la vieillesse.

Si l’idéal communautaire repose sur des vœux de stabilité – chacun et chacune espère vivre et mourir parmi les siens – la vieillesse peut entraîner des transformations. Quelles stratégies les Ordres religieux (monastiques, érémitiques, mendiants, etc.) adoptent-ils pour face à l’avancée en âge de leurs membres ? Opèrent-ils des transformations internes ou sont-ils amenés à créer des alliances avec l’extérieur ? Qu’est-ce qui, au sein de la vie quotidienne, relève des permanences et des impermanences ? C’est à ces questions que la recherche, prévue sur quatre ans, veut répondre.

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Cette enquête privilégie l’approche ethnographique, avec immersion des chercheurs sur le terrain. L’observation in situ sera complétée par la réalisation d’entretiens sociologiques et la consultation de documents (archives, règles de vie, conventions, photographies, etc.).
Direct link to Lay Summary Last update: 11.06.2018

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Associated projects

Number Title Start Funding scheme
149678 Le prix de la coutume. Communautés religieuses, vieillesse et évolution de la prise en charge de soins. 01.04.2014 Project funding (Div. I-III)

Abstract

1. Résumé du plan de rechercheLa vie monastique est-elle aujourd’hui en passe de disparaître ? On pourrait être tenté de le penser. Dans les sociétés nord-occidentales, ce mode de vie ascétique est marqué d’un certain exotisme. La perte d’emprise du christianisme dans les sociétés sécularisées a affecté ces communautés organisées autour d’un idéal de sainteté, valorisant le retrait du monde. Pourtant, elles continuent de manifester, en ce début de XXIème siècle, une détermination qui interroge. Ce projet sociologique s’intéresse aux ordres religieux cloîtrés catholiques, féminins et masculins - dont les règles de vie sont organisées à partir d’un certain retrait du monde - en Suisse romande et en Franche-Comté, suivant une logique territoriale diocésaine. En proie à certaines difficultés de recrutement et souvent composés d’une forte proportion de membres âgés, ces ordres sont concernés par la vieillesse. Toutefois, pour eux, l’âge ne relève pas d’une dimension identitaire collective prioritaire. N’ayant pas eu à occuper, puis à quitter, des postes dans l’enseignement, les soins ou l’éducation comme c’est le cas pour les communautés apostoliques, les moniales et des moines se définissent d’abord par des missions historiques « atemporelles » : prière, travail et hospitalité. L’âge serait d’une certaine manière un artéfact, un obstacle momentané à l’aune d’une histoire séculaire. La catégorie du grand âge pour qualifier ces communautés est pourtant évidente. Concrètement, pour faire face au vieillissement de leurs membres, certaines ont modifié les horaires des offices, les temps de silence ou encore adapté le travail. Les communautés de femmes surtout promeuvent des stratégies de prévention et s’inscrivent se faisant dans la norme du « bien vieillir ». Ceci étant, lorsque le handicap ou la dépendance liés à l’âge surviennent, comme la démence, des choix s’imposent : la séparation d’un·e des leurs qui sera placé·e en maison de retraite, après une vie commune qui se chiffre en décennies, ou la rupture des rythmes et des pratiques qui sont les noyaux constitutifs de l’identité collective. L’enjeu est donc important. La spécificité des ordres - la clôture et la vie monacale - attire aujourd’hui des femmes et des hommes, contrairement aux congrégations apostoliques qui n’ont plus de novices. Ce qui est recherché - une vie communautaire auto-suffisante - est mis en péril par les effets de la vieillesse. Les forces en présence sont déséquilibrées ; le travail n’est plus assumé par toutes et tous alors que les charges de santé augmentent et que les patrimoines immobiliers sont ruineux. Par ailleurs, les ordres revendiquent une autonomie de fonctionnement, par rapport à l’État notamment, la vieillesse peut les obliger aujourd’hui à y avoir recours, via les dispositifs sanitaires et assurantiels. Pour faire face à ces changements, des éléments relevés de nos entretiens exploratoires laissent à penser que les façons de faire divergent que l’on soit moines ou moniales, que l’on soit de telle ou telle obédience, que la clôture soit plus ou moins poreuse ou encore que l’on soit au bénéfice ou non de capitaux divers. Si l’idéal communautaire repose sur des vœux de stabilité - chacun·e espère vivre et mourir parmi les siens - la vieillesse va entraîner des transformations. Comment les ordres monastiques font-ils face à la dépendance liée à l’âge ? Opèrent-ils des transformations internes ou sont-ils amenés à créer des alliances avec l’extérieur qui, à terme, les menacent ? C’est à ces questions que notre projet, prévu sur quatre ans, répondra. Pour cela, nous privilégierons la méthode ethnographique avec immersion des chercheur·e·s sur des terrains négociés en Suisse romande et en Franche-Comté. L’analyse croisera observations, entretiens, analyse documentaire, photographies. C’est dans le but d’analyser l’aspect performatif de la vieillesse sur la vie monastique que ce projet de recherche, au croisement des sociologies de la vieillesse et des religions, présente son intérêt.
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