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Les membres du Comité international olympique (CIO) de 1894 à 1972. Prosopographie d’une élite transnationale

English title The International Olympic Committee members (1894-1972). A transnational elite prosopography
Applicant Clastres Patrick
Number 179043
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Institut des sciences du sport Université de Lausanne (ISSUL/SSP)
Institution of higher education University of Lausanne - LA
Main discipline General history (without pre-and early history)
Start/End 01.09.2018 - 31.08.2022
Approved amount 549'918.00
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All Disciplines (3)

Discipline
General history (without pre-and early history)
Political science
Sociology

Keywords (8)

International Olympic Committee; Sport history; Leaders and elites; International organisations; Transnational political cultures; Neutrality; Pacifism; Apolitism

Lay Summary (French)

Lead
Die Mitglieder des Internationalen Olympischen Komitees von 1894 bis 1972. Prosopographie einer transnationalen Elite.Les membres du Comité international olympique (CIO) de 1894 à 1972. Prosopographie d’une élite transnationaleThe International Olympic Committee (IOC) members from 1894 to 1972. Prosopography of a transnational eliteInstallé à Lausanne depuis 1915, le Comité international olympique est en charge de la perpétuation des jeux olympiques rétablis à Paris en 1894. Ses membres sont recrutés depuis lors par cooptation (213 cooptés avant 1972). Issus des élites dirigeantes de leurs pays respectifs (aristocrates, ambassadeurs, hommes politiques, dirigeants d’entreprises...), ils ont néanmoins une même vision du monde et partagent un certain nombre de valeurs.
Lay summary

Contenu et objectifs du travail de recherche  

Le CIO est la première organisation sportive internationale installée en Suisse, et la plus importante puisqu’elle prétend réguler le système sportif international. Son fondateur, le baron français Pierre de Coubertin (1863-1937), l’a dotée d’un système de valeurs qui emprunte à la culture chevaleresque des élites européennes traditionnelles, à l’humanisme des Lumières, au pacifisme libéral transatlantique du second XIXe siècle, et au conservatisme hygiéniste et social. Percuté par les diplomaties d’Etat qui ont intégré le sport parmi les outils de leur soft power, le CIO a dû affronter les grands enjeux du XXe siècle. Ce projet prévoit de dépasser l’approche institutionnelle classique en étudiant les trajectoires de ses membres qui, pour la plupart, restent méconnus.

Dans un premier temps, ce projet reconstituera les trajectoires familiales, professionnelles, sociales et politiques des 213 membres du CIO cooptés avant 1972. Dans un deuxième temps, il décryptera les mécanismes de cooptation ainsi que les modalités de prise de décision propres au CIO. Enfin, il s’agira d’évaluer « le plus petit dénominateur social, culturel et politique » commun à tous ces leaders qui définit leur vision du monde, et de questionner les concepts d’apolitisme (du sport) et de neutralité diplomatique (du CIO).

Contexte scientifique et social du projet  

Fondé sur une approche prosopographique (croisement et mise en série de micro-biographies), le projet se situe au point d’intersection de l’histoire du sport, de la diplomatie culturelle, des cultures politiques, de la circulation des élites à l’échelle mondiale et du cosmopolitisme. Il contribue ainsi à l’histoire des organisations internationales installées en Suisse et à une meilleure compréhension des concepts de pacifisme et de neutralité.

Direct link to Lay Summary Last update: 29.07.2018

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Abstract

Constitué en 1894, installé à Lausanne en 1915, le Comité international olympique (CIO) a été doté par son fondateur, le baron Pierre de Coubertin (1863-1937), d’un système de valeurs qui emprunte à la culture chevaleresque des élites européennes traditionnelles, à l’humanisme des Lumières, au liberal pacifism transatlantique du second XIXe siècle, et à l’hygiénisme social fin-de-siècle. Le principe de cooptation propre au CIO a contribué au maintien de ce corpus de valeurs au cœur du XXe siècle. Et cela d’autant plus que, depuis le Règlement olympique de 1908, les membres du CIO sont censés ne pas représenter leurs pays d’origine au sein du CIO, mais plutôt représenter le CIO dans leurs pays respectifs. L’affaire se complique dans la mesure où le CIO ne doit pas seulement conduire une diplomatie « externe » en direction des Etats, mais développer aussi une diplomatie « interne » vers l’espace mondial sportif.L’histoire de cette vieille organisation internationale non gouvernementale a été largement produite par l’institution elle-même, par des érudits, des passionnés, des journalistes. Cette histoire a d’ailleurs davantage été institutionnelle et politique que sociale et culturelle. Nous proposons de combler ce retard académique en adoptant une démarche prosopographique pour les 213 membres du CIO cooptés entre 1894 et 1972. À partir des archives sous-exploitées du Musée olympique à Lausanne, de sondages indirects dans les archives diplomatiques de quelques grandes capitales (Berne, Paris, Berlin , Londres, Moscou et Washington…), nous reconstituerons leurs trajectoires familiales, sociales et professionnelles, identifierons leurs formes de sociabilité et leurs pratiques culturelles, préciserons leurs orientations idéologiques, leurs engagements et leurs réseaux économiques comme politiques, décrypterons leurs mécanismes de cooptation ainsi que les formes d’organisation institutionnelle propre au CIO.Par-delà leurs différences nationales et culturelles, voire par-delà leurs divergences politiques, les membres du CIO ont dû apporter des réponses communes à des chocs événementiels aussi complexes et clivants que les conflits de guerre froide, les luttes des peuples colonisés pour leur indépendance, les revendications identitaires des peuples et des groupes minorés (nation, race, class and gender pour reprendre les catégories anglo-saxonnes en usage en sciences sociales). Que signifient des formules toutes faites comme l’apolitisme et la neutralité du sport et de l’olympisme ? L’apolitisme du CIO ne serait-il pas une politique justement, et sa neutralité une diplomatie ? Existe-t-il un « plus petit dénominateur social, culturel et politique » commun à tous ces leaders ? Aussi, nous poserons à titre d’hypothèse que les membres du CIO ont élaboré de manière empirique des cultures politiques d’un nouveau genre, transnationales, qui ne sont ni le reflet des cultures politiques nationales ni le reflet des logiques diplomatiques des blocs. Le croisement de l’histoire, des sciences politiques et de la sociologie des élites permettra, au final, de comprendre comment, de Lausanne au vaste monde des sports, l’histoire du CIO appartient bel et bien à l’histoire de la mondialisation, comprise comme le point de rencontre de dynamiques nationales, internationales, et transnationales. Outre son intérêt scientifique, ce projet présente un intérêt stratégique pour la Confédération helvétique dont la réputation internationale est engagée par la présence du CIO à Lausanne. Au terme de ce projet sur le CIO, une deuxième requête pourrait être envisagée qui prendrait en considération les dirigeants de la soixantaine de fédérations internationales sportives installées en Suisse. De telles recherches permettront de positionner le Centre d’études olympiques et de la globalisation du sport de l’UNIL comme leader dans le monde des sport and olympic studies.
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