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Madame Guyon et la Confrérie des Michelins : enjeux éthiques et politiques dans l'œuvre d'une mystique du XVIIe siècle

English title Madame Guyon and the Michelins Brotherhood : ethical and political stakes in the works of a seventeenth-century mystic woman
Applicant Waterlot Ghislain
Number 165820
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Faculté autonome de théologie protestante Université de Genève
Institution of higher education University of Geneva - GE
Main discipline Religious studies, Theology
Start/End 01.09.2016 - 31.08.2019
Approved amount 213'074.00
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All Disciplines (3)

Discipline
Religious studies, Theology
General history (without pre-and early history)
Philosophy

Keywords (8)

Absolutism; Jeanne-Marie Guyon; Christian mysticism; Ethics and Politics; Quietism; 17th Century; Fénelon; Gender

Lay Summary (French)

Lead
Figure parmi les plus singulières de l’histoire religieuse de l’âge moderne, Madame Guyon (1648-1717) occupe une place controversée dans les débats théologiques du Grand Siècle. Laïque, écrivaine et mystique sous le Règne de Louis XIV, en transgressant les règles alors imposées aux femmes elle crée la Confrérie secrète des Michelins, mouvement politique et religieux utopique qui intriguera la Cour de Versailles et propulsera Mme Guyon au cœur d’une violente querelle.
Lay summary

La présente recherche a pour objectif d’étudier la relation entre vision politique et doctrine mystique dans l’œuvre et la vie de Madame Guyon. Il sera donc question d’analyser les implications sociales et politiques de la pensée religieuse de cette figure emblématique de l’âge classique dont l’influence s’est exercée durablement tant en milieu catholique qu’en milieu protestant et dont les enjeux sont à la fois théologiques, anthropologiques, éthiques et politiques.

 D’un point de vue méthodologique nous nous proposons de croiser les écrits théoriques de Madame Guyon avec les sources biographiques et de faire interagir sa doctrine avec le contexte spirituel, politique et culturel de l’Ancien Régime. La relation entre mystique et politique sera abordée en mettant en tension deux dimensions complémentaires, un axe théologique-anthropologique et un axe politique-éthique, qui donneront lieu à un questionnement sur le statut théorique et pratique de la Confrérie des Michelins.

 En plus de combler une lacune historiographique et de renouveler la compréhension théologique du quiétisme, ce travail de recherche vise également à apporter une contribution importante dans les études de genre, car il se propose d’interroger la construction sociale de l’identité féminine à partir d’une perspective originale, celle du rapport de la mystique au corps social et politique.

Direct link to Lay Summary Last update: 29.03.2016

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Abstract

Le projet présenté ici vise à étudier la relation entre mystique et politique dans les écrits et la vie de Jeanne-Marie Guyon (1648-1717), figure emblématique de la pensée religieuse de l’âge moderne dont l’influence s’est exercée durablement tant en milieu catholique qu’en milieu protestant. Femme, laïque, écrivaine et mystique sous le règne du « Roi Soleil », Madame Guyon fait preuve d’une liberté spirituelle et intellectuelle inouïe pour l’époque. Restée veuve très jeune, elle entreprend une vie aventureuse et propage ses idées mystiques d’abord à Thonon, en Savoie, puis en Italie et à Grenoble. Introduite à Versailles en 1689, elle réunit autour d’elle un groupe d’aristocrates dissidents ainsi que Fénelon, précepteur du petit-fils de Louis XIV, et crée la Confrérie secrète des Michelins, mouvement politique et religieux utopique qui intriguera la Cour et propulsera Madame Guyon au cœur d’une violente querelle. Définie par Louis Cognet une « célèbre inconnue », Madame Guyon a fait l’objet de nombreuses études au cours du XXe siècle. Cependant l’historiographie s’est concentrée notamment sur la question du quiétisme et sur le thème du « pur amour », sans aborder de manière systématique les implications sociales et politiques de sa pensée religieuse. Le projet se propose donc de combler une lacune de taille dans le domaine des études sur le mysticisme et l’histoire des idées religieuses de l’époque moderne. Les conditions pour y parvenir sont au nombre de deux, l’une d’ordre méthodologique, l’autre de nature conceptuelle. La première consiste à analyser le corpus guyonien en croisant les écrits théoriques avec les sources biographiques et à situer et réinscrire sa doctrine dans le contexte spirituel, politique et culturel de l’Ancien Régime, afin de saisir la dialectique entre vie contemplative et vie active caractérisant cette figure parfois déroutante du Grand Siècle. La seconde demande l’élaboration d’une grille de lecture interprétative qui interroge l’œuvre de Madame Guyon à partir de deux dimensions complémentaires qui recèlent des enjeux fondamentaux, et qu’on ne distingue ici que pour des raisons de clarté :1. Un axe théologique-anthropologique qui conduit à mettre en tension les notions d’identité et de différence, d’action et de passivité parsemant les écrits de l’auteur. En assumant cette perspective analytique il devient ainsi possible d’étudier, au cœur même de la doctrine mystique de l’anéantissement, l’émergence d’une nouvelle identité sociale et l’affirmation d’une identité féminine transgressive de nombreux codes ou interdits imposés par l’époque.2. Un axe politique-éthique qui analyse le statut théorique et pratique de la Confrérie des Michelins à partir d’une clé de lecture originale, à savoir la notion de simplicité. Cette approche permet de faire ressortir le contraste entre la société du temps et la vision mystique de l’auteur, et d’esquisser l’ « éthique de la simplicité » sous-jacente à la pensée guyonienne. Du point de vue méthodologique, une attention particulière sera également prêtée au contexte historique et politique ainsi qu’aux réactions, amies et ennemies, des contemporains vis-à-vis d’une femme mystique (mais laïque) impliquée dans la vie sociale et spirituelle de son temps.Ce projet, qui s’inscrit dans le récent renouveau des études sur la mystique, vise la publication d’une monographie ; les deux premières années seront consacrées au repérage bibliographique, à l’analyse du corpus et à l’élaboration du plan, la troisième à la rédaction. Par ailleurs, la deuxième année du projet coïncidant avec le troisième centenaire de la mort de Madame Guyon, un colloque international sera organisé à Genève. Le requérant a des compétences avérées tant dans la recherche sur l’histoire de la mystique et les questions théologiques et philosophiques qu’elle soulève, que dans la connaissance de la pensée de l’âge classique comme l’atteste la liste de ses publications. Il sollicite l’engagement de Madame Mariel Mazzocco, docteur en sciences religieuses de l’EPHE de Paris depuis 2007, au titre de collaboratrice scientifique pour une durée de trois ans. Mariel Mazzocco, qui a déjà beaucoup publié sur la mystique du XVIIe siècle et dont les compétences dans ce domaine sont avérées et reconnues, sera l’auteure de la monographie annoncée ; le requérant et la collaboratrice scientifique éditeront, dans une revue en ligne, les actes du colloque susmentionné.
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