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Poésie et parodie dans la littérature française de la seconde moitié du XIXe siècle : les cas de Banville et Corbière

Applicant Sangsue Daniel
Number 126447
Funding scheme Project funding (Div. I-III)
Research institution Faculté des lettres et sciences humaines Université de Neuchâtel
Institution of higher education University of Neuchatel - NE
Main discipline Romance languages and literature
Start/End 01.10.2009 - 30.09.2012
Approved amount 320'150.00
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Keywords (6)

parodie; poésie; Parody; poetry; french literature; nineteenth century

Lay Summary (French)

Lead
Lay summary
La problématique dans laquelle s’inscrit le présent projet se situe à la croisée de la poétique et de l’histoire littéraires. Il s’agit de définir et d’analyser le statut de la parodie dans la poésie française de la seconde moitié du XIXe siècle à travers les cas de Théodore de Banville (1823-1891) et Tristan Corbière (1845-1875). Ces deux écrivains sont en effet les auteurs d’une œuvre poétique dans laquelle la parodie occupe une place importante : tandis que Banville a composé, outre de nombreux pastiches et des parodies théâtrales, deux recueils de poèmes parodiques, les Odes funambulesques et les Occidentales, Corbière n’a publié qu’un seul ouvrage poétique, Les Amours jaunes, mais dans lequel de très nombreux poèmes s’avèrent des parodies. Si d’autres poètes qui leur sont contemporains comme Rimbaud, Verlaine ou Laforgue, et qui ont aussi abondamment pratiqué la parodie, ont fait l’objet de bon nombre d’études, Théodore de Banville et Tristan Corbière n’ont, de ce point de vue particulier, pas encore reçu l’attention qu’ils méritent et les deux présentes recherches aimeraient pallier cette lacune.
Sachant que la parodie est un texte (texte parodique) qui transforme un autre texte (texte parodié) dans un but comique, ludique ou satirique, les deux recherches s’attacheront d’abord à identifier les parodies et les textes transformés chez les deux poètes. Si Hugo, écrivain le plus parodié du XIXe siècle, est leur cible majeure -- ce qu’annonce explicitement le titre Occidentales choisi par Banville --, Banville et Corbière s’en prennent aussi à de nombreux autres auteurs qui n’ont pas toujours été reconnus et identifiés. Après ce travail d’identification, l’enquête portera sur le type de transformations opérées sur les textes cibles (inversions, déplacements, négations, amplifications, discordances, anachronismes, calembours, jeux avec la rime, etc.), de façon à constituer une poétique du poème parodique qui pourra être mise en relation avec celle d’autres parodistes de l’époque. Enfin, on analysera les effets visés par les deux poètes à travers leurs parodies : si Théodore de Banville met clairement la parodie au service de la satire du champ culturel de son époque (raillerie des institutions littéraires, de la presse, du monde du spectacle…), Tristan Corbière a des intentions moins évidentes, parmi lesquelles une volonté de dérision et de dévaluation à l’égard des textes parodiés.
Direct link to Lay Summary Last update: 21.02.2013

Responsible applicant and co-applicants

Employees

Publications

Publication
Fantômes, esprits et autres morts-vivants. Essai de pneumatologie littéraire
Sangsue Daniel (2011), Fantômes, esprits et autres morts-vivants. Essai de pneumatologie littéraire, José Corti, Paris.
Pastiches et parodies chez Théodore de Banville
Hernikat Laura (2011), Pastiches et parodies chez Théodore de Banville, in Colloquium helveticum, (41), 124-144.
Rimbaud et Corbière se sont-ils lus ?
Ischi Stéphane (2011), Rimbaud et Corbière se sont-ils lus ?, in Romantisme, (151), 101-112.
La parodie entre respect et contestation de l'auctoritas : le cas de Théodore de Banville
Hernikat Laura (2010), La parodie entre respect et contestation de l'auctoritas : le cas de Théodore de Banville, in Dix-neuf, Journal of the Society of Dix-Neuviémistes, 14(2), 154-166.
Pasticheries
Sangsue Daniel (2010), Pasticheries, in Romantisme, 2(148), 77-99.
Pour un Rimbaud parodiste
Sangsue Daniel (2009), Pour un Rimbaud parodiste, in Europe, (966), 30-41.

