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Le projet IPFC en Suisse: une analyse de la prononciation des apprenants alémaniques, tessinois et érythréens de français

English title The IPFC project in Switzerland: an analysis of the pronunciation of the Swiss German, Swiss Italian and Eritrean learners of French
Applicant Racine Isabelle
Number 169707
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Ecole de langue et de civilisation française Faculté des Lettres Université de Genève
Institution of higher education University of Geneva - GE
Main discipline Romance languages and literature
Start/End 01.11.2016 - 29.02.2020
Approved amount 187'112.00
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All Disciplines (2)

Discipline
Romance languages and literature
Applied linguistics

Keywords (12)

L2 production; Second language acquisition; French as foreign language; L2 phonological acquisition; Oral corpora; IPFC project; Swiss Italians learners of French; Swiss German learners of French; Eritrean learners of French; Orthography; Liaison; French schwa

Lay Summary (French)

Lead
La langue constitue aujourd’hui une dimension saillante du processus d’intégration. Il est toutefois difficile pour un adulte d’atteindre une compétence native dans le domaine de la prononciation d’une langue étrangère. Dans ce projet, nous examinons, sur la base d’un corpus de données orales, l’acquisition de la prononciation du français langue étrangère de deux populations suisses (apprenants suisses alémaniques et tessinois) et d’une population de migrants (apprenants érythréens).
Lay summary

Dans le contexte de mondialisation actuelle, les échanges entre personnes s’exprimant dans une langue étrangère sont devenus courants. La langue est ainsi aujourd’hui une dimension saillante de l’intégration. La compétence orale est en première ligne puisque c’est souvent la première à être évaluée et sa réception peut susciter des réactions pouvant aller parfois jusqu’à une discrimination sociale ou ethnique. Or, s’il est possible d’améliorer son vocabulaire ou ses constructions grammaticales par un travail régulier, il est en revanche extrêmement difficile, pour un apprenant adulte, d’atteindre une compétence (quasi-)native au niveau de la prononciation.

Dans ce projet, nous nous intéressons à l’apprentissage du système phonético-phonologique du français L2 par des apprenants adultes suisses alémaniques, tessinois et érythréens. Ce deuxième volet genevois d’IPFC cible ainsi deux populations locales ainsi qu’une population de migrants très représentée en Suisse et à Genève. Nous constituerons et transcrirons trois corpus de données orales, avec pour objectif de décrire l’interlangue phonique des populations ciblées, en nous centrant, pour les deux populations suisses, sur deux phénomènes variationnels typique du français, le schwa et la liaison, qui nous permettront d’examiner l’acquisition de la compétence sociolinguistique dans le contexte de l’enseignement en Suisse. Pour les apprenants érythréens, nous ciblerons l’acquisition du système vocalique du français.

L’ensemble de ces données permettront, à terme, de revoir certaines prédictions des modèles théoriques d’acquisition phonologique en L2 et nourriront également la réflexion dans le domaine de l’enseignement de la prononciation en français, afin de permettre un renouvellement du matériel didactique.

Direct link to Lay Summary Last update: 27.09.2016

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Name Institute

Associated projects

Number Title Start Funding scheme
132144 Caractérisation et analyse sur la base d’un corpus multitâches des traits phonético-phonologiques d’apprenants hispanophones de français langue étrangère : du segmental (voyelles nasales et consonnes occlusives sonores) au suprasegmental (accentuatio 01.04.2011 Project funding (Div. I-III)

Abstract

La langue est aujourd’hui une dimension saillante de l’intégration, aussi bien en Europe (Hogan-Brun, Mar-Molinero & Stevenson 2009) qu’en Suisse. La compétence orale est en première ligne puisque c’est souvent la première à être évaluée. Or, il est nécessaire de dissocier les aspects lexicaux et morphosyntaxiques - susceptibles d’être améliorés jusqu’à une compétence native - des aspects phonético-phonologiques, pour lesquels il est en revanche difficile, pour un apprenant adulte, d’atteindre une compétence native (Derwing, Munro & Wiebe 1998). Jusqu’à récemment, la plupart des travaux sur la langue orale avaient été menés sur le lexique et la morphosyntaxe et, en 2009, Gut relevait le retard existant pour la phonologie L2. Un mouvement semble toutefois en marche dans ce domaine, pour l’anglais du moins, comme en atteste deux ouvrages majeurs récents (Derwing & Munro 2015, Colantoni, Steele & Escudero 2015). La recherche sur l’interphonologie du français ne peut rester en marge. Ce travail a été entamé, dès 2008, dans le cadre du projet « Interphonologie du Français Contemporain » (IPFC, Racine et al. 2012, Detey et al. sous presse), dont l’objectif est de constituer et mettre à disposition un corpus de recherche de français langue étrangère (FLE) varié - différentes L1 et différentes tâches - collecté avec un protocole de recueil de données identique pour toutes les L1. Si un premier corpus IPFC a bien été constitué et analysé à Genève, il portait toutefois sur des apprenants d’une langue non nationale, l’espagnol. Dans le présent projet, nous nous proposons de développer le volet « suisse » d’IPFC.En effet, notre projet est centré sur l’apprentissage du système phonético-phonologique du français langue étrangère (L2 ) par des apprenants adultes suisses dont la L1 est soit le dialecte alé-manique soit l’italien, ainsi que par des apprenants adultes érythréens. Nous ciblons donc, dans ce deuxième volet, deux populations locales ainsi qu’une population de migrants très représentée en Suisse et à Genève.L’objectif premier du projet est de décrire l’interlangue phonologique de ces trois populations d’apprenants par le biais d’une approche par corpus multitâche (protocole IPFC). Plus spécifiquement, pour les populations suisse allemande et tessinoise, constituées d’apprenants plutôt avancés, nous nous centrerons sur deux phénomènes variationnels typiques du français, le schwa et la liaison et tâcherons d’examiner, par le biais de ces deux phénomènes, comment, dans le contexte de l’enseignement en Suisse, ces apprenants acquièrent une compétence sociolinguistique. Pour la population de migrants érythréens, l’apprentissage phonético-phonologique du français par des locuteurs dont la L1 est le tigrinya n’a, à notre connaissance, fait l’objet d’aucune recherche. Il nous paraît donc adéquat de commencer par examiner leur interlangue vocalique, le système du français étant plus riche que celui du tigrinya, qui ne comporte que sept voyelles (Appelyard 2006, Buckley 1997).La description et l’analyse fine des données de ces corpus permettront de réfléchir au statut des variantes produites, ainsi qu’à leur éventuelle grammaticalisation, dans la mise en place de leur système phonologique en L2. La composante multitâche du projet permettra, à terme, de revoir certaines prédictions des modèles théoriques d’acquisition phonologique en L2. Les travaux réalisés jusqu’ici dans le cadre d’IPFC ont en effet montré, pour différentes populations, des compétences distinctes en fonction de l’implication ou non d’un support orthographique dans la tâche. Or, si l’influence de l’orthographe est maintenant reconnue, les principaux modèles théoriques peinent encore à intégrer cette dimension. Enfin, ces connaissances phonologiques nourriront également le domaine de l’enseignement, puisqu’elles sont indispensables à l’élaboration d’exercices de prononciation adéquats (Baqué 2004).
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