Projekt

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De la régulation au « développement ». Modernisation, accès au savoir et politiques éducatives dans l’âge global (1929-1961)

Titel Englisch From Regulation to "Development". Modernization and Educational Policies in the Global Age (1929-1961)
Gesuchsteller/in Matasci Damiano
Nummer 161530
Förderungsinstrument Ambizione
Forschungseinrichtung Institut d'histoire économique et sociale Université de Lausanne
Hochschule Université de Lausanne - LA
Hauptdisziplin Allgemeine Geschichte (ohne Ur- und Frühgeschichte)
Beginn/Ende 01.09.2016 - 31.08.2019
Bewilligter Betrag 384'149.00
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Keywords (10)

Education, Decolonization, Illiteracy, French Empire, International Organisations, Development, Technical Assistance, UNESCO, Third World, Global History

Lay Summary (Französisch)

Lead
Destinée à produire une monographie de référence, cette recherche a pour objectif d'étudier pourquoi et comment – entre 1929 et 1961 – l'éducation devient un enjeu majeur des politiques internationales d'aide au développement visant la modernisation des pays dits du "Tiers-Monde".
Lay summary

Ce projet de recherche propose une histoire de l’aide au développement par l’éducation, de son émergence pendant l’entre-deux-guerres jusqu’au début des années 60. En s’intéressant à l’action des organisations internationales, il analyse plus précisément comment des dispositifs éducatifs pensés pour l’Europe en crise des années 30, destinés notamment à réguler l’accès au marché du travail et à favoriser le redressement économique des pays occidentaux, sont redéployés après la Seconde Guerre mondiale dans les pays dits du « Tiers-Monde » et intégrés dans les politiques internationales de développement.

Fondée en 1945, l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) joue un rôle pivot dans cette évolution. C'est pour cela qu'elle sera prise comme un point d’observation pour 1) examiner les cadres normatifs, les modèles pédagogiques et les nombreux programmes internationaux mis en place pour lutter contre l’analphabétisme et promouvoir l’accès à une éducation dite de base, 2) saisir les continuités et les ruptures avec les premiers projets élaborés dès l’entre-deux-guerres et 3) étudier les interactions avec d’autres organismes internationaux, les Ong et les empires coloniaux (la France sera prise comme étude de cas).

Reposant sur l’exploitation de fonds d’archives encore inédits, le projet éclairera la place de l’éducation dans les politiques internationales de développement à une période charnière du processus de décolonisation et de la Guerre froide. Il permettra aussi d’appréhender d’une manière novatrice l’histoire des organisations internationales, et plus en particulier celle de l’Unesco, notamment dans ses interactions avec les politiques coloniales et postcoloniales. Enfin, il apportera une contribution originale à l’histoire dite « globale », en analysant le rôle joué par l’éducation dans les échanges, transferts et connexions qui structurent le processus de globalisation au XXe siècle.

Direktlink auf Lay Summary Letzte Aktualisierung: 31.08.2016

Verantw. Gesuchsteller/in und weitere Gesuchstellende

Mitarbeitende

Verbundene Projekte

Nummer Titel Start Förderungsinstrument
142244 Education et internationalisation. Acteurs, espaces et logiques de la collaboration éducative internationale pendant l’entre-deux-guerres 01.12.2012 Stipendien für angehende Forschende

Abstract

Ce projet de recherche a pour objectif de comprendre comment se forge, entre 1929 et 1961, le lien entre l’éducation et la modernisation économique, sociale et politique des pays extra-européens. En s’intéressant à l’action des organisations internationales, il examine les cadres normatifs, les modèles pédagogiques et la « matérialité » des projets qui font du terrain éducatif un enjeu majeur des politiques d’aide au développement au XXe siècle. Le projet analyse plus précisément comment des dispositifs éducatifs pensés dans l’Europe en crise des années 1930, destinés notamment à réguler l’accès au marché du travail, sont redéployés après la Seconde Guerre mondiale dans les pays dits du « Tiers-Monde » et intégrés dès 1949 dans les politiques internationales de développement. Par son rôle pivot, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) sera prise comme un point d’observation pour examiner les doctrines et les programmes d’aide au développement par l’éducation mis en place dans les années 1950, saisir les continuités et les ruptures avec les premiers projets élaborés dans l’entre-deux-guerres et étudier les interactions avec d’autres organismes internationaux, les organisations non gouvernementales et les empires coloniaux. L’approche choisie est de considérer l’Unesco comme un espace social et culturel propice à la circulation d’informations, d’individus et de savoir-faire, en se focalisant sur les acteurs individuels et collectifs qui conçoivent et « fabriquent » les politiques internationales. Ceci permettra non seulement de restituer la complexité d’un discours sur l’éducation qui évolue considérablement entre les années 1930 et le moment des indépendances du début des années 1960, mais aussi d’interroger sous un nouvel angle une période charnière du processus de décolonisation et de la Guerre froide. Pour ce faire, la recherche s’appuie sur le croisement ciblé d’une documentation inédite provenant d’archives internationales (Unesco, Bureau international d’éducation, Bureau international du Travail, Onu, Banque mondiale), nationales (Archives nationales françaises) et non gouvernementales (acteurs philanthropiques et missionnaires). Le programme de travail se structurera en trois parties. 1) Dans un premier temps, le projet étudie la genèse et les principales étapes de la « campagne éducative globale » lancée par l’Unesco en 1951. Il discute l’héritage de l’entre-deux-guerres, reconstitue le cadre normatif élaboré à l’échelle internationale et établit un recensement raisonné des activités d’aide au développement par l’éducation jusqu’en 1961. 2) Le projet analyse ensuite un aspect spécifique de cet effort éducatif – l’enseignement technique – et examine à travers des études de cas comment se forge et se matérialise le lien entre éducation et croissance économique. 3) La troisième et dernière partie s’intéresse aux complémentarités et aux rivalités de l’Unesco avec les politiques d’« assistance éducative » des empires coloniaux. L’action de la France sur ses territoires africains sera prise comme exemple pour montrer d’une part les conflits et les coopérations avec les organisations internationales et d’autre part l’apport du « laboratoire colonial » dans l’élaboration d’une doctrine éducative globale. Destinée à produire une monographie de référence, cette recherche vise in fine à : a) éclairer la place de l’éducation dans les politiques internationales de développement au XXe siècle, encore négligée par l’historiographie b) appréhender d’une manière novatrice l’histoire des organisations internationales, et de l’Unesco en particulier, notamment dans ses interactions avec les politiques coloniales et postcoloniales c) apporter une contribution originale à l’histoire dite « globale », en analysant le rôle joué par l’aide au développement par l’éducation dans les échanges, transferts et connexions qui structurent le processus de globalisation au XXe siècle.