Associated projects

Number Title Start Funding scheme
143289 Poésie et parodie dans la littérature française de la seconde moitié du XIXe siècle : Banville, Corbière, Cros, Glatigny 01.10.2012 Project funding (Div. I-III)
143289 Poésie et parodie dans la littérature française de la seconde moitié du XIXe siècle : Banville, Corbière, Cros, Glatigny 01.10.2012 Project funding (Div. I-III)

Abstract

Poésie et parodie dans la littérature française de la seconde moitié du XIXe siècle : les cas de Banville et Corbière1. Résumé du plan de rechercheLa problématique dans laquelle s’inscrit le présent projet se situe à la croisée de la poétique et de l’histoire littéraires. Il s’agit de définir et d’analyser le statut de la parodie dans la poésie française de la seconde moitié du XIXe siècle à travers les cas de Théodore de Banville (1823-1891) et Tristan Corbière (1845-1875). Ces deux écrivains sont en effet les auteurs d’une œuvre poétique dans laquelle la parodie occupe une place importante : tandis que Banville a composé, outre de nombreux pastiches et des parodies théâtrales, deux recueils de poèmes parodiques, les Odes funambulesques et les Occidentales, Corbière n’a publié qu’un seul ouvrage poétique, Les Amours jaunes, mais dans lequel de très nombreux poèmes s’avèrent des parodies. Si d’autres poètes qui leur sont contemporains comme Rimbaud, Verlaine ou Laforgue, et qui ont aussi abondamment pratiqué la parodie, ont fait l’objet de bon nombre d’études, Théodore de Banville et Tristan Corbière n’ont, de ce point de vue particulier, pas encore reçu l’attention qu’ils méritent et les deux présentes recherches aimeraient pallier cette lacune. Sachant que la parodie est un texte (texte parodique) qui transforme un autre texte (texte parodié) dans un but comique, ludique ou satirique, les deux recherches s’attacheront d’abord à identifier les parodies et les textes transformés chez les deux poètes. Si Hugo, écrivain le plus parodié du XIXe siècle, est leur cible majeure -- ce qu’annonce explicitement le titre Occidentales choisi par Banville --, Banville et Corbière s’en prennent aussi à de nombreux autres auteurs qui n’ont pas toujours été reconnus et identifiés. Après ce travail d’identification, l’enquête portera sur le type de transformations opérées sur les textes cibles (inversions, déplacements, négations, amplifications, discordances, anachronismes, calembours, jeux avec la rime, etc.), de façon à constituer une poétique du poème parodique qui pourra être mise en relation avec celle d’autres parodistes de l’époque. Enfin, on analysera les effets visés par les deux poètes à travers leurs parodies : si Théodore de Banville met clairement la parodie au service de la satire du champ culturel de son époque (raillerie des institutions littéraires, de la presse, du monde du spectacle…), Tristan Corbière a des intentions moins évidentes, parmi lesquelles une volonté de dérision et de dévaluation à l’égard des textes parodiés.A travers les cas de Banville et Corbière, notre projet vise un quadruple but : 1. approfondir l’articulation poésie-parodie, trop négligée dans la mesure où la poésie est considérée comme un discours sérieux et essentiellement « monologique » (Bakhtine). De ce point de vue, les conceptions des deux parodistes sont intéressantes car elles s’opposent : tandis que Banville veut inventer une « nouvelle langue comique versifiée », qui tienne à la fois de la caricature et de la poésie, Corbière voit dans la parodie une entreprise de destruction, d’antipoésie, de « déchant »2. repenser le rapport de la poésie parodique de cette époque au romantisme et à Hugo, hypotextes privilégiés. Là aussi, Banville et Corbière se complètent dans la mesure où le premier est plutôt dans une posture d’hommage et de reconnaissance, tandis que le second attaque violemment Hugo et les topoï romantiques3. analyser les rôles respectifs des mouvements littéraires « officiels » (le Parnasse, le Symbolisme) et des groupes qui se veulent en marge des institutions (bohèmes, « Vilains Bonshommes », « Hydropathes », « Zutistes », etc.) dans la constitution d’une littérature parodique. Sur ce point également, la confrontation des deux poètes est intéressante : Banville est impliqué dans les mouvements officiels (Romantisme, Parnasse), alors que Corbière, tout en restant un franc-tireur, est plutôt du côté de la bohème et a entretenu avec des poètes comme Rimbaud et Verlaine des rapports qui restent à éclaircir4. situer la poésie parodique par rapport aux autres genres de la parodie qui se développent dans la seconde moitié du XIXe siècle : parodies dramatiques, récits parodiques (Moralités légendaires de Laforgue par exemple), productions des revues satiriques et des cabarets tels que Le Chat Noir, caricature…, ce qui amènera à des questions comme celles de l’originalité (peut-on être original en étant parodiste ?), du statut des parodistes dans le champ littéraire (Banville publie ses parodies d’abord sous l’anonymat…) ou de la situation de la parodie dans l’échelle des valeurs littéraires.
